Lorsqu'un peintre atteint la cinquantaine, l'âge
de son plein épanouissement, le moment est venu pour lui, non
pas de dresser un bilan, la course à fournir est encore beaucoup
trop longue, mais du moins de s'interroger; et pour celui qui s'intéresse
à son uvre, d'en retracer la courbe. Maurice Verdier est
dans ce cas, et sa récente exposition à la galerie Jaubert
nous en donne l'occasion.
L'homme est complexe, l'uvre aussi, encore
que l'un et l'autre paraissent sans mystère.
Ses toiles s'imposent dans une sorte d'évidence
passionnée, ne cherchant pas à convaincre, se refusant
à séduire, affirmant la violence de la sensation par un
expressionnisme de la couleur, une décision forte du dessin,
qui leur donnent une présence intense.
De ses premières manifestations publiques,
des toiles que Maurice Verdier présentait dans les salons de
l'après-guerre à sa dernière exposition, il a parcouru
un chemin, et son langage a changé. Sans doute évoluera-t-il
encore. Et c'est tant mieux, et c'est bien. Un artiste qui ne bouge
plus, se contentant de ce qu'il fait, ou ne pouvant plus aller plus
loin, s'enfermant dans des clichés, se répétant
sans cesse, figé, ne conserve plus que l'apparence de la vie.
L'uvre de Verdier a évolué,
cela est évident pour qui la connaît et l'a suivie. Mais
il n'y a pas eu de rupture, point de ces sauts brusques comme il arrive
parfois, de changements brutaux de direction. Elle s'est modifiée
par une manière de nécessité interne, comme change
l'apparence d'un jeune arbre, au fur et à mesure qu'il se fortifie,
s'épanouit, étale ses branches à la lumière,
par la poussée, le travail intime de la sève.
C'est que l'uvre, ici, a mûri, en même
temps que le peintre. Il n'y a pas de recherches de «manières»,
une volonté délibérée de trouver un style
original. Rien ne s'est fait de l'extérieur. Le langage s'est
modifié pour se mouler sur une richesse plus grande de sensations,
une expérience plus approfondie, une sensualité plus ouvertement
avouée. Il n'est que de mesurer le chemin parcouru depuis le
temps qu'il peignit deux femmes nues sur un balcon, vers 1950, et le
récent Nu au fond bleu, ou les études encore fraîches
dans son atelier.
Jeune clown
Micheline Sandrel
Maurice Verdier ou La peinture est une fête
Il y a des alchimistes qui recherchent la pierre
philosophale ou l'or comme presque tout le monde. Il y a des amoureux
qui essaient de charger chaque instant de toute l'éternité
qu'il peut porter. Il y a Maurice Verdier qui ne se soucie pas de
l'or et dont les toiles sont somptueuses; il y a Maurice Verdier qui
connaît l'angoisse et dont l'uvre affirme que le bonheur
et la tendresse existent.
C'était tout à fait évident
lors de sa dernière exposition chez Yves Jaubert, la splendeur
qu'il sait voir dans l'eau d'un étang sous un ciel qui le prolonge,
la confiance qu'il découvre dans un beau regard d'enfant ou
dans la douceur d'un corps féminin.
Qu'il peigne un nu, un paysage, une ville vue
d'un balcon, c'est toujours une occupation magistrale de la toile
et ce n'est pas le moindre miracle que cette composition exigeante
apparaisse toujours parfaitement spontanée. Nous le disions
tout à l'heure, il y a des alchimistes. Il y a aussi des êtres
savants qui ont tellement maîtrisé leur technique que
le plus grand art retrouve l'innocence et que, plus grand encore que
le métier, le cur apporte sa chaleur. Le secret du beau
regard inquiet des visages qu'il peint, on le trouve dans ses yeux
à lui qui sont beaux, attentifs et dans ses yeux à elle
- elle, José, sa femme - qui sont beaux et tendres avec une
émotion qui affleure comme le souvenir d'une larme
La maison qui les entoure, leur place des Ternes
et silencieuse. Ils n'en sont pas à un contraste près.
Elle est «appartement», et on la sent «maison».
Près d'une fenêtre un grand bronze de Oudot se déshabille,
les jambes seules sont nues; ce n'est pas un strip-tease; c'est l'attitude
familière d'une femme chez elle et c'est en même temps
une superbe statue.
Place des Ternes vue de son atelier
«Oudot est un ami de toujours», j'apprendrais
un peu plus tard que la loggia l'accueille souvent quand il quitte
Besançon.
Aux murs une nature morte de Derain, une eau forte
de Zadkine, deux Mauffra. «Deux toiles de Bretagne, elles appartenaient
à mon oncle. Il aimait la peinture.» Des petits bronzes
de Barye : «Mon père aimait Barye».
Quelques toiles seulement de Maurice Verdier,
parfaitement accordées à l'ensemble vivant, chaleureux
et silencieux de cette maison qui n'est pas un décor, mais
dont l'harmonie est tangible, une «Maison à vivre».
«Nous irons à l'atelier tout à
l'heure. J'ai enfin un atelier à l'étage au-dessus.»
Il y a dans cet enfin une patiente attente et
dans toujours, « je vis là depuis toujours », une
amitié.
Les choses comptent pour Maurice Verdier, les
meubles amis, une beauté en accord avec la vie quotidienne,
le ciel dans la fenêtre, une qualité de paix qui naît
de l'équilibre entre la pensée, le rêve et l'amour
du réel. On le sent devant chacune de ses toiles. Les enfants
«inventés» sont des portraits, les bouquets sont
charnus avec goût de fruit, la neige est un manteau et le trait
noir qui cerne les arbres, les maisons n'enlèvent rien au mystère
des formes et des passages de couleurs, le chat qui se glisse sur
le rebord du balcon, c'est le chat en pointillés qui hante
la maison: à un certain degré d'amour, la mort n'existe
pas.
Une uvre d'art est toujours une lutte contre
le temps, une affirmation contre ce qui se défait, un témoignage
sur ces secondes qui mériteraient de durer, le haut rempart
chaque jour attaqué, chaque jour soutenu.
Il semble que le temps au bout du compte doive
gagner et puis un jour le temps est vaincu, la lumière qui
a un moment ébloui le peintre est fixée à jamais.
C'est cette lumière que Maurice Verdier recherche avec patience,
avec obstination avec bonheur, c'est elle qu'il réinvente dans
cet atelier où chaque jour il reprend l'une ou l'autre de ses
toiles. Elles ne sont finies que lorsqu'elle naît enfin de l'eau
et du ciel, des astres et du chatoiement des fleurs ou des regards.
L'angoisse de la recherche, la belle note grave
de raccord obtenu se fondent dans cette sérénité
conquise. Demain tout recommencera.
Micheline Sandrel
Chemin à l'arbre rose
Pierre Courthion
Maurice Verdier : le feu sous la braise
Il y avait, au départ, une certaine maigreur dans la peinture de
Maurice Verdier, où le graphisme jouait un grand rôle,
découpant les figures, les isolant.
On y trouve aussi, comme dans cette toile de 1950,
une sorte de complaisance à la préciosité, dans
la pose, dans l'arabesque des lignes.
A ce moment-là, il regardait certainement
du côté de Modigliani. Les nus récents apparaissent
bien différents. Sans doute, les contours sont toujours cernés,
mais le large trait noir qui les enserre est moins là pour enclore,
pour enfermer les formes, que pour jouer !e rôle de «passage».
Les figures du tableau ne s'insèrent plus dans la toile par la
seule vertu de la composition, mais par celle de la lumière de
l'atmosphère, qui unissent les divers éléments
de la toile. Et puis, il y a la matière même de la peinture,
la pâte, qui est devenue plus riche, plus sensuelle, la sensation,
enfin, s'est faite plus directe, plus immédiate, plus dépouillée.
J'ai pris l'exemple des nus, mais la courbe qui
va des premiers paysages aux plus récents suit le même
tracé, indique la liberté conquise peu à peu par
le peintre, ici comme ailleurs. Le graphisme aigu, qui souvent suppléait
la peinture pure, construisait les formes, les détachait, s'est
assoupli, a pris du moelleux. Bien sûr, et c'est là une
constante chez Maurice Verdier, une fidélité à
lui-même qui le fait s'appuyer sur le réel, s'émouvoir
devant lui et s'efforcer à traduire, en peintre, ses émotions,
ses toiles nous disent le monde des formes, des êtres et des choses.
Josy
Mais, alors qu'il a commencé par décrire,
par analyser, il en est venu, progressivement, à ramasser les
éléments dans une synthèse, à les unir,
à les fondre, installant pourtant solidement les volumes dans
l'espace. Il y a comme un goût manuel, sensuel des formes, chez
lui. Il les fait naître de son pinceau comme il les caresserait
de la main, en éprouverait le poids et la densité, le
monde devenant néanmoins davantage sensation qu'il n'existe pour
lui-même. Il est, alors, prétexte et objet de peinture.
Il y a, aussi une autre évolution dans la peinture de Verdier,
celle de sa palette, qui est allée s'enrichissant, gagnée
peu à peu par la couleur.
Mais tout cela se tient. C'est qu'il est parti,
lorsqu'il a réellement débuté dans la carrière,
de ce que l'on appelait alors le «misérabilisme».
Ils étaient quelques jeunes peintres à nous donner du
monde une image désespérée, tous plus ou moins
influencés par Francis Gruber, qui, mort très jeune, n'ayant
laissé qu'une uvre peu abondante, joua néanmoins
un rôle fort important de chef de file. Et cela était normal,
en somme. Ces jeunes gens venaient de traverser la guerre, l'occupation,
des années nocturnes de misère et d'épouvante,
de boue et de sang.
Torcello
Et puis, le temps passant, les souvenirs s'éloignant,
la vie reprit ses droits et sa force. Mais jamais Verdier n'a chanté,
jamais il ne chantera, tout simplement, tout uniment, la joie de vivre.
Ses toiles sont toujours empreintes de mélancolie, souvent d'un
certain tragique, qu'il peigne des paysages de Haute-Provence, du Portugal
ou de Corse, des figures ou des natures mortes. Et cela vient de lui,
de sa sensibilité profonde.
Cet homme, malgré que son physique ne le
laisse point deviner, est un angoissé, et le regard qu'il pose
sur le monde lui confère aussitôt une profondeur dramatique.
Picard d'origine, revenant souvent, depuis son enfance, au berceau de
sa famille, la plaine et son ciel gris, l'horizon qui s'en va nulle
part, leur tristesse morne, l'ont sans doute marqué. Les figures
qu'il nous montre, ses personnages, ses jeunes couples, ses tendres
enfants-clowns, aux regards de nostalgie, coiffés de chapeaux
dérisoires, nous disent la difficulté et la tristesse
da vivre.
Ce n'est pas tant que l'existence leur soit peut-être
particulièrement dure. Elle est pour eux ce qu'elle est pour
les autres. Mais eux ne sont pas tout à fait comme tous. A l'image
de celui qui les a créés, ils sont doués d'une
sensibilité plus fine, plus profonde et plus prête à
s'émouvoir. Un rien les émeut. Et leur nature n'étant
pas à la joie, ils éprouvent davantage les causes de souffrances
que de bonheur. Pourtant il est un domaine où Verdier se laisse
aller, s'abandonne au plaisir d'exister, celui des fleurs. Il a peint
beaucoup de bouquets, et, là comme dans ses nus, sa sensualité
et sa tendresse, que sa manière de peindre en force ne laisse
peut-être pas percevoir au premier regard d'un il un peu
superficiel, se manifestent avec évidence.
Sacré Cur
Maurice Verdier n'est pas l'homme du premier jet.
Il n'est pas de ceux qui brossent une toile en une seule ou même
en quelques séances, et l'achèvent. Les siennes, il y
travaille longuement, à plusieurs reprises. Il les laisse se
reposer, il y revient, souvent plusieurs mois après. Il y en
a toujours plusieurs, dans son atelier, en cours de perfectionnement.
Il se satisfait difficilement. C'est un homme qui travaille.
Un mot qui revient souvent dans la conversation,
lorsque l'on parle avec lui de choses sérieuses, c'est celui
de «pureté». Il entend aussi bien, par là,
la probité du travail bien fait que l'honnêteté
envers soi-même et les autres, la sincérité en art
comme dans la vie, l'absence de tricherie en toutes choses. Et certes,
une de ses qualités majeures, c'est de ne pas tricher, ni avec
ses sensations, ni avec sa toile. Il faut que l'une et l'autre s'accordent,
et que la peinture qu'il fait, il s'y mette tout entier. Il le peut,
son métier est assez sûr, et il possède ce que trop
de jeunes peintres semblent, hélas! négliger, la science
du dessin.
Il a beaucoup dessiné, il dessine toujours.
Ses paysages, il va sur le motif les dessiner, prendre des notes de
couleurs. Lorsqu'il peint un nu, il lui faut le modèle devant
lui, au moins vers la fin, pour contrôler. Il ne saurait se passer
de la présence, du contact avec les choses. Même quand
il brosse une uvre qui peut nous paraître de fantaisie,
ses enfants-clowns, par exemple. Ce sont en réalité des
portraits.
Parti d'une certaine sécheresse, d'uvres
aigu‘s et voulues, s'épanouissant, se libérant, Maurice
Verdier a conquis la somptuosité de la couleur, de la pâte,
la sensualité de la peinture, s'accomplissant dans une sorte
de lyrisme réaliste, baroque, souvent tragique, toujours émouvant.
Pierre Courthion
Ile Saint-Louis
Edith Richaud
Maurice Verdier : une violence apaisée
Pour les jeunes peintres d'aujourd'hui, les prises
de position, quelles qu'elles soient, n'ont plus du tout le caractère
d'aventure qui marquèrent les débuts du cubisme, du fauvisme,
du surréalisme ou de l'art abstrait entre 1910 et 1930.
Les expériences ont été si
nombreuses et si variées qu'il n'est pas de domaine resté
inexploré, qu'il n'est pas d'audace qui puisse scandaliser. Toute
affirmation de personnalité est une soumission à un ordre
de recherche déjà connu, l'apport individuel retrouvant
tous ses droits, et l'on ne saurait juger l'artiste qu'en fonction de
sa valeur personnelle, sans tenir compte de son adhésion à
l'une des trois tendances générales, où semblent
se répartir les artistes depuis la dernière guerre: «La
nature inspiratrice», «La nature prétexte»,
«Le refus de la nature».
Ainsi le seul critère qui subsiste est bien
celui de la personnalité.
Maurice Verdier est né le 2 juin 1919 à
Paris. Après un court passage à l'école des Beaux-Arts,
dans l'atelier de Sabatier, il participe à de nombreuses expositions
collectives. Il est immédiatement remarqué dans le monde
de la peinture. A l'étranger, les musées de Bruxelles,
Liège, Verviers, ont acheté de ses toiles. Il fait une
exposition particulière en 1947 à Lisbonne, et une autre
la même année à Tunis. Il expose des uvres
dans tous les grands salons: Automne, Indépendants, Mai. Jeune
Peinture obtient en 1949 une bourse de voyage de l'état et en
1950 se voit décerner le Ier Prix Fénéon.
Félix Fénéon est encore vivant dans le souvenir
de tous ceux qui ont connu et aimé le renouveau de la peinture
française du premier quart de ce siècle. Ce critique avisé
avait su discerner les promesses d'un art nouveau et les futurs horizons
qu'il ouvrirait à la peinture de notre époque. En mourant,
il eut la délicate pensée de consacrer une partie de sa
grande fortune à la découverte d'authentiques talents
encore à leurs débuts, et à leur encouragement.
Maurice Verdier a pleinement mérité
cette haute distinction et les espoirs fondés sur lui ont justifié
ce Ier Prix Fénéon. Les grands aînés avaient
eux-mêmes, et de leur propre aveu, leurs maîtres: Delacroix
a toujours proclamé ce qu'il devait à Frantz Hals,à
Véronèse, à Rubens.
Personne n'invente entièrement son art. Maurice
Verdier a sagement recueilli leurs leçons. Il nous dit avoir
beaucoup médité sur Paolo Ucello ; nous le croyons volontiers.
Nous voyons bien que son uvre est dominée par un problème
plastique: celui de la perspective. La perspective ucellienne offre
pour nous un aspect charmant qui nous retient par son caractère
primitif.
Ucello et Piero della Francesca se sont posé
des problèmes qui séduiront longtemps encore les artistes
de notre temps. Mais il est heureux de voir comment nos artistes, en
reprenant cette fondamentale question, s'écartent des conséquences
qu'en avaient tirées les successeurs d'Ucello, les "quatrocentistes"
de Florence.
Et Verdier semble n'évoquer cette perspective
que pour l'abolir. Moment subtil de la peinture, mais création
véritable "entre le vide et l'événement pur" :
la perspective de Verdier est celle de notre époque, c'est-à-dire
sans point de fuite arbitrairement choisi en dehors du plan du tableau,
mais au contraire dominée, par la notion d'unité fondamentale
de la toile et s'identifiant avec son plan.
Allée aux coquelicots
Cette remise en question longtemps admise dans notre
monde occidental, et l'expérience qu'il en fait, il nous semble
bien que Verdier la met sous le signe de Van Gogh. Impossible de ne
pas se souvenir de «la Chaise» de Van Gogh, et d'autres
toiles analogues, en voyant les natures mortes de Verdier. Mais c'est
là que Verdier est un véritable artiste: il n'imite pas,
et s'il prend modèle, c'est pour aller au-delà du propos.
Parce qu'il n'évoque pas le même registre
de sentiments que Van Gogh, l'uvre si dense et si accomplie de
Verdier nous achemine vers un certain symbolisme, à la manière
de Gauguin.
Le contour affirmé, l'évocation décisive
d'une forme, le balancement des masses colorées et l'équilibre
interne du tableau sont non seulement d'un jeune qui se souvient opportunément
d'un maître, mais d'un maître en devenir.
En 1950, Verdier est sélectionné pour
le Prix de la Critique et pour le Prix de la Peinture contemporaine.
En 1956, Maurice Verdier fait une exposition particulière
à la Galerie Lorenceau et Jean Chabanon dit de lui:
Galop
«Maurice Verdier est un peintre constant.
La ligne qu'il s'est tracée, il la respecte. Son art est en plein
accord avec lui-même, ne doit rien à des apports étrangers
à sa propre nature. Il est pur, d'une rare netteté et
d'une franchise totale.
Artiste marquant de son sceau les groupes où
il expose, il agit avec une audace tranquille. Si l'imagination ne fait
point défaut chez lui, il ne se prétend pas inventeur
de formes. Ne se livrant à aucun lyrisme gratuit, Verdier sait
exalter «par en dedans» la beauté des choses les
plus simples. Les objets dont il compose ses natures mortes sont ceux
de tout le monde et paraissent pourtant avoir été conçus
tout spécialement pour lui parce que sa marque est de celles
qui ne s'effacent pas : elle impose un tracé conducteur qui ne
laisse rien au hasard.
L'écriture fort apparente qui cerne le motif
et dont il use n'est pas un serti mais l'indispensable complément
de la pâte. Elle souligne autant les modulations de la forme que
de la couleur.
C'est un fait rare.
C'est une exposition qui fait honneur à cette
peinture d'un esprit foncièrement français. Elle est belle
et d'une majesté terrienne qui n' pas sa pareille. Chevalier
des Arts et des Lettres en 1958, Verdier obtient la médaille
d'argent de 1a Ville de Paris et la Médaille de la ville de Namur.
Il expose au Salon des Peintres Témoins de
leur Temps depuis 1955, à l'école de Paris, Galerie Charpentier,
Comparaison, école de Paris à Tokyo. Participe à
des groupes : New-York, Londres, Toronto, Moscou, Munich, etc. Fait
une exposition particulière à Montréal en 1959,
a de nombreuses toiles dans des musées étrangers et français
: Petit-Palais à Paris, Poitiers, Saint-Etienne, etc. Nombreux
achats de l'état et de la Ville de Paris. Figure dans de grandes
collections particulières. Une de ses toiles est reproduite dans
la magnifique édition «corps et visages féminins»,
de Ingres à nos jours, préfacée par Waldemar George,
et une autre, une magnifique nature morte, figure dans l'Encyclopédie
de l'Art International contemporain.
Nous ne pouvons mieux conclure qu'en citant ces
quelques lignes de Marc Sandoz. «Maurice Verdier a compris la
nécessité du dépouillement et les sacrifices qui
conduisent au style. Dans une écriture ferme, il évoque
sa vision du monde plastique à laquelle il sait nous rallier
par le charme de son langage coloré.
Edith Richaud in L'Echo de la Finance
Harmonie en bleu
Maurice Verdier
Galerie Déprez-Bellorget
15, rue de Seine - 75006 Paris
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