Dictionnaire anecdotique,
artistique et historique
du Gâtinais

BOURRON-MARLOTTE & ALENTOURS

Château de Fontainebleau

 

A

Auguste ALLONGÉ (1833-1898). Élève de Léon Coignet et de Ducornet, cet artiste possède tous les talents. Il peint des aquarelles, compose des eaux fortes, dessine aux pastels. Virtuose du fusain, sur lequel il écrit des traités, Émile Gardon dit de lui : «Allongé c'est le dessin au fusain, et le dessin au fusain c'est Allongé». L'artiste se fixe définitivement à Marlotte en 1875 année où il acquiert la villa Les Roches, (aujourd'hui N°58, rue Murger), qu'il habite jusqu'en 1891 avant de la revendre à son confrère Émile Michel*. Il s'installe alors aux Clématites, 37, rue Allongé, puis se fait construire au N° 21 de la même rue, par l'architecte Jeannot, la villa Les Sorbiers, où il vécut jusqu'à sa mort, soigné par le Dr Paul Rœsch*, grand père de Marie-Claude Rœsch-Lalance, l'historiographe de notre village. Auguste Allongé repose au cimetière de Bourron. La villa Les Sorbiers fut acquise par le violoniste belge Isidore Mendels* qui y vécut jusqu'en 1920 auprès de la comtesse de Lubersac*. Cf. «Auguste Allongé»

Auguste Allongé : Au bord du Loing

Rue Auguste ALLONGÉ. Elle porte ce nom en hommage au grand artiste qui vécut dans notre village et repose dans notre cimetière. Il demeura au N°37, Villa Les Clématites (qui appartint par la suite à l'écrivain Léo Rouanet*) puis jusqu'à sa mort au N°21, «Villa Les Sorbiers maison où résidèrent après lui les violonistes Isidore et Émile Mendels*. Parmi les autres personnalités qui habitèrent dans cette rue, nous pouvons citer Paul Doumer* et son épouse qui louèrent entre 1905 et 1910 Le Vert Logis, au N°18. La «Chère Maison», au N°35, accueillit le poète François Coppée*. Cf. «Rue Allongé»

Rue Auguste Allongé

Louis ANQUETIN (1861-1932). Peintre né à Etrepagny (Eure) en 1861, mort à Paris en 1932. Élève de Bonnat puis de Cormon, il fait la connaissance de Monet. Admirant les impressionnistes, Louis Anquetin chercha désespérément sans jamais la trouver, une voie originale, une manière personnelle qui lui permît de se hisser au niveau des plus grands. A Marlotte Louis Anquetin habita la Maison de la Chapelle, au N°20 de l'actuelle rue Murger.
Cf. «Louis Anquetin»

AUBERGE ANTONI Vers 1850, délaissant Barbizon ou le Pavé du Roy devenu trop cher, trop bruyant et trop mal fréquenté à leur goût, les artistes sans le sou s'installent dans les deux modestes gargotes de Marlotte, que l'on ne saurait encore qualifier d'auberges. Chez le menuisier Saccault, puis chez le père Antoni (Antony ou Anthony), un tisserand, dont l'épouse, la mère Antoni, fait marcher le commerce tandis que le patron, toujours assoiffé, s'occupe de la cave.
Cf. «Auberge Antoni»

B

BAGNEAUX-SUR-LOING 1645 habitants en 2008. Balnéolitains et Balnéolitaines, selon Mme Wikipédia. Ce village a vu naître deux personnalités remarquables. Le musicien Joseph Samson (1888-1957). Maître de Chapelle et compositeur de musique sacrée. Le bottier Maurice Arnoult (1908-2010), figure inoubliable de l'artisanat parisien.
Cf. «Bagneaux-sur-Loing»

Philippe BERTHELOT (1866-1933). Ce brillant diplomate, fils du célèbre chimiste et homme politique Marcelin Berthelot, fut un hôte assidu du logis de Haute-Claire à Marlotte. C'est chez Armand Point qu'il connut sa ravissante épouse Hélène qui avait été le modèle préféré du peintre. Conseiller d'Aristide Briand, éminence grise du Quai d'Orsay, il joua un rôle diplomatique important dans l'élaboration des traités de Paix. Cf. «Logis de Haute-Claire»

Émile Jean-Baptiste BIN (1825-1897). Peintre, élève de Coignet, Second Grand Prix de Rome. Portraitiste et peintre d'histoire tout à fait classique, Bin fit partie de la Société des Éclectiques, fondée en 1872 par des peintres gourmands et des poètes farfelus, avant de devenir, plus sérieusement, en 1881, l'un des fondateurs de la Société des Artistes Français. Il loua une maison discrète à Bourron, au N°29 de l'actuelle rue Marceau, où il disposait d'une cave si petite que ses amis peintres le moquaient souvent sur le peu de ressources qu'elle offrait à leur soif, surnommant sa demeure «La Cave à Bin», nom qui lui est resté. Cf. «La Cave à Bin»

Paul Marie BOLO (1867-1918). Cet aventurier aux yeux de velours et à gants blancs plaisait autant aux femmes qu'aux politiciens. Après avoir connu une réussite insolente, il finit très mal. À la Belle Époque, invité par le peintre Sorolla qui fit son portrait, il séjourna à Marlotte dont il enleva la plus belle fille. Cf. «Paul Bolo»

Émile Jean-Baptiste Bin

BOURRON-MARLOTTE Village prospère de près de 3000 habitants (2008) réputé pour son climat, sa qualité de vie, sa situation idéale entre le sud de la forêt de Fontainebleau et le Loing, jolie rivière nonchalente et poissonneuse, musardant sous les saules avant d'aller se jeter dans la Seine. Des peintres célèbres, écrivains poètes et musiciens ont fait sa légende et sa renommée.
Cf. «Bourron-Marlotte: la Perle du Gâtinais»

Bourron-Marlotte : rue Murger

Jules BRETON (1827-1906) «Peintre paysan» comme il se qualifiera lui-même, il témoigne par son art de la beauté d'un monde rural parvenu à son apogée, mais voué à disparaître sous l'effet d'une industrialisation croissante et d'un progrès illusoire. «Jules Breton»

Dr Paul BROCA (1824-1880) Ce célèbre médecin et anthropologiste vint à Bourron vers 1871, à l'appel de Ferdinand Levé son collègue de l'Institut qui résidait dans le village, afin de participer à des fouilles dans le jardin des Sœurs des Écoles Chrétiennes. Cf. «Dr Paul Broca»

Stamati BULGARI (1782-1856) Peintre, élève de David, il accompagna Bonaparte en Égypte. Il écouvre Chailly-en-Bière et Barbizon vers 1821 et devient l'ami de Corot* vers la même époque. Dans ses Souvenirs et ses Réflexions sur l'Art on distingue clairement la rupture entre la philosophie qui régissait l'art ancien de celle qui allait présider à l'art nouveau en gestation.

Corot : Stamati Bulgari peignant "sur le motif"

Nino BUZZETTO (1877-1940) Agostino Buzzetto (alias Nino Busetto) nous est connu davantage par le souvenir d'un être original et attachant qu'il laissa aux artistes de son temps et par les confidences de ses amis que pour son œuvre oubliée. Il n'a guère laissé de traces dans l'histoire de l'art, sa production artistique s'apparentant à ce que l'on appelle aujourd'hui «Art brut» ou plus communément «L'Art sauvage.
Cf. «Les Fauvettes»

C

Ernest CABANER (1833-1881) Jean de Cabanes dit Ernest Cabaner, barman, pianiste, compositeur, est un talentueux poète bohème. Il mit en musique des poèmes de Rimbaud et de Charles Cros, dont le fameux Hareng saur. Il a écrit quelques jolis textes, dont Le Pâté, qu'il mit en chanson. Personnage excentrique et attachant, familier du salon de Nina de Villard, il fréquentait les impressionnistes au Café Guerbois et chez La mère Antony à Marlotte. Il participa activement au Cercle des Zutistes, pour lesquels il dénicha un local à L'Hôtel des Étrangers, où il travaillait comme "barman" couchant dans une chambre sous les toits. Il y hébergea Rimbaud à qui il apprenait le piano, le goût de l'absinthe et qui s'endormait souvent ivre sur une banquette de l'établissement. Ce fut Cabaner qui inspira à Rimbaud son étrange et magnifique poème des «Voyelles». Immortalisé par Cézanne et Manet, Verlaine le voyait tel «Jésus-Christ après trois ans d'absinthe». Cf. «Ernest Cabaner»

Ernest Cabaner par Manet

Claude Théodore CARUELLE D'ALIGNY (1833-1881) Pionnier parmi les jeunes peintres paysagistes qui sortirent de leur atelier pour aller peindre la nature sur le motif, Caruelle d'Aligny sera l'un des premiers à planter son chevalet dans la forêt de Fontainebleau, à Barbizon puis à Marlotte…
Cf. «Caruelle d'Aligny»

Antoine Laurent CASTELLAN (1772-1838) Peintre, architecte, graveur et écrivain, Antoine Laurent Castellan fut initié à la peinture de paysage par Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) dans l'atelier duquel il côtoya Corot, Caruelle d'Aligny et Michallon qui plus tard l'emmenèrent dans la forêt de Fontainebleau. Il complèta sa formation en visitant la Suisse, l'Italie, la Grèce, la Turquie, rapportant de ses voyages des récits alertes et colorés sous forme de Lettres, publiés avec des esquisses et des dessins gravés par ses soins. Ses poétiques Études pittoresques et historiques de Fontainebleau, agrémentées de contes et de légendes, magnifiquement illustrées, firent l'objet d'une publication posthume et furent d'emblée abondamment pillées par des auteurs peu scrupuleux.

Antoine Castellan à sa table de travail

La famille CÉZANNE : Paul Cézanne (1839-1906) l'une des grandes figures de l'art moderne est issu d'une famille de bonne bourgeoisie provinciale. En 1869, il se lie avec Hortense Fiquet (1850-1922), un modèle de l'Académie suisse. En 1872, il lui fait un fils, Paul, sans parler de tout ça à son père, jusqu'à leur mariage en 1886, où la famille réunie assistera à sa régularisation. Paul junior lui, grandira auprès de sa mère qui, séparée de l'artiste l'élèvera seule. Si le peintre, menant une vie simple va connaître la terre promise, atteignant le sommet de son art, le fils vivra sur le capital, en fils prodigue, exploitant généreusement le filon.
Cf. «Paul Cézanne père & fils»

Paul Cézanne père et fils

Armand CHARNAY (1844-1916) Il demeurait à Marlotte au N°37, de la rue qui porte aujourd'hui son nom. Ce «délicieux petit maître de l'École française du XIXe siècle», comme le qualifia un critique d'art, était amoureux de la nature.Il ne se lassait pas de dessiner les arbres, les sous-bois, les bords de rivière, les jolies femmes et le animaux en liberté. C'est Armand Charnay qui un jour a planté quelques iris jaunes autour de la Mare-aux-Fées, trouvant que cela manquait de couleurs. Ils y sont restés et ont proliféré. Écologiste avant la lettre, le peintre laissait son jardin retourner à l'état sauvage, empêchant que l'on arrache une mauvaise herbe, élague un arbre, taille un taillis, éclaircisse le lierre ou la vigne vierge qui envahissent les murs de sa belle demeure. Il vitupère le progrès stupide et s'insurge contre l'installation de l'électricité dans les rues autour de chez lui.
Cf. «Armand Charnay»

Armand Charnay : Promenade

Victor CHOQUET (1821-1891) Modeste fonctionnaire des douanes, il se privait de tout pour se livrer à sa passion pour l'art. Collectionneur de Watteau, admirable peintre alors tombé dans l'oubli dont il acquit plusieurs toiles majeures, il acheta également des meubles de Boulle, méprisé par les nouveaux riches de la bourgeoisie, des peintures de Renoir et de Cézanne encore peu connus. Un héritage providentiel le sauva de la mistoufle, lui permettant de s'installer au N° 198 de la rue de Rivoli entouré de ses innombrables chefs d'œuvres.
Cf. «Victor Choquet»

Portraits de Victor Choquet par Cézanne et Renoir

Eugène CICÉRI (1813-1890) Cet excellent peintre et lithographe fils du peintre et musicien Pierre-Luc-Charles Cicéri (1782-1868), fut l'un des premiers artistes à résider durablement à Marlotte. C'est Caruelle d'Aligny qui lui fait connaître notre village vers 1848. Cicéri habita d'abord à La Feuilleraie au N°57 de l'actuelle rue Murger, avant de se fixer à la Villa Marie-Louise, au N°77. Une jolie rue de Marlotte située entre la rue Gambetta et la rue Henry Murger porte aujourd'hui son nom.
Cf. « Eugène Cicéri»

Eugène Ciceri : par Nadar

D

Dr Henri DALMON (1880-1953) Médecin et Naturaliste, il exerça la médecine de 1906 à 1925 à Bourron, puis jusqu'en 1930, à Montigny avant de s'installer à La Rochelle, berceau de sa famille où il mourut. Amoureux de la Forêt de Fontainebleau, qu'il aima en artiste et en poète, il la parcourut et l'étudia en naturaliste compétent. Il l'observa et la décrivit à travers une œuvre scientifique qui fait autorité. Il lutta inlassablement pour la protection de sa faune et de sa flore contre un tourisme prédateur et une exploitation mal conduite. Cf. «Henri Dalmon»

Honoré DAUMIER (1808-1879) Peintre de mœurs, caricaturiste de génie, lithographe et sculpteur, Daumier est né à Marseille d'un père vitrier et poète. Il débuta dans la vie active par un apprentissage chez un huissier ! Il ne s'y incrusta guère, mais il garda quelques souvenirs amusants de son passage dans cette officine. Il fut un observateur impitoyable de la bourgeoisie et des grands de ce monde dont il se moquait avec une joyeuse férocité. Haï par les victimes de ses traits acérés, elles applaudirent des deux mains lorsqu'il fut condamné à six mois de prison. Ce fut grâce à Corot, dont il fut l'ami, qu'il connut notre village. Il y loua une maison baptisée par ses amis la «Villa Ratapoil», au N°9 de l'actuelle rue Hoche, avant d'aller finir ses jours avec sa femme, à Vermandois.
Cf. « Honoré Daumier»

Honorè Daumier par Nadar

Charles Édouard DELORT (1841-1895) Peintre académique, élève et ami de Gérôme, Delort a fait partie de la seconde vague d'artistes qui s'installa à Marlotte après 1870. Il acquit La Nicotière après avoir fréquenté l'Auberge Antony, puis habité tour à tour une annexe de l'hôtel Mallet et la Maison Doyen. Sa peinture fut très recherchée par la grande bourgeoisie anglaise.
Cf. «Demeures d'artistes : La Nicotière»

Charles Delort devant La Nicotière (en noir, à droite de son frère Théophile)

Loïs DELTEIL (1869-1927) Graveur, éditeur et historien d'art. Ami d'Auguste Renoir dont il publie un ouvrage de ses eaux fortes et de ses lithographies. Il fréquente Marlotte et ses peintres dont de nombreuses œuvres figurent dans sa publication majeure: Le peintre-graveur illustré. On lui doit l'anecdote des pèlerins égarés dans une auberge, que je rapporte dans Si Marlotte m'était conté...
Cf. «Les Auberges de Marlotte»

Loÿs Delteil : Autoportrait (1898)

Narcisse DIAZ DE LA PEÑA (1807-1876) Peintre installé à Barbizon. Malgré sa jambe de bois, il arpente le massif forestier de Fontainebleau dans tous les sens pour peindre sur le motif et se rend de Barbizon à Marlotte pour rendre visite à ses collègues. C'est ainsi qu'il débarrasse un jour Auguste Renoir d'une bande de jeunes bourgeois venus l'agresser. Cf. «Les Renoir : une admirable famille d'artistes»

Mare aux fées de Diaz
Diaz : Mare aux fées

Paul DOUMER (1857-1932) Homme d'État radical et franc-maçon originaire du Cantal, issu d'une modeste famille de paysans, il travaille à 12 ans comme coursier. Intelligent, ambitieux, il étudie au Conservatoire National des Arts et Métiers dont il sort licencié en droit. Il se sent irrésistiblement attiré par la politique... Élu Président de la République en 1931, Paul Doumer sera assassiné l'année suivante par Paul Gorgulov. Paul Doumer et son épouse séjournaient volontiers à l'Hôtel Mallet avant de louer, entre 1905 et 1910 Le Vert Logis, au N°18 de la rue Auguste Allongé.
Cf. «Le Vert-Logis»

Doumer
Paul Doumer

Édouard DUJARDIN (1861-1940) Figure attachante, homme du monde et homme de lettres, il est à la fois poète, romancier et auteur dramatique. C'est un dandy fortuné et touche à tout, couvert de femmes, de relations, vivant sans compter, à larges brides, au risque de se ruiner; ce qui faillit bien lui arriver !
Cf. «Edouard Dujardin»

Dr Charles DURAND (1836-1908) Médecin et archéologue. Comme la plupart des médecins de campagne de son temps, il fait tout, arrache les dents, remet les os et les "nerfs" en place, incise les abcès, prépare lui-même des remèdes, pratique les analyses d'urine. Il est en outre atteint du virus qui frappe, en cette seconde moitié du 19e siècle, les élites cultivées et les esprits curieux : l'Archéologie.
Cf. «Dr Charles Durand»

 

E

Frédéric Charles Vipont EDE (1865-1943) Peintre canadien, Montignon d'adoption, il prend pension au Café Coffin avant de s'installer dans ses meubles à Sorques. Ses sages paysages du Gâtinais et ses délicieuses aquarelles des rives du Lunain sont aujourd'hui recherchées. Pionnier de l'étude des roches gravées de la forêt de Fontainebleau il fonde avec ses amis "L'Association des Naturalistes de la Vallée du Loing".
Cf. « Frédéric-Charles-Vipont EDE »

François-Émile EHRMANN (1833-1910) Ce peintre et décorateur d'origine alsacienne comme son voisin et ami Henri Zuber vécut et travailla, dans les années 1880, au N°22 de l'actuelle rue Marceau à Bourron. Il laisse une œuvre considérable et très diverse, allant de la tapisserie, à la peinture de chevalet, en passant par le dessin, la décoration murale, le vitrail, la céramique.
Cf. «François-Émile EHRMANN»

Henry ESPINOUZE (1915-1982) Artiste-Peintre. Troisième compagnon de Youki Desnos-Foujita. Ami de Salvador Dali et de Charles Trénet, Espinouze appartint à ses débuts à la mouvance surréaliste avant de s'émanciper et de trouver un style inimitable et très personnel. Avec Youki, il fut un familier de Barbizon où résidaient leurs amis Galtier-Boissière et André Billy puis de Bourron où ils fréquentaient la joyeuse tribu qui se réunissait aux Catoussi.
Cf. «Le petit monde de Youki»

Henry Espinouze : autoportrait

Impératrice EUGÉNIE (1826-1920) Le petite histoire dit que l'épouse de Napoléon III vint à plusieurs reprises à Marlotte au moment de la chasse, quand elle séjournait au château de Fontainebleau avec l'empereur. A qui Eugénie venait-elle ainsi rendre visite au «Château Joyeux», aujourd'hui 27, rue Delort ? Cette maison discrète était jadis la propriété du peintre Charles-Claude Antiq, collectionneur de faïences qui y demeurait avec sa compagne l'artiste Judith Klotz. On y aurait vu Eugénie en compagnie du Dr Evans, du Prince Bibesco...

L'impératrice Eugénie par Winterhalter

Mme Rœsch-Lalance (7) nous suggère quelques pistes : «Cette maison, dont le mur du jardin jouxte la chapelle, porte bien son nom. Elle avait la réputation d'être très fermée. On y menait "la grande vie" surtout au temps de Bardinet. [...] Aimant les idylles, les intrigues, Eugénie avait organisé le mariage d'une de ses jeunes amies, Valentine de Chimay avec le Prince Paul de Bauffremont, union qui fut désastreuse. A la mort du Prince, Eugénie ne désarma pas et présenta à Valentine, Georges Bibesco, qui l'épousa à son tour. Voici, sans doute, ce qui amenait l'Impératrice à Marlotte. Georges était le fils du Prince roumain Antoine Bibesco, très lié avec elle et également avec l'architecte Jules Lecœur qui habitait "La Tour".»
Château Joyeux

F

Antoine FAUCHERY (1823-1861) Artiste et aventurier dans l'âme, ce personnage attachant, coureur des bois et voyageur du bout du monde fut l'ami de Murger et de Nadar qu'il fréquenta tant à Paris qu'à Marlotte, hôte comme eux de l'Auberge Antony. Théodore de Banville nous conte avec panache ses picaresques aventures.
Cf. «Portraits anecdotiques»

Antoine Fauchery

Paul FORT (1872-1960) Proclamé Prince des Poètes en 1912, Paul Fort fut amené chez Armand Point au Logis de Haute-Claire par Moréas et Mallarmé. Amoureux de la nature, Paul Fort parcourait la forêt de Fontainebleau en solitaire, toujours vêtu de noir. Il séjourna à la villa «Reine des Bois», au N° 47 rue Pasteur, et au N°14, rue Burat, proche du Pavé du Roy, où cinquante ans auparavant résida Alfred de Musset, un autre grand poète, filant le grand amour avec George Sand. Cf. «Paul Fort et ses amis»

Paul Fort, peint par sa mère

Henri FROMENT (1919-1996) Cet instituteur, excellent pédagogue, est l'auteur de L'histoire de Bourron-Marlotte des origines à nos jours ouvrage publié par les ABM, auquel nous empruntons beaucoup.
Cf. «Histoire de Bourron-Marlotte»

Henri Froment

G

Jean GALTIER-BOISSIÈRE (1891-1966): Écrivain et polémiste de grand talent, fondateur du Crapouillot une revue qu'il voulut libre, indépendante, non infodée à un parti politique ou à une chapelle. Amoureux de la Forêt de Fontainebleau, il résidait volontiers à Barbizon où il recevait ses amis. Cf. « Jean Galtier-Boissière»

GÂTINAIS : Ancienne province française, jadis comté, délimitée par la Seine (au nord); l'Yonne (à l'est); la forêt d'Orléans (au sud); l'Essonne (à l'ouest), et conservait un idiome distinct du français. Cf. « Histoire du Gâtinais» Cf. «Le parler gâtinais»

Théophile GAUTIER (1811-1872) Ce délicat poète romantique, fougueux romancier du Capitaine Fracasse, chef de file de l'École parnassienne à qui Charles Baudelaire dédia Les Fleurs du Mal, fut un des joyeux compagnon de bohème de Murger. Il vint plusieurs fois à Marlotte dont il aimait la vie simple, parcourant sa forêt mystérieuse et enchantée. Il y croisa Théodore de Banville composant ses Odelettes et autres Odes Funambulesques, déclamant à voix haute quelques beaux vers des Émeaux et Camées qu'entendaient ravis de jeunes peintres barbus peignant sur le motif des toiles étranges dont ces poètes ne saisissaient pas encore la magie.

Théophile Gautier

GREZ-SUR-LOING Ravissant village de 1400 habitants (2008) Grez a connu un passé brillant hébergeant dans ses paysages romantiques des hôtes prestigieux. Louise de Savoie, mère de François Ier, de Marguerite de Navarre et régente du royaume y mourut dans son château aujourd'hui démantelé. Après les terribles ravages occasionnés par les guerres de Cent ans et la révolution française qui ruinèrent le village, le XIXe siècle vit Honoré de Balzac y filer le parfait amour auprès de Laure de Berny qui le recevait à la Bouleaunière. Les peintres de la nature, Jean-Baptiste Corot en tête peignirent avec ferveur ses sites admirables. Robert Louis Stevenson y conquit la belle Américaine Fanny van de Grift dont il fera son épouse. Quant à la colonie suédoise de Grez, installée à l'hôtel Chevillon ou chez Laurent, elle compta parmi ses membres Strindberg, Carl Larsson ou Richard Bergh qui appréciaient autant les bons vins, la bonne chère que la douceur des paysages et du climat.
Cf. «Grez-sur-Loing»

Corot : le pont de Grez-sur-Loing

Gigi GUADAGNUCCI (1915-2013) Un des plus grands sculpteurs de notre temps. Dans les années 50 et 60, il vint souvent admirer les formes étranges des rochers de la forêt de Fontainebleau, en compagnie de Benjamino Joppolo, d'Henry Moore, de Signori et de leurs amis. La découverte des concrétions de sable de la grande carrière de Bourron fut à l'origine d'un canular mémorable que je raconte dans mes souvenirs. Guadagnucci fut un familier des Catoussi.
Cf. «Gigi Guadagnucci»

Gigi Guadagnucci

H

Henri-Joseph HARPIGNIES (1819-1916) Ce magnifique peintre aujourd'hui un peu dédaigné (les Anglais diraient despised) en notre époque d'incultes et de sots où l'on préfère le toc à l'authentique, fut un habitué de Marlotte. Initié par Jean Achard, il bénéficia des conseils de Corot qui décela d'emblée son immense talent. Il l'emmena peindre sur le motif dans la forêt de Fontainebleau, lui présenta ses amis de l'Auberge Antoni, avant de l'entraîner vers l'Italie à la découverte des grands maîtres.

Henri Harpignies par Bonnat

Harpignies fréquentera Marlotte entre 1850 et 1865. Il fera partie de la bande à Murger et peindra sagement en compagnie de Nathaniel Hone et de Caruelle d'Aligny. Il flirte parfois, sans témérité excessive, avec les jeunes rapins de la bohême qui allaient révolutionner la peinture. Mais il ne se laissa jamais détourner de son classicisme par la nouvelle vague impressionniste en gestation. À Marlotte l'atelier d'Harpignies se situait au N°39 de l'actuelle rue Murger, dans une grange, où l'on retrouvera beaucoup plus tard, lors de la démolition avant reconstruction des immeubles vétustes qui constituaient l'ensemble, plus de cent tableaux des plus grands peintres de l'époque. Bien que certains d'entre eux fussent déjà rongés par les rats, ils ne furent pas perdus pour tout le monde ! Cf. «Henri Harpignies»

HAUTE-CLAIRE (Logis de) Durant quarante années, le logis de Haute-Claire (aujourd'hui 16, rue Delort à Bourron-Marlotte), fut un des hauts lieux de l'Art à la Belle Époque. La demeure hébergea autour d'Armand Point, un magnifique bouillon de culture, au carrefour des révolutions morales, sociales et esthétiques qui bouleversèrent le XXe siècle. Cette belle demeure s'est aussi appelée «Le Zodiaque» lorsqu'une célèbre astrologue et voyante s'y installa. Elle portait encore ce nom en 1944, à la Libération, le jour de l'installallation à Marlotte du Q.G. de la Deuxième Division blindée du Général Leclerc. Transformée durant quelques mois en maison de rendez-vous, avec boudoirs-salon et chambres à l'heure ou pour week-end, on l'appela «La Devinière». Aujourd'hui, elle a repris son nom d'origine.
Cf. «Le logis de Haute-Claire»

Hauteclaire
Le Logis de Haute-Claire

Félix HERBET (1847-1917) Diplômé de l'École des Chartes et docteur en Droit, Félix Herbet tomba un jour amoureux de notre région, de ses vieilles pierres et de ses paysages. Sa passion l'amena à collectionner des notes et des documents sur les artistes de Fontainebleau, notamment ses graveurs, le château, la ville et la forêt. Il publia de nombreux articles dans l'Abeille de Fontainebleau où il publia en 1903 son fameux Dictionnaire Historique et artistique.
Cf. «Herbet: Dictionnaire historique»

Catherine HESSLING (1900-1979) Elle fut l'un des derniers modèles d'Auguste Renoir, figurant dans plusieurs de ses toiles. Elle épousa son fils le céramiste Jean Renoir qui se fit cinéaste pour faire d'elle la vedette de ses premiers films muets dont plusieurs furent tournés dans notre région.
Cf. «La famille Renoir»

Blonde a la rose
Auguste Renoir : Blonde à la rose

Nathaniel HONE (1831-1917) Petit neveu du célèbre peintre Nathaniel Hone dit le-Vieux, il étudia la peinture à Dublin avant de venir à Paris vers 1853. Son ami Richard Hearn l'amena en 1855 à Barbizon où il découvre Corot. Il s'installe durant 5 années à Marlotte, où il peint l'église Saint-Sévère et fréquente l'atelier de Harpignies. Il est considéré, dans sa patrie, comme un peintre impressionniste.
Cf. «Délicieux petits maîtres oubliés»

Bord de Seine
Nathaniel Hone : Bord de Seine

I

Eugène ISABEY (1803-1886) Peintre, lithographe et aquarelliste, fils de Jean-Baptiste Isabey, surnommé "le peintre des rois", il fréquenta dans sa jeunesse les auberges Antoni et Mallet de l'actuelle rue Murger. Isabey dut renoncer à sa vocation de marin et ne devint artiste que par obéissance à son père. Il se spécialisa néanmoins dans la peinture de marine, les grands naufrages romantiques, les bords de mer agités par l'orage et le vent. Eugène Isabey est l'oncle d'Eugène Ciceri*, autre peintre du village qui donnera son nom à une rue de Marlotte.

Isabey
Eugène Isabey

J

Alfred JARRY (1873-1907). Élève de Bergson au Lycée Henri IV à Paris, Jarry l'ancien potache de M. Hébert, profeseur de physique au lycée de Rennes, devrait accéder à une brillante carrière universitaire. Mais son ange gardien veille au grain et lui réserve un tout autre avenir : celui de génial créateur d'Ubu, l'immortel personnage incarnant toute l'absurdité de notre monde ! Sans le sou, c'est à vélo qu'il se déplace depuis sa cabane de Corbeil, pour se rendre à Paris ou à Marlotte comme nous le conte Ambroise Vollard.
Cf. «Souvenirs d'Ambroise Vollard»

Alfred Jarry

Paul JOUVE (1878-1973) C'est aux "Logettes" au N° 3 de l'actuelle rue Armand Charnay à Marlotte que naquit le célèbre peintre animalier Paul Jouve. La mort prématurée de sa mère, Louise, incite son père, peintre lui aussi, à emmener sa famille à Paris. Cf. «Auguste et Paul Jouve»

Paul Jouve (droite) dans l'atelier parisien d'Auguste, son père

K

Alexander KREUTZER (1860-1917) Peintre, né à Caracas, il est le gendre du peintre et musicien Louis Auzende. Il habita avec son épouse et sa fille au N°16 de l'actuelle rue Murger, la maison aménagée en 1865 par le peintre et architecte Jules Lecœur (cf. à ce nom). Kreutzer avait été un des élèves de Jean-Paul Laurens et fut admis à la Société des Artistes Français, signe qu'il n'appartenait pas à l'avant-garde !
Cf. «Alexander Kreutzer»

L

Gustave LANSON Cet éminent professeur, agrégé et docteur ès lettres, historien de la littérature et critique, fut précepteur à la cour de Russie du prince héritier, le futur tsar Nicolas II, avant d'enseigner l'éloquence à l'Université de Columbia de New-York. Il donna des conférences dans plusieurs prestigieuses universités américaines, notamment à celle de Duke (Caroline du Nord à qui il légua une partie de sa riche bibliothèque, et à Rio de Janeiro. Il acheva sa brillante carrière en tant que directeur de l'École normale supérieure de 1919 à 1927 et passait souvent ses vacances dans sa villa «La Terrasse» aujourd'hui 193, rue du Général-Leclerc à Bourron-Marlotte. Cf. «Gustave Lanson»

Lanson
Gustave Lanson face à son épouse dans le jardin de La Terrasse

Simon Mathurin LANTARA Peintre autodidacte, au génie reconnu par ses pairs, dont la nature rêveuse et les goûts modestes empêchèrent d'accéder à la notoriété et à l'aisance qu'eussent mérité son talent. Paysagiste admirable, il mena une vie joyeuse, libre, pittoresque et misérable avant de mourir à l'hospice à l'âge de 49 ans.
Cf. «Simon Mathurin Lantara»

Lantara
Simon Mathurin Lantara

LATO FAO ou DORMELLES Bataille mythique, sanglante et légendaire, qui aurait opposé vers l'an 596, près de Moret-sur-Loing, l'armée de Brunehaut, épouse de Sigebert Ier roi d'Austrasie à celle de Frédégonde, épouse de Chilpéric 1er, roi de Neustrie, deux reines impitoyables qui se haïssaient mortellement.
Cf. «La Guerre des deux Reines»

Jules LAURENS (1825-1901) Peintre, voyageur, dessinateur, lithographe, écrivain, musicien, Jules Joseph Augustin Laurens est un artiste hors du commun qui a peint et chanté notre forêt et ses villages. Génie un peu oublié, ignoré par les médiocrates qui occupent le devant de la scène, il sera redécouvert lorsque l'histoire aura passé à la trappe les faiseurs et les bateleurs aujourd'hui au pinacle. En 1910, Léon-Honoré Labande, publia une biographie de cet artiste qu'il admirait, ouvrage que nous vous invitons à lire dans son édition originale, en libre accès sur le web : «Jules Laurens»

Laurens
Jules Laurens par Henner

Anselme Isidore LENOBLE Instituteur à Bourron vers la fin du dix-neuvième siècle, il nous a laissé (en 1888) un précieux document manuscrit établissant un état des lieux de la commune à son époque, ainsi que l'histoire du village.
«Anselme Isidore Lenoble»

Émile-Aubert LESSORE (1805-1876) Peintre paysagiste et peintre sur porcelaine. Il fut l'un des premiers artistes de ce qu'on appela la colonie de Marlotte, arrivé vers 1925 dans la foulée des rapins venus découvrir la nature et la croquer sur le motif. Un éminent écrivain de notre village, Olivier Fanica a sorti Lessore de l'oubli en lui consacrant un bel ouvrage illustré.
Cf. «Émile-Aubert Lessore »

Emile-Aubert Lessore : Marlotte
Émile-Aubert Lessore : Marlotte

Pierre LESTRINGUEZ (1889-1950) Écrivain et scénariste, ami d'enfance de Jean Renoir, il fit partie de sa "famille" au même titre que Pierre Champagne. Il trouve la mort sur la nationale 7, dans sa belle Bugatti, dans la forêt de Fontainebleau, dans le virage du Pavé du Roy, à côté du cinéaste blessé dans l'accident.
Cf. «Les Renoir : une admirable famille d'artistes»

Pierre Lestringuez par Auguste Renoir
Pierre Lestringuez par Auguste Renoir

M

Stéphane MALLARMÉ (1842-1898) Admirable poète en quête d'absolu, reconnu par tous les grands écrivains de son époque malgré l'hermétisme d'une œuvre très élaborée sans doute un peu absconse. Menant une vie simple, entre ses élèves (il est professeur d'anglais), son épouse et sa fille, il passe ses loisirs à écrire, souvent dans sa maison de Valvins en bordure de Seine, proche de la. Quand il n'écrit pas, il aime canoter sur le fleuve, à marcher dans la forêt de Fontainebleau jusqu'à Marlotte, rendre visite à ses amis qui se réunissent autour d'Armand Point dans son phalanstère de Haute-Claire. Cf. «Victor Margueritte : Souvenirs sur Mallarmé»

Stéphane Mallarmé

Famille MARGUERITTE Famille d'artistes ayant habité notre village, composée d'Eudoxie Margueritte (1838-1921), veuve du Général tué à la guerre de 70 et mère des deux frères écrivains : Paul Margueritte (1860-1918) et Victor Margueritte (1866-1942). Les deux filles de Paul : Éve et Lucie Paul-Margueritte contèrent l'histoire de leur famille dans un livre dont nous donnons quelques bonnes pages sur ce site. Paul habita «Le Pignon», au N°23 de l'actuelle rue Delort, près de la famille installée à la «Maison des Champs», aujourd'hui N°23 de la rue Villée de St El, une maison «chargée» dont nous contons l'histoire par ailleurs. Paul et Victor Margueritte furent souvent les hôtes d'Armand Point au «Logis de Haute-Claire». Victor loua «Le Verger» au N°168 de la rue du Général-Leclerc
Cf. «Les Margueritte : Deux frères deux sœurs»

Paul et Victor Margueritte

Aristide MARIE Au cours de mes recherches sur les personnalités demeurant à Bourron-Marlotte ou ayant fréquenté notre village, j'ai découvert son ouvrage La Forêt symboliste relatant ses souvenirs de quelques artistes qu'il a connus. Je dois humblement avouer qu'à part Mallarmé, les deux André Billy et Rouveyre que je rencontrai du temps de Youki Desnos et de Galtier-Boissière, les autres m'étaient parfaitement inconnus. Mais ces portraits pris sur le vif m'incitèrent à mieux connaître ces personnages encore si proches de nous par le temps et de partager avec vous les belles pages qu'Aristide Marie leur consacre.
Cf. «Aristide Marie»

Église de Marlotte

MARLOTTE La réunion officielle en une seule commune au trait d'union symbolique de Bourron et de Marlotte est relativement récente : elle ne sera proclamée qu'en 1919, sans faire disparaître complètement un «esprit de clocher». Bourron reste le bourg principal, d'une origine très ancienne, romaine: il a le château, la source, la mairie, l'église plusieurs fois centenaire, l'école (jusqu'à 1883), le cimetière, la gare, la grand-route de Nemours avec son auberge, son hôtel de la Paix, et même le violon ! Marlotte plus cossue a ses «résidences bourgeoises», sa chapelle, ses artistes arrivés, ses intellectuels mondains, son phalanstère, le prestigieux hôtel Mallet pour touristes snobs et friqués, qui a pris la place de l'Auberge Antony chère aux bohêmes et aux rapins. Elle a aussi la Poste, dont le bureau s'appela longtemps «Marlotte-Bourron», tandis que Bourron dut se contenter d'une petite poste auxiliaire. Les Marlottins vont fièrement prendre le train à la gare de «Montigny-Marlotte» plutôt qu'à celle de Bourron ! Mais ce ne sont là que de petites amusettes de surface comme nous le dit Henri Froment.
Cf. «Si Bourron-Marlotte m'était conté»

Isidore et Émile MENDELS Ces deux artistes d'origine belge, virtuoses du violon, appartiennent à la colonie artistique de Bourron-Marlotte, participant durant de longues années aux Grandes heures musicales de notre village. Ils demeuraient aux Sorbiers, au N°21 de l'actuelle rue Auguste Allongé, maison qui accueillit leurs maîtres et amis Gabriel Fauré et Camille Saint-Saëns.
Cf. «Les Sorbiers: Isidore et Émile Mendels»

MONTIGNY-SUR-LOING Aimable village ancien de 2900 habitants (2008) adossé à la Forêt de Fontainebleau et traversé par le Loing séduisit Guy de Maupassant qui y écrivit Notre cœur, Pierre Louÿs et quelques jolis peintres. Le grand homme du village fut le général Tadeusz Kosciuszko, héros de l'indépendance polonaise, réfugié politique en France. Il demeura au château de Berville et sa tombe en lisière de la forêt est fleurie chaque année en hommage à sa mémoire. Aux pieds des maisons anciennes qui bordent le village, le Loing musarde sous les saules, alimentant des étangs poissonneux, en direction de Moret.
Cf. «Montigny-sur-Loing»

Montigny-sur-Loing : L'Église

François Richard de MONTHOLON. Né sans bras et avec une seule jambe valide, cet artiste utilisait les orteils de son pied pour tenir le crayon ou le pinceau lui permettant de dessiner et de peindre. Pour illustrer son ouvrage «Promenade et excursions dans les environs de Paris» paru chez Hennuyer en 1894, l'historien Alexis Martin avait demandé à François son ami, de l'accompagner et de croquer sur le motif quelques lieux remarquables. Nous devons à cet artiste dont le handicap n'empêchait pas les voyages, de délicieuses gravures de la forêt de Fontainebleau, de ses rochers, de ses arbres, et des vues exquises de nos villages.
Cf. «François de Montholon»

Montholon
François de Montholon par Paul Leroy

Famille MOREAU-VAUTHIER Cette famille bien implantée dans notre région compte plusieurs générations d'artistes. Rappelons que leur véritable patronyme est MOREAU et que ce fut Augustin le père de Charles et de Paul qui ajouta celui de son épouse, Marie-Louise Suzanne VAUTHIER, au sien, pour qu'on ne le confonde pas avec les autres artistes de son époque qui portent ce nom.
Cf. «Les Moreau-Vauthier une famille d'artistes»

charles moreau-vauthier
Charles Moreau-Vauthier

MORET-SUR-LOING Charmante cité d'environ 4500 habitants (2007) située entre la Forêt de Fontainebleau, le cours romantique du Loing qui se jette dans la Seine toute proche. Ceinte de murailles ornées de belles portes et de maisons anciennes, Moret est une des perles de ce Gâtinais où peintres, poètes et grands seigneurs ont aimé séjourner appréciant sa beauté et sa douceur de vivre.
Cf. « La Mauresse de Moret dans Anecdotes et légendes du Gâtinais»

Moret

Henry MURGER (1822-1861) Fils d'un concierge parisien devenu tailleur pour mieux nourrir sa famille, l'adolescent connaîtra toutes les joies et les petites misères d'une enfance passée à traîner sur le pavé. Mais le jeune homme est ambitieux et fréquente un milieu d'artistes bohêmes du Quartier latin qui se retrouvent à l'enseigne des «Buveurs d'eau» un cénacle où l'on refait volontiers le monde en buvant de l'absinthe ou du gros rouge. Se cultivant sur le tas, apprenant à écrire en publiant des articles dans d'éphémères gazettes, il se liera d'amitié avec le peintre et photographe Nadar, deviendra pour un temps le secrétaire du comte Léon Tolstoï. De santé fragile, il courra les bois avec les peintres sans le sou allant croquer la nature sur le vif en forêt de Fontainebleau. Ses Scènes de la vie de bohême publiées d'abord en feuilleton, connaîtront un succès immédiat, avant de fournir à Puccini le livret de son célèbre opéra La Bohême. La renommée lui apporta l'aisance et, tombé amoureux de Marlotte, il s'y installera d'abord dans les auberges Saccault puis Antony avant d'y acheter une maison au N°75 de la rue qui porte aujourd'hui son nom. Henry Murger entraînera ses nombreux admirateurs et admiratrices dans ce village dont il sera le prince et où il jouira de la vie libre dont il avait rêvé.
Cf. «Portraits anecdotiques» --- «Goncourt: La mort de Murger»

Henry Murger

Le nom d'Henry Murger fut attribué en 19xx à l'ancienne rue XXX de Marlotte en hommage à cet auteur à qui notre village doit en partie sa renommée.

Alfred de MUSSET (1810-1857). Poète romantique et auteur de théâtre, il vécut une vie de «dandy débauché» à l'image de cette brillante période artistique. A quoi rêvent les jeunes filles, les Caprices de Marianne, Lorenzaccio, On ne badine pas avec l'amour sont encore joués dans le monde entier. Son roman autobiographique Confession d'un enfant du siècle et les poèmes lyriques des Nuits, qu'ont illustré ses amours tumultueuses avec George Sand, écrits aux Charmettes, aujourd'hui N°1 rue Burat, ont fait d'Alfred de Musset le porte-flambeau du romantisme. Tous les artistes n'étant pas forcément unanimes dans leur admiration, nous vous livrons ci-après, les propos pour le moins "nuancés" de Jean Cocteau, après une relecture de la Correspondance entre George Sand et Alfred de Musset. Cf. «George Sand et Alfred de Musset revisités par Jean Cocteau»

Paul de MUSSET (1804-1880) Frère aîné du poète. Homme de lettres, il vécut dans l'ombre et l'admiration de son frère, et ne laissa pas une œuvre impérissable. Il demeura un temps avec Alfred auprès de leur mère, à L'Ermitage une maison aujourd'hui disparue située près du Pavé du Roy. Trois ans après la mort du poète, il épousa Aimée d'Alton, une des maîtresses d'Alfred.
Cf. «Alfred et Paul de Musset»

L'Ermitage

N

Célestin NANTEUIL (1813-1873) Peintre et graveur de l'époque romantique, ami de Victor Hugo, de Théophile Gautier et de Gérard de Nerval, il fréquenta Murger et l'Auberge Antoni à Bourron-Marlotte devenu sa dernière demeure.
« Célestin Nanteuil»

Jean NICOT (1530-1600) et La NICOTIÈRE Une tradition bien établie voudrait que Jean Nicot ait vécu dans cette maison. Il semble peu probable que l'homme que l'on crédite d'avoir amené le tabac en France ait habité Bourron ! Mais il est certain que cette belle demeure appartint à quelques personnalités intéressantes tel le peintre Charles Delort, Paul Cézanne le fils du Maître d'Aix-en-Provence et que la joyeuse compagnie qui la fréquenta a tenu une grande place dans l'histoire de notre village.
Cf. «Maisons d'artistes»

Sophie Lalance : La Nicotière

Les NIEDERMEYER Les Niedermeyer dont sont issus nos Marlottins Louis le musicien et Albert le financier, ont pour origine une famille huguenote française dont l'ancêtre Abraham Baylon, habitant Montélimar, s'était réfugié à Nyon, en Suisse romande, lors de la révocation de l'Édit de Nantes (1685).
Cf. «Les Niedermeyer»

Louis de Niedermeyer

O

Jean OUDIN Abbé (1807-1880) Nommé curé de Bourron en 1841 après avoir été curé de Verneuil (aujourd'hui Verneuil-l'étang). La même année il publia chez Lecoffre à Paris, un gros manuel d'archéologie religieuse dans lequel il décrivait vingt églises de notre région. Son ouvrage faisait de nombreux emprunts à L'Abécédaire ou rudiment d'archéologie (archéologie religieuse de M. de Caumont, auquel il écrivait : «Je vous ai fait de nombreux larcins, mais ne me faites pas de peine; je vous en demande l'absolution, en considérant que le produit de la vente de mon livre sera employé à faire bâtir une école de filles dans ma commune». Grâce à cette source de qualité, l'ouvrage de l'abbé Oudin est «estimable et bien fait.» L'abbé fut aussi un inventeur méconnu, précurseur en produits alimentaires concentrés (tablettes de lait pour les voyages en mer) et pharmaceutiques (élixir de l'abbé Oudin), ce qui ne l'empêcha pas d'être correspondant du Comité historique et de faire de la sculpture sur bois dans les églises dont il fut le curé. Cf. «Abbé Oudin : un curé original»

P

Jeannot PALEC (1931-2011) Avant de se retirer dans sa propriété de Bourron-Marlotte pour jouir d'un repos mérité, Jeannot fut le plus dynamique et le plus compétent marchand forain de Paris. Il proposait sur son étal des marchés qu'il honorait de sa présence les plus beaux fruits, les plus savoureux légumes, choisis aux Halles par lui-même. Sa fidèle clientèle de gourmets venait de loin pour acheter ses produits d'une qualité irréprochable dignes de ceux de la Maison Fauchon. Toutes ses clientes ont regretté son départ à la campagne, son irrésistible sourire et son charme.

Jean Palec entouré de ses petites-filles

Les frères PALIZZI Les quatre peintres de la fratrie Palizzi, Giuseppe, Nicola, Francesco Paolo, Filippo, forment une sympathique et joyeuse famille d'artistes originaire de Naples, dont l'aîné Giuseppe le Marlottin et son frère Filippo le naturaliste ont appartenu à ce que l'on appela improprement l'École de Barbizon. Ils ont d'abord habité le Bocage, au N°2 de la rue qui porte aujourd'hui leur nom, puis l'actuelle Villa Palizzi, au N°100 de la rue Gambetta. (Leur patronyme fut souvent estropié, même sur des documents officiels, l'i de leur joli nom travesti en e !
Cf. «Bourron-Marlotte : Petits maîtres oubliés»

Villa Palezzi (Collection O. Fanica)

Olivier PATRU (1604-1681) Avocat au Parlement de Paris, il fut, selon le grammairien Thoulier d'Olivet, «un oracle infaillible en matière de goût et de critique.» Initiateur du traditionnel discours de réception à l'Académie pour avoir, nous dit Pellisson, prononcé lors de son admission, «un fort beau remerciement dont on demeura si satisfait, qu'on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d'en faire autant.» La vieillesse venue, il se retira dans sa modeste maison de campagne de Bourron.
Cf. «Bourron-Marlotte: La Perle du Gâtinais»

Olivier Patru
Olivier Patru

Olivier DE PENNE (1831-1897) Peintre paysagiste et animalier de grand talent, Olivier de Penne connut la célébrité se révélant, comme le dit Olivier Fanica : «le peintre passionné des chasses et des chiens». Il a son buste monumental rue du Général-Leclerc et son corps repose dans notre cimetière. Cf. «Olivier de Penne» «Bourron-Marlotte: La Perle du Gâtinais»

Charlotte PERRIAND (1903-1999) Décoratrice, architecte d'intérieur, designer, elle fit partie, aux côtés de Le Corbusier et de son cousin Pierre Jeanneret des théoriciens de l'architecture moderne. Liée aux mouvements politiques et sociaux d'avant-garde, adepte de la vie libre, au grand air, elle parcourut la Forêt de Fontainebleau en tous sens, sac au dos. Charlotte Perriand créa et signa des meubles révolutionnaires devenus des classiques de l'habitat urbain. Cf. «Charlotte Perriand»

Perriand
Charlotte Perriand

Jules Gaston de PEYRELONGUE Marchand de tableaux, installé au N°27 de la rue Laffitte à Paris, il était l'ami des Frères Goncourt et fréquentait avec eux la forêt de Fontainebleau et les colonies de peintres de Barbizon, de Grez et de Marlotte. Il connut à leur côté les soirées animées des auberges Ganne, Antoni et Saccault.
Cf. «Marlotte vu par les Goncourt»

Rodolphe PFNOR (1824-1909) Architecte, dessinateur et graveur né à Darmstadt (Allemagne) en 1824, naturalisé français, il est le fils de Wilhelm Pfnor, sculpteur sur bois, inventeur d'un procédé pour améliorer l'impression en couleur. Il fut l'auteur de quelques ouvrages rares aujourd'hui très recherchés : notamment le Guide artistique et historique au palais de Fontainebleau, préfacé par Anatole France (1889). Il vécut à Bourron sur le chemin de Marlotte, au N°78 de l'actuelle rue du Général-de-Gaulle.
Cf. «Décorateurs et Architectes»

Fernand POUILLON (1912-1986) Architecte, ambitieux il voulait donner un style et une esthétique personnels à ses ouvrages, tenter de sortir l'architecture des cités nouvelles des affreuses termitières importées de l'ère stalinienne. Après avoir connu un succès fulgurant, une renommée et une fortune insolentes... les jaloux, les nabots, les politiciens véreux réussirent à l'abattre. Il fit de la prison, s'évada de la clinique où il se morfondait... vendit tous ses biens pour indemniser ses créanciers, se constitua prisonnier. Il purgea sa peine et vint à Bourron-Marlotte, se refaire une santé au13 bis rue Cicéri, avant de restaurer le château de Belcastel...
Cf. «La Humerie»

Q

R

RECLOSES Joli village en bordure de la forêt de Fontainebleau proche de Bourron-Marlotte. Peuplé de 700 habitants qui se disent "Reclosiots" et sont fiers de trois de leurs illustres habitants : le pianiste Robert Casadesus (1899-1972), Edmond Pelletier, charmeur de vipères, et Casimir le braconnier leveur de feu. Cf. «Recloses»

Recloses par Hoffbauer

Jules RENARD (1864-1910) Écrivain. Ce fut semble-t-il le poète Stéphane Mallarmé qui séjournant à Valvins, amena Jules Renard à Marlotte où l'on dit qu'il écrivit Poil de Carotte (paru en 1894). On trouve dans son délicieux Journal, en date du 14 septembre 1893, une anecdote amusante de son séjour dans notre village. «Hier, dans la forêt de Fontainebleau, j'ai croisé M. et Mme Carnot. Ils étaient en voiture. M. Carnot porta la main à son chapeau, et Mme Carnot commença de sourire. «Tiens !» me dis-je. «Voilà des gens qui me connaissent.» Mais, comme je ne les connaissais pas, très réservé, je n'ai pas répondu.»
Ainsi, en ce temps-là, le Président de la République Sadi Carnot (qui sera assassiné l'année d'après) se promenant en forêt avec son épouse, sans protection rapprochée, pouvait esquisser un salut à l'adresse d'un inconnu... Belle époque, en effet ! La tradition (ou la légende) situe la demeure où résida Renard à Marlotte, au N°8 de l'actuelle rue Palezzi, en face de l'ancien puits. Cf. «La Baronnie»

Maison de la rue Palizzi où séjourna Jules Renard

La famille RENOIR : Les Renoir, forment une admirable famille d'artistes comme l'ont été jadis les Bach, deux siècles plus tôt et les Brasseur, de 1850 à nos jours. Auguste, Pierre et Jean Renoir ont magnifié l'art, chacun dans son domaine et à sa manière. Ils ont marqué leur temps, sublimé par leur talent original une époque aujourd'hui révolue. Cela restera un honneur et un immense privilège pour notre village de Bourron-Marlotte, d'avoir hébergé durant quelques années, ces géants restés simples et lumineux jusqu'à leur mort.
Cf. «Les Renoir : une admirable famille d'artistes»

Portraits d'Auguste, Pierre et Jean Renoir

Ernest REYER (1823-1909) Le compositeur Ernest Reyer fut un familier de Marlotte dès le temps de Murger et des premières auberges. Très attaché à la colonie artistique de la première époque de Marlotte, Reyer avait bien connu ces bohêmes chaleureux à la bourse plate et au cœur grand comme ça, toujours prêts à rire, chanter, plaisanter, organiser de mémorables mascarades ou d'épiques rondes nocturnes en forêt.
Cf. «Ernest Reyer»

Raoul RIGAULT (1840-1871) C'est dans la forêt près de Marlotte qu'eut lieu l'improbable rencontre du peintre Auguste Renoir et de Raoul Rigault, journaliste anarchiste et futur chef de la police sous la Commune de Paris que nous vous contons dans nos Portraits anecdotiques.
Cf. «Raoul Rigault»

Raoul Rigault

S

Paul de SAINT-VICTOR (1827-1881) Critique littéraire et essayiste, il achèvera une carrière bien remplie comme Inspecteur général des Beaux-Arts. Familier de Marlotte et de la forêt de Fontainebleau, il séjournera à l'Auberge Antoni en compagnie des frères Goncourt dont il deviendra l'ami. Dans leur Journal, ils rapporteront à plusieurs reprises leurs conversations avec Saint-Victor.

Joseph SIGWARD Après une carrière de manager chez Pechiney, Joseph Sigward, écrivain et analyste lacanien, est un familier du Puits Giton à Bourron-Marlotte. Descendant d'une lignée de verriers, dont une tradition familiale fait remonter les Sigward à celle du Dr Faust, il nous conte avec humour et panache cette épopée dynastique d'ouvriers tantôt royalistes, communistes ou anarchistes. Cf. «Sigward»

Robert-Louis STEVENSON (1850-1894) Écrivain écossais, grand voyageur, auteur de quelques chefs d'œuvres de la littérature universelle tels L'Ile au Trésor, L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, du passionnant Voyage avec un âne dans les Cévennes. En 1876, séjournant à Barbizon, Stevenson âgé de 26 ans, tombe amoureux de Fanny Osbourne, une artiste peintre américaine de dix ans son aînée. Fanny, qu'il épousera en 1880, est une habituée de Grez, village romantique où les deux amants filent le parfait amour. Cf. «Stevenson»

Robert-Louis Stevenson

S

Pierre Fresnay et Erich von Stroheim dans La Grande Illusion

Erich von STROHEIM (1885-1957) Acteur, auteur, réalisateur de films, écrivain d'origine autrichienne. Il se disait fils d'une dame d'honneur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche. Au cours de l'été 1936, von Stroheim hôte de Jean Renoir à la villa Saint-Elm de Marlotte, tombe amoureux de la forêt et loue cette maison modeste et retirée, au bord du sentier qui conduit à la Vallée Verte et au Long Rocher. L'actrice Dita Parlo, qui jouera à ses côtés dans La Grande Illusion viendra souvent le rejoindre dans cette demeure. Cf. «Jean Renoir»

Villa La Forêt, rue Renoult

Joseph SZULC (1875-1956) Ce musicien d'origine polonaise de formation classique, époux de la ravissante chanteuse Suzy Delsart composa dix-sept comédies musicales qui comptent parmi les plus applaudies de l'époque. Il travaillait volontiers au calme des Fauvettes à Marlotte, une maison aux murs couverts de glycines, où il recevait ses innombrables amis artistes tels le compositeur et pianiste virtuose Maurice Moszkowski, le violoniste Pablo de Sarasate et sa compagne Berthe Marx, pianiste de talent, ou la cantatrice Alice Raveau.
Cf. «Les Fauvettes»

Les "Fauvettes"

T

Isidore Justin TAYLOR (1789-1879) Grand voyageur, gourmand de tous les arts, Taylor fut un parfait «honnête homme» comme on disait au Grand siècle. Né à Bruxelles de parents anglais, il s'illustra dans notre pays dans de nombreux domaines, les Belles Lettres, l'Administration, les Arts ou la philanthropie quel que fut le régime politique. Ayant une résidence à Marlotte, au N°17 de l'actuelle rue Armand Charnay, le généreux et charismatique baron Taylor restera une grande et belle figure de notre village. Cf. «Le baron Isidore Justin Taylor»

médaille baron taylor
Médaille commémorative frappée en sa mémoire

Jacques THIBAUD (1880-1953) Violoniste exceptionnel, qui en marge de sa carrière de soliste forma dès 1905 avec le pianiste Alfred Cortot et le violoncelliste Pablo Cazals un trio d'une perfection incomparable. Ses attaches avec notre village remontent aux brillantes heures musicales de La Chansonnière dans l'actuelle rue Renoult, où, autour de Jules Boucherit et de Denise Soriano, se retrouvait une pléīade de grands artistes. Jacques Thibaud qui donna son nom au square proche de La Chansonnière, sombra en mer avec son Stradivarius, dans un accident d'avion tragique.
Cf. «Les heures musicales de Marlotte»

Marguerite Long et Jacques Thibaud

Ernst THIEL (1859-1947) Banquier et collectionneur d'art suédois, il est un des plus perspicaces et généreux mécènes européens de la Belle Époque. Soutenant les travaux des écrivains et des artistes d'avant-garde, il exposa sa collection à la Galerie Thielska dont il fera don à la ville de Stockholm en 1924. Ernest Thiel sera l'ami d'Armand Point et lui rendra visite à plusieurs reprises dans son phalanstère de Haute-Claire à Marlotte.
Cf. «Le Logis de Haute-Claire»

Ernest Thiel par Edvard Münch

U

URY Ce ravissant et discret village du Gâtinais en bordure de la Forêt de Fontainebleau, vient de voir sa riche et belle histoire millénaire chantée dans un livre magnifique écrit à deux voix par Yvonne et Roland Garnier, ouvrage que nous aimerions voir fleurir dans toutes les bibliothèques.
Cf. «Ury village du Gâtinais»

V

VALVINS Au mois d'août 1874 le poète Stéphane Mallarmé loue deux pièces au premier étage d'une ancienne auberge de bateliers, située au bord de la Seine, au lieu-dit L'isle de Cayenne, à Valvins, Commune de Vulaines, qui faisait alors partie de la commune de Samois, à 5km de Fontainebleau. Cette maison toute simple devint au fil des ans un haut-lieu de l'art et de la littérature.
Cf. «Valvins»

Michel VANSLEB (1635-1673) Personnalité attachante, le père Michel Vansleb ou Wansleben (pour les germanophones) est le fils d'un pasteur protestant. Né en Thuringe il repose à Bourron après une vie sortant de l'ordinaire. Il fit de bonnes études à l'université de Saxe avant de se passionner pour les langues orientales. Cela le conduisit, après bien des aventures, à remplir une mission pour Colbert qui souhaitait constituer pour Louis XIV une bibliothèque digne de lui. Il lança à cet effet vers l'Orient des dépisteurs de livres et de manuscrits rares. Vansleb fut de ceux-là.
Cf. «Bourron-Marlotte, la perle du Gâtinais»

Charles VIRION (1865-1946) Sculpteur, peintre, décorateur de talent cet artiste attachant et modeste habitait Montigny, travailla à la faïencerie Schopin aux côtés de Georges Delvaux et fréquenta l'Atelier de Haute-Claire fondé par Armand Point dont il fut l'ami.
Cf. «Logis de Haute-Claire»

Ambroise VOLLARD (1866-1939) Cet amoureux de la peinture fut l'ami de quelques grands peintres dont il devint le marchand. Fils de notaire, originaire de La Réunion, il fit son droit à Montpellier et à Paris. Tout jeune, il s'intéressa à la peinture, acquit quelques œuvres qui lui plaisaient. En 1893, il ouvrit une petite galerie rue Laffitte où il exposa les artistes qu'il aimait et qui n'intéressaient encore que de rares amateurs. En quelques années, il acquit des milliers d'œuvres de Renoir, Gauguin, Matisse, Cézanne, Picasso, Bonnard, Vuillard. Il mourut accidentellement en 1939, sans avoir rédigé de testament, si bien que son immense et prestigieuse collection fut dispersée. Plusieurs décennies après sa mort l'on retrouvait encore ici et là, dans des coffres de banque ou derrière des cloisons de ses résidences, des toiles de maîtres que l'on croyait perdues. Ambroise Vollard fréquenta notre village dès la fin du XIXe siècle du vivant des peintres, dont il fut plus tard l'hôte des enfants, Pierre Renoir et Paul Cézanne junior.
Cf. «La Famille Cézanne»  «Souvenirs»

Portrait d'Ambroise Vollard en toréador par Auguste Renoir

W

Oscar WILDE (1854-1900) Écrivain irlandais, dandy et pédéraste, auteur de l'immortel Portrait de Dorian Gray. Connu pour son humour, son élégance et ses mœurs très libres, il fut poursuivi pour homosexualité. Condamné à deux ans de travaux forcés, il refusa de fuir à l'étranger avant son arrestation. Il effectuera sa peine à la prison de Reading, - qui lui inspira sa célèbre ballade. Après sa libération, en 1897, ruiné, il s'exile en France où, des amis tel André Gide ou Stuart Merrill, tentent de l'arracher à la déchéance et à la misère. Il y fréquenta Armand Point et sa «cour d'amour» intellectuelle qui réunissait au Logis de Haute-Claire un brillant cénacle d'écrivains, peintres et poètes "symbolistes".
Cf. «Le logis de Haute-Claire»

Oscar Wilde

X Y Z

ZO D'AXA (1864-1930) Ce pseudonyme littéraire exotique abrite Alphonse Galland, fils d'un haut fonctionnaire de famille bourgeoise, qu'une légende tenace prétend Gallaud de la Pérouse, descendant du célèbre navigateur. Gentleman libertaire, aventurier cultivé, séducteur et déserteur par amour, ce personnage poétique traversa la Belle Époque comme un flamboyant météore. Il séjourna quelque temps à Marlotte hébergé à La Maison de la Chapelle par le peintre Louis Anquetin. Cf. «Bourron-Marlotte : Anarchistes et Libertaires»

Alphonse Galland dit Zo d'Axa

Jean Henri ZUBER (1844-1909) Peintre d'origine alsacienne. Officier de Marine, il fait la connaissance d'Étienne Mayer, peintre de marine, auprès duquel il se formera au dessin et à l'aquarelle. A Bourron, il avait un atelier au N°21 de l'avenue Marceau en face de celui de son ami le peintre François Ehrmann.
Cf. «Bourron-Marlotte : Petits maîtres oubliés»

Henri Zuber : Jonque chinoise

 
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