Henri Froment (1919-1996), enfant de notre commune, fut un enseignant remarquable dont tous ses élèves se souviennent avec gratitude. Il consacra ses loisirs et la fin de sa vie à l'étude de notre histoire, avec une curiosité gourmande et passionnée, dans tous les domaines, de la géologie à la botanique, en passant par l'archéologie, l'architecture, les arts et l'économie. Auteur de cet ouvrage incontournable auquel nous empruntons beaucoup, notamment ce chapitre, nous aimerions que tous ceux que l'histoire intéresse, l'acquièrent auprès de l'Association des amis de Bourron-Marlotte et l'offrent à leur amis.Durant les quarante années séparant le guerre de 70/71 et celle de 14/18, la physionomie du village comme celle de tout le pays, va changer radicalement.
Si le bourg reste toujours essentiellement rural, comme l'indique une statistique de 1897 relevée par Henri Froment dans son ouvrage, donne pour Bourron et Marlotte 338 maisons, 104 chevaux, 8 mulets, 127 voitures à deux roues (il s'agit avant tout de véhicules de travail, tombereaux et surtout gerbières), 165 bêtes à cornes, 250 moutons, 40 porcs, un moulin à eau (c'est toujours le moulin de la Fosse), 300 fours (ce sont les fours à pain; les fours à chaux existent, mais n'ont pas été recensés ici), 120 puits (puits de carrefour, puits publics ou privés, quelquefois mitoyens), 4 mares ou fontaines. Il y a jusque vers 1900 un berger communal qui rassemble les bêtes chaque matin et les mène paître en lisière de forêt, par le chemin des vaches, devenu la rue Renoult (78).
Les maisons rurales conservent cet aspect simple et si particulier que leur donne leur crépi souvent légèrement teinté de bleu, de rose ou de jaune, nuances qu'appréciait beaucoup le peintre Renoir, familier de Marlotte. Le chaume des toitures fait place aux toits de tuiles qui nécessitent des charpentes renforcées.«Les fermes présentent toujours leur grand porche flanqué de bâtiments et couvert d'un grenier à foin qui débouche sur la grande cour pavée. Les trois principales fermes du pays, Marchant, Thibault et Guillemin, arborent toutes les trois une grande girouette représentant un laboureur avec sa charrue et ses deux chevaux.»
La population reste stable, entre 1250 et 1300 habitants, chiffre qu'elle gardera longtemps (79). Les deux agglomérations de Bourron et Marlotte vont encore séparées par une longue distance non construite vont à la rencontre l'une de l'autre.
Une nouvelle école, bâtie à la jonction des deux bourgades a valeur de symbole; tous les enfants du pays s'y retrouvent, qu'ils viennent du lointain «Trou de Chaux» de Bourron, ou de «Beauregard» et de «la Croupilloire» (corruption de la «croix Pilloire» à Marlotte (80).
La fusion officielle de Bourron et de Marlotte en une seule commune au trait d'union symbolique, ne sera prononcée qu'en 1919 ; sans faire disparaître un «esprit de clocher».
Bourron reste le bourg principal: il a le château, l'école jusqu'à 1883, la mairie, l'église, le cimetière, la gare, la grand-route de Nemours, et même le violon ! Marlotte a ses artistes embourgeoisés, ses intellectuls «maisons bourgeoises», son prestigieux hôtel Mallet attirant des touristes friqués qui a succédé à l'Auberge Antony chère aux bohêmes et aux rapins. Elle a aussi la Poste, dont le bureau s'appela longtemps «Marlotte-Bourron», tandis que Bourron dut se contenter d'une petite poste auxiliaire. Les Marlottins vont fièrement prendre le train à la gare de «Montigny-Marlotte» ! Mais ce ne sont là que de petites amusettes de surface (81).
Pourtant, sous cette apparente continuité, cela change, et beaucoup. Voici quelques éléments d'évolution:
- le fort développement touristique à Fontainebleau et en forêt;
- la présence d'artistes et littérateurs «arrivés», de plus en plus nombreux surtout à Marlotte, des touristes et estivants venus de Paris et de l'étranger.
- l'évolution de l'agriculture, avec forte régression de la vigne;
- le développement du rail;
- la naissance de l'industrie.
Reprenons chacun de ces points:
Le développement touristique en forêt de Fontainebleau est incroyable. La forêt, quasi déserte autrefois, a été redécouverte par Denecourt et les peintres-paysagistes. Barbizon entre dans l'histoire, et Marlotte va suivre de près ainsi que Moret et Grez-sur-Loing.
Dès 1860, grâce au train, Fontainebleau est à une heure et demie de Paris. Des milliers de parisiens envahissent chaque dimanche les sites les plus connus, que l'on a aménagés pour ce nouveau tourisme. Denecourt puis Colinet créent des sentiers, organisent des promenades guidées à pied et en voiture. Au cours de ces sorties on pousse volontiers jusqu'à Marlotte. En 1883 et 1884 par exemple, le programme de l'excursion vers Marlotte comprend la visite de l'exposition des peintres de la colonie artistique (82).
Ce mouvement touristique, si bien amorcé à partir de 1850, devient considérable dans les années d'avant 1914 ; on peut le mesurer aux milliers de cartes postales vendues chaque semaine.
La présence des artistes, littérateurs ou musiciens, surtout à Marlotte, devient très importante. Les touristes et estivants les suivent.
Là aussi, les choses ont évolué. A la mort de Murger en 1861, le cénacle dont il était le maître à penser avait changé de caractère, mais les auberges étaient toujours le principal lieu de rencontre des peintres et de leurs amis poètes, musiciens ou acteurs.
On se rappelle qu'en 1865-66, on pouvait voir à Marlotte et dans les villages d'alentour Renoir, Monet, Sisley, Pissarro, Bazille, et aussi Cézanne, Harpignies et de nombreux Barbizonniens comme Diaz. Mais, premier signe de prospérité, quelques artistes résidèrent en permanence dans des maisons particulières.
Après 1870, la colonie artistique s'est renouvelée et son esprit a changé. Les auberges de Marlotte ne sont plus ces foyers de discussion et de critique qu'elles avaient été; l'auberge Saccault a dépéri et a finalement disparu (83), l'auberge Antony survit mais végète, l'auberge Mallet est devenue un bel hôtel pour artistes et touristes aisés, avec piano et breaks pour la promenade.
Mais il y a toujours beaucoup de peintres à Marlotte, il y en a même de plus en plus. Seulement, ce ne sont plus guère des rapins et des bohèmes; ce sont pour la plupart des artistes connus, aisés, médaillés des Salons, bien pourvus de commandes, qui ont leur maison à Marlotte ou à Bourron et y demeurent à peu près toute l'année comme Cicéri, de Penne, Delort, puis Armand Charnay, Armand Point. On y voit aussi des musiciens comme Reyer, des écrivains comme Jules Renard (dont l'école de Bourron-Marlotte porte le nom), Émile Zola, François Coppée, les frères Margueritte.
Ces artistes et écrivains reçoivent de nombreuses visites, organisent des cercles; ils exposent régulièrement à Paris. A leur suite, les touristes, déjà conquis par la beauté de la forêt, arrivent nombreux, à l'hôtel, en location, et de plus en plus dans des résidences particulières, des villas de nouveaux riches qu'ils se font construire par des architectes, détruisant au besoin les belles maisons paysannes.Ce mouvement vers le village a de multiples effets. Il apporte aux gens du pays un climat nouveau, plus ouvert sur le monde, un élargissement de leur horizon. Mais surtout, l'impact économique est considérable. Tous ces nouveaux venus, riches ou tout au moins aisés, il faut les loger, les servir, les nourrir. Il faut de la main-d'uvre pour construire ces nouvelles villas et leurs communs, ou encore aménager les vieilles maisons, où l'on voit apparaître les grandes verrières d'atelier exposées au nord.
Il faut du personnel de service non seulement pour les hôtels et les pensions de famille, mais aussi pour les locations et résidences secondaires. Par exemple, il y a une forte demande de jardiniers, et de nombreuses propriétés ont leurs jardiniers attitrés, souvent à plein temps (en 1938, il y avait encore ici 31 jardiniers professionnels).
Il faut enfin nourrir cet afflux de visiteurs et séjournants ; on voit se développer une importante culture de primeurs, qui modifie le visage agricole du pays. L'évolution de l'agriculture: dans ce domaine, le phénomène le plus spectaculaire est la forte régression du vignoble. Je pense que les deux principales causes en sont:
- La diminution progressive de la demande parisienne: le chemin de fer permet maintenant de faire «monter» à Paris de grosses quantités de vins de qualités très variées, venant de provinces plus lointaines que la nôtre pour un prix de transport relativement bas; alors que, autrefois, Paris se fournissait en priorité dans sa proche banlieue, et jusqu'à chez nous.
Et surtout l'attaque massive du phylloxéra. C'est la ruine du vignoble français. A Bourron-Marlotte, la superficie plantée en vigne tombe de 182 hectares en 1830 à 38 hectares en 1882.
Le pays se fait une raison. Bien sûr, on replantera des plants greffés d'origine américaine, résistants au phylloxéra, mais sans reconstituer, et de loin, l'ancien vignoble. On fera encore son vin, on garde quelques clients, mais déjà l'on se tourne vers d'autres cultures où la demande est importante: la betterave à sucre dont la culture commence à Bourron peu avant 1914 et se développera surtout à partir de 1922 (84) ; sa livraison est désormais bien facilitée par le chemin de fer, et l'on est assuré de vendre car la demande en sucre va croissant.
Le raisin de table: plusieurs auteurs régionaux affirment, dans les années 1890, que le chasselas de Bourron vaut celui de Thomery ; ici chaque maison a sa treille, et souvent même sur le mur qui borde la rue. Les primeurs, pour approvisionner le marché de Fontainebleau et la forte demande touristique locale, en particulier les asperges, aussi demandées que celles de Recloses et que l'on cultive par grands champs, qui donnent à notre paysage rural un caractère très particulier.
On peut même dire que l'asperge devient une spécialité du pays. Le très long «couteau à asperges» figure dans tous les «tabazots», hangars et appentis. Des spécialistes les expédient en paquets de 5 ou 10 kilos par le train, mais bien des petits producteurs les vendent encore à la botte. Cela se vend bien, mais la saison de production est courte; elle s'arrête à la Saint-Jean.
Les autres primeurs se vendent bien aussi. La pomme de terre (85) a pris une place importante. Nos fermières vont livrer leurs produits au marché de Fontainebleau en «tapissière», en voiture à âne et même bien souvent à pied, avec la brouette ou avec les grands «flins» d'osier au bras. Dans le pays, chaque «maison bourgeoise», chaque hôtel ont leur petite ferme de prédilection, pour les légumes, les fruits, les volailles, les ufs, le beurre et assez souvent le miel, car n'oublions pas que nous sommes en Gâtinais et aussi le lait quotidien, bien sûr.Cela n'empêche pas le commerce de prospérer: M. Lionel Leroy a fait l'inventaire des commerçants de Bourron et Marlotte à partir de 1900, et, avec les artisans et les petits entrepreneurs, il en a recensé plus de 130, ce qui est fort beau pour une commune assez modeste, même si elle est la seconde des 19 communes du canton!
Les pépinières occupent une grande superficie, soit pour la production d'arbres fruitiers ou d'ornement dont la demande augmente avec le nombre croissant de propriétés à grand parc, soit pour les plants forestiers, surtout le pin, qui s'accommode bien des terres sablonneuses trop maigres pour d'autres cultures.
Selon un almanach du temps, Bourron arrive à concurrencer Villiers-sous-Grez dans ce domaine (pour être compris, il faut prononcer «Villaire»). Dans les vergers et en plein vent, on cultive en grand la pomme «Rouge de Bourron».
Enfin, les céréales et les fourrages ont gardé toute leur importance. Après la moisson, la «batteuse» arrive, énorme caisson attelé à sa locomobile. C'est un événement dans le pays et un gros souci pour les fermières, affairées à nourrir toute une bande de «gars de batterie» qui ne sont pas du genre enfant de chur !
Mais, en dehors des grandes pièces d'un seul tenant, dont les plus étendues appartiennent au château, le morcellement des terres est important et certaines sections du cadastre montrent un maillage serré de petits lopins. Un géographe d'avant 1900 parle de Bourron comme «d'un pays extraordinairement morcelé, où l'arpent - 43 ares et demi en Gâtinais - est souvent partagé entre dix propriétaires». Il y a bien plus petit encore, et les petits champs larges de 3 à 4 mètres ne sont pas rares.
Notons ici que l'arpent de Bourron valait 42 ares 21 (86).
Je laisse aux spécialistes le soin de tirer les leçons de ce morcellement et d'en étudier les conséquences sur l'économie locale. Je dirai simplement qu'il donnait au paysage, dans ce temps-là, une belle variété dans les couleurs et les dispositions, un aspect «patchwork» qui a en grande partie disparu. Aujourd'hui, les grandes pièces de ma•s balancent un peu partout leurs plumets; autrefois on le cultivait «en vert» pour le bétail, et en petites parcelles seulement. Les grandes brouettes chargées de ces longues tiges jusqu'à traîner sur le sol faisaient partie du décor familier. On ne disposait pas, il est vrai, de ces nouvelles variétés qui mûrissent. facilement maintenant sous nos climats.
Signalons encore un métier bien particulier: les «cochonniers», distincts des charcutiers. Ils achètent des porcs, les abattent, préparent eux-mêmes le boudin et les andouilles, débitent la viande en gros morceaux et vont vendre le tout au marché de Fontainebleau. La viande est vendue au kilo. Plusieurs personnes du pays ont exercé ce métier: l'une d'elles traitait 2 porcs par semaine.
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Gare de Bourron-Marlotte Le rail: Il joue un rôle considérable maintenant. D'abord, le trafic-voyageurs a beaucoup augmenté depuis la création de la ligne, vers 1860. On prend volontiers le train, bien que cela coûte cher: 5 francs 50 en troisième classe pour un aller simple Bourron-Paris en 1880. L'ouverture en 1881 du nouveau tronçon Bourron-Malesherbes a ouvert au rail une région gâtinaise peu innervée jusqu'alors. La gare de Bourron, tête de ligne de cet embranchement, prend de l'importance.Les touristes viennent aussi par le train. Le journal «L'Abeille de Fontainebleau» note qu'à la Pentecôte 1911, du vendredi au mardi suivant, quatre mille voyageurs ont utilisé la gare de Bourron ! (87)
Mais la gare connaît deux trafics marchandises importants: le sable, et bientôt la betterave à sucre, déjà un peu cultivée avant 14 mais pas encore en grand; mais cela n'est que saisonnier.
La grosse affaire permanente, c'est le sable, apporté plusieurs fois par jour par le «tacot» de là Sablière dont la petit voie, parallèle à la voie de garage et bien plus haute qu'elle, permet aux bennes remplies de sable de basculer directement leur contenu dans les wagons (procédé bien plus expéditif qu'à Moncourt, où le sable, à cette époque, est déchargé par le tacot sur le quai pour être rechargé dans les péniches brouette par brouette !).
Un peu plus tard, la raffinerie de corps gras, réinstallée près de la gare, traitera un volume important par fer dans les deux sens, à partir de son raccordement spécial de la ligne. La naissance d'une industrie: le pays va connaître son début d'ère industrielle vers le commencement du siècle, à l'initiative des châtelains MM. de Montesquiou et de Montaigu, et sur des terrains dépendants du château.
La création la plus importante est celle des Sablières de Bourron. On sait que le «sable de Fontainebleau» est composé de silice pratiquement pure; c'est un matériau de choix pour la fabrication de toutes verreries, y compris les plus fines, et la préparation des moules de fonderies. Il s'est donc créé en lisière de la forêt un arc de carrières, dont celles de Bourron, qui constituent encore maintenant une entreprise développée sur 300 hectares en terrain privé.
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La Sablière de Bourron (2001) La Société des Sablières de Bourron fut officiellement formée le 31 octobre 1911, mais les travaux préparatoires avaient été lancés longtemps auparavant. Le sable extrait de la «Butte» (ainsi appelaiton la carrière dans le pays) était chargé sur le petit «tacot» bien connu, qui emportait ses dix tonnes en quatre wagonnets vers les péniches de Moncourt, mais pouvait aller jusqu'à 15 tonnes pour la gare de Bourron.Il y eut aussi la fondation d'une raffinerie de corps gras avec fabrication de graisses et huiles minérales, plus divers dérivés comme le fameux «Crésylo ADM» pour toutes désinfections. Cette production fut rapidement complétée par toute une gamme de produits vétérinaires ou d'utilité pratique dans le monde rural: raticide, graisse à chaussures, produit pour la protection du bois de charpente, onguent de pied pour chevaux... On y trouvait une quantité de spécialités aux noms pittoresques: Feu liquide contre les boiteries, Baume vert anti-piétin, Réparateur Frank pour la repousse du poil, Hippoformine qui donnait de la force aux chevaux, Crevassine, Verrufuge et Porciphyle !
Par la suite, la Raffinerie, trop à l'étroit au Pavé du Roy, s'établit près de la gare, avec quais et voies de raccordement et de manuvre ; elle abandonna cette petite fabrication dispersée de remèdes et produits divers et se consacra en grand à la préparation des huiles et graisses minérales, d'où ce nom de «l'huilerie» qu'on lui donnait dans le pays. Elle connut un gros développement jusqu'à sa disparition relativement récente (88).
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pour la raffinerie de corps gras Le Parfait à Bourron.Le comte Auguste de Montaigu, gendre du comte de Montesquiou, avait créé une vaste Faisanderie dans le parc. Elle comportait un élevage de gibier, perdrix, faisans, lièvres, pour la reproduction, le repeuplement et la vente. On y élevait aussi une quantité de volailles: pigeons, canards, dindons, poules de races françaises (La Flèche, Bresse Noire, Coucou de Rennes, Janzé) ou étrangères (Dorking argentée, Orpington). Il y avait échange de sujets avec des fermes bretonnes appartenant aux Montaigu.Des parquets spéciaux étaient réservés aux volailles de vente, expositions et concours. On y élevait des lapins angora dont le poil se vendait, en 1907, 30 à 35 francs le kilo. Enfin, un enclos était réservé aux bêtes de luxe ou curieuses, avec pièce d'eau: hérons, cormorans, cygnes, paons, faisans vénerés et dorés, etc. Le tout était traité à grande échelle, avec matériel perfectionné et couveuses artificielles; la «dissuasion» était assurée par des chiens et un réseau d'alarme faisant agir des détonateurs.
Signalons aussi une fabrique de limes et une entreprise de poteaux de bois pour boisage de mines, lignes électriques, etc. Cette entreprise existe toujours.
Bourron, à la pointe du progrès, avait même sa centrale électrique, créée vers 1910, et, je crois, la seule de la petite région. Vous la connaissez bien: c'est notre actuelle Salle des Fêtes! Elle fonctionnait tant bien que mal et non sans bruits et explosions, mais on y voyait deux gazogènes, deux groupes électrogènes de 60 à 80 chevaux, deux moteurs à gaz pauvre, avec deux dynamos et une énorme batterie d'accumulateurs. Elle cessa de fonctionner pendant la guerre de 14 (89).
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Éolienne Bollée On avait encore à Bourron une merveille de la technique: l'éolienne Bollée du château, montée en 1879 (Henri Froment dit en 1889 comme la Tour Eiffel, et toujours en état de marche aujourd'hui) (90) !Puisque nous parlons de modernisme, Marlotte a connu son Train «Scotte», sorte de tramway ferraillant à vapeur qui reliait le village à Fontainebleau et qui n'a pas dû fonctionner longtemps, car il a laissé peu de souvenirs dans la mémoire des anciens du pays (91).
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Train routier Scotte Toutes ces entreprises d'avant 1914 constituèrent une appréciable source de main-d'uvre, et leur établissement a profondément modifié le profil économique du village.Cela dit, la vie dans le pays est bien paisible en cette période 1870-1914. On aime les fêtes, cavalcades et divertissements. Les fêtes patronales de la Saint-Sévère et de la Sainte-Avoie, dites «fête de Bourron» et «fête de Marlotte» sont très attendues et c'est l'occasion de réunions de famille et d'amis.
La place des fêtes est à Marlotte, là où se trouve le square Jacques-Thibaud maintenant (92). On fête avec éclat la Saint-Fiacre, la Sainte-Cécile, la SainteBarbe et la Saint-Vincent; mais pour ce dernier, patron des vignerons, il y a de l'eau dans le vin: les producteurs de vin et de raisins se trouvent divisés dans leurs opinions politiques, et ces irréductibles finissent par célébrer leur fête chacun de leur côté: il y aura donc une «Saint-Vincent rouge» et une «Saint-Vincent blanche».
Les sociétés locales sont actives. La fanfare, fondée en 1893, accumule les médailles et diplômes de concours. Le village a fort bien intégré ses artistes; on les considérait au début avec une méfiance assez compréhensible, tant leur comportement de rapins était inattendu dans nos campagnes; mais, grâce à Henry Murger qui était très populaire dans le pays, on a fini par adopter tout le monde. D'ailleurs, les artistes eux-mêmes participent à la vie locale, se retrouvent à l'auberge avec les habitants, jouent au billard ou aux cartes avec eux (ils ont inventé un jeu qu'ils appellent la Casserole, nom qu'ils donneront plus tard à leur cercle artistique) ; ils décorent les granges pour les mariages et festivités, font poser les gens du pays pour leurs toiles, ont leur place dans les cavalcades. Il y a dans la compagnie des pompiers de Bourron, vers 1878-1880, une bande de joyeux artistes. Palizzi et Cicéri, «trop vieux pour la manuvre» comme l'écrit très sérieusement le journal «Le Gaulois», en sont les clairons.
Qu'on ne s'y trompe pourtant pas: la vie à cette époque, dans nos villages, n'est pas toujours idyllique et elle est même souvent fort rude. Il y a de la gêne et de la misère... mais on sait aussi s'amuser; on pratique un art de vivre qui disparaîtra avec la guerre de 1914. Bourron et Marlotte forment maintenant un gros village, dont la superficie comprend 1117 hectares. La population atteint 1283 habitants en 1886, 1301 en 1901, 1372 en 1911. Bourron est chef-lieu de perception pour plusieurs communes. Il a ses médecins: le docteur Durand, né au pays, installé en 1865, puis les docteurs Roesch et Dalmon (93).
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Hôpital de la Croix-Rouge au château de Bourron en 1914-1918. Au pied du perron, à droite: Mme de Montesquiou;, à gauche, Mlle Suzanne Desrousseaux, devenue Mme Marché. En haut du perron, à gauche: sa sur Mlle Juliette Desrousseaux. Photographie de 1916 - Collection Mairie-Musée de Bourron-Marlotte
Il a sa pharmacie depuis 1906. Les soins sont assurés par les Surs du dispensaire créé par la famille de Montesquiou; on y assure les consultations pour nourrissons. Il y a aussi une sage-femme, dite «la Dénicheuse», qui fait éternuer ses patientes au tabac à priser pour précipiter les choses...Les grandes crises qui secouent le pays tout entier depuis la difficile installation de la 3èm' République, l'affaire des Congrégations, les lois la•ques, l'affaire Dreyfus, l'affaire de Panama, ne créent guère de remous ici, mais on se tient au courant: il y a déjà deux marchands de journaux dans le pays. On lit surtout la presse régionale: l'Abeille de Fontainebleau, journal très conservateur; la Défense de Seine-et-Marne, ultra royaliste, cléricale et anti-Ia•que au maximum, et l'Union Républicaine de Fontainebleau, hebdomadaire farouchement républicain et fortement anticlérical. Ces journaux entretiennent en permanence des polémiques d'une violence de ton dont on n'a plus idée dans la presse d'aujourd'hui.
A Bourron, on vote républicain en grande majorité, et ce n'est pas un vain mot en cette période troublée où les royalistes de diverses tendances et les bonapartistes combattent activement le régime. Aux élections municipales de 1884, le conseil nouvellement élu à Bourron est en majorité républicain, avec M. Davoigneau pour maire et M. Vincent pour adjoint. «Il n'y a plus aujourd'hui à Bourron que quatre monarchistes au Conseil» jubile l'Union Républicaine dans son numéro du 21 mai. Le député de la circonscription a été longtemps M. Paul Jozon, grand avocat qui a encouragé partout la construction d'écoles publiques; peu après 1900, c'est Fernand Labori, avocat prestigieux, défenseur de Zola au fameux procès «J'accuse», un des épisodes les plus mouvementés de l'affaire Dreyfus. Il donne des réceptions mémorables dans sa demeure du «Prieuré» d'Avon, et offre des médailles aux élèves de Bourron-Marlotte reçus dans les premiers au Certificat d'Etudes; ma mère conserve toujours la sienne.
Notre nouvelle école, ouverte en 1883, comprend quatre belles classes. Elle succède enfin aux locaux vétustes et inadaptés du vieux Bourron, et le directeur, M. Jomat, se réjouit de la toute nouvelle création d'un poste adjoint, un «sous-maître», comme on dit. On compte toujours deux «salles d'asile» à Bourron et Marlotte, ce qui n'est pas si mal, car il n'y en a que 110 en tout dans le département.
L'enseignement féminin a été longtemps aux mains des Religieuses; il y avait une classe en 1842, deux classes avec pensionnat en 1850, trois classes en 1870, dont la sur Émilienne est la directrice. Les anciens du pays se souviennent encore de sur Ildefonse, qui tenait l'asile à Marlotte et reçut en 1914 un prix de vertu de l'Académie Française, et de sur Mathias. La première directrice la•que sera Mlle Decogné (94).
L'application des lois organiques de la•cité, obligation et gratuité, de 1881 à 1887, semble n'avoir posé aucun problème sérieux à Bourron, où excepté l'enseignement féminin confié jusque-là aux Religieuses, ces lois étaient déjà quasiment observées; la fréquentation était déjà bonne, et il y avait de nombreuses dérogations à l'écolage ou paiement de la rétribution mensuelle; et les maîtres n'assuraient plus d'obligations paroissiales.
Les instituteurs et institutrices qui se succèdent sont, selon les nombreux souvenirs qu'on en a conservés, de ces bons «hussards noirs de la République» comme les appelait Péguy, républicains inconditionnels, attachés à la «règle d'or» de Jules Ferry et totalement dévoués à leur tâche. Ils obtiennent de beaux succès au prestigieux «certif» et aux concours interscolaires régionaux créés pour encourager l'émulation. A partir de 1883, je pense, on verra défiler à Bourron les fameux «bataillons scolaires», sorte de préparation militaire enfantine, dont les fusils de bois sont toujours conservés dans nos greniers municipaux.
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Abbé Alexandre Pougeois Le combatif abbé Pougeois a quitté Bourron en 1872 pour devenir curé-doyen de Moret. Toujours totalement imperméable aux données de la préhistoire et de l'archéologie, où se distinguent pourtant de nombreux ecclésiastiques, il continue de fulminer contre les impies de tout poil, et surtout contre les suppôts de «l'âge de pierre» qui osent remettre en question la chronologie tirée de la Bible.Son successeur à Bourron, le curé Laîné, est fort bon homme et mène son sacerdoce sans aucune de ces querelles épiques où s'illustra le mordant curé Pougeois.
L'église a retrouvé en 1888 une nouvelle cloche, offerte par le baron et la baronne de Niedermeyer, qui remplace celle qui partit à la fonte en 1793 (95). On s'amuse, en ces années 1910, des polémiques entre un chroniqueur local et le maire M. Coutor, à propos des ruisseaux nauséabonds; ça se chante:
«Coutor, tu dors, ton ruisseau sent trop fort...».
Avec ces sacrés artistes - on les appelle collectivement ainsi, qu'ils soient peintres, chanteurs, musiciens, poètes ou écrivains - il y a toujours à voir et à entendre, et le pittoresque ne manque pas.
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Isadora Duncan Ces gens en péplum, c'est Isadora Duncan, son frère et ses amis; ces allées et venues d'équipages signalent une fastueuse réception chez Henri Bataille ou chez Paul et Victor Margueritte; cette curieuse voiture à âne avec son poêle, c'est celle de M. Kreutzer, qui s'en va peindre en forêt par tous les temps; cet homme à la barbe légère et à la cape ailée, aux allures de prince de la Renaissance, c'est Armand Point; ce peintre qui peste contre le nouvel éclairage public et promène une lanterne qu'il oublie d'allumer, c'est Armand Charnay, grand responsable de l'introduction des iris jaunes à la mare aux Fées: il les a plantés là «pour faire une tache de couleur», sans se douter qu'ils envahiraient rapidement toute la mare!Ces flots de harpe ou de violon, ils viennent de l'église où viennent jouer souvent de grands artistes en villégiature ici; mais on entend aussi de la musique chez M. de l'Espinois, chez les Auzende et les Kreutzer, chez le grand violoniste Mendels et à La Renaissance, devenu un superbe hôtel où l'on trouve presque en permanence une vraie colonie d'artistes, musiciens, grands acteurs et grands chanteurs. Ces cris de dames effarouchées proviennent de chez M. de Penne, dont le sanglier apprivoisé vient se frotter à leurs jupes; cette silhouette grise qui passe discrètement, c'est M. Heseltine, un artiste anglais bien original.
Ces éclats de trompe de chasse, c'est quelque chasse à courre de l'équipage Lebaudy, à laquelle participe certainement la duchesse d'Uzès, indomptable octogénaire. Si vous croisez une course en sacs rue Murger, ne cherchez pas: c'est le peintre Delort, éternel boute-en-train, qui vient d'organiser ce petit spectacle.
Ces jeunes gens qui discutent d'art et de poésie en montant la rue de la Cheminée-Blanche, la future rue Delort, pour un de ces fameux «dimanches de Marlotte» chez Armand Point, ils se nomment Paul Fort, Paul Claudel, Oscar Wilde, ou Stéphane Mallarmé, qui vient aussi rendre visite à ses cousins Margueritte; et ce que les gars du pays ramassent au pied de cette maison, ce sont de grands bouts de cigarettes à peine fumées que François Coppée jette par sa fenêtre.
En cet été de 1912, on a très peur à Marlotte: un énorme incendie ravage les Ventes à la Reine et les abords de la mare aux Fées. Malgré les efforts du lieutenant Désagnat et de ses pompiers, le feu gagne sans cesse, les autres secours tardent à venir.
Dans Marlotte et les quartiers de Bourron proche de la forêt, on ne se couche pas, car les flammèches pleuvent, et les habitants des villas de lisière ont été évacués. Pendant toute la semaine, des foyers se rallumeront sans cesse. Mais un autre incendie, autrement grave, couve déjà: la guerre de 14.
NOTES (78) Un recensement effectué par la mairie en 1979, dénombre 253 puits dans la commune.(79) Il faudra attendre les années 1970 pour voir la population dépasser les 2000 habitants et atteindre 2378 en 1982 et 2816 en 2001.
(80) Les écoles de garçons et de filles, construites de 1882 à 1883 ouvriront leurs portes à l'automne de cette dernière année. Il faudra encore attendre cinquante années pour voir la mairie les rejoindre.
(81) La Poste, qui existe à Bourron-Marlotte depuis 1840, est installée à Marlotte depuis 1862. En 1880 elle est située à l'angle des rues Murger et Général Leclerc. Ce n'est qu'en 1913 qu'elle s'installera à son emplacement actuel. Le bureau auxiliaire de Bourron fut ouvert en mars 1890 et existera jusqu'en 1941.
(82) L'exposition des peintres a lieu au «Cercle artistique de Marlotte», dénommé «La casserole» du nom d'un jeu que les artistes, qui sy réunissaient souvent, avaient inventé, un jeu de cartes pense-t-on, mais dont nous ignorons les règles. Pour l'exposition de 1898 un journaliste composa ces vers:
Au petit pays de Marlotte
Dans cette casserole-là
La peinture que l'on fricotte
Est pleine de saveur, oui-dà !
Les peintres qui exposent ont nom Armand Point, Armand Charnay, Auguste Allongé, Charles Olivier de Penne, Arthur Heseltine, Charles Delort, etc.
(83) L'auberge Saccault a disparu depuis 1857, fermée par arrêté préfectoral. L'auberge Antony, «Au rendez-vous des artistes», souvent appelée à tort «Le sabot rouge» (enseigne du sabotier qui occupait les lieux auparavant) résiste un temps à la montée de l'auberge Mallet, puis disparaît sous la pioche des démolisseurs en 1887. En 1905 naît «l'hôtel de la Renaissance», qui existera jusqu'en 1955.
(84) La culture de la betterave à sucre en Seine-et-Marne n'avait pas eu l'extension souhaitée en 1812. Après avoir faillit disparaître en 1847 avec 650 ha ensemencés, elle est sauvée en 1848 par l'abolition de l'esclavage qui fait augmenter le prix du sucre de canne et relance la culture de la betterave. De 2000 ha cultivés en 1860, on passe à près de 40.000 ha en 1952. (
(85) En particulier la fameuse «saucisse» que l'on ne connaît plus guère aujourd'hui.
(86) En réalité il y avait trois arpents dans le Gâtinais : l'arpent commun de 42 ares 21ca, le plus utilisé, - l'arpent de Paris de 34 ares 19ca et l'arpent d'ordonnance de 51ares 7ca. Rappelons que le cadastre de 1825 fait apparaître 14.170 parcelles pour 703 ha de terres cultivables, soit une moyenne de 5 ares par parcelle. Ce n'est qu'en 1952 qu'un remembrement des terres fit disparaître une grande partie des petites parcelles.
(87) D'abord à voie unique, la ligne Bourron-Malesherbes a été ouverte au trafic en août 1881 à la demande des autorités militaires. Elle était destinée à relier les réseaux sud-ouest et sud-est en évitant Paris. Plus précisément, elle reliait la 5ème Région militaire. (Orléans) à la 20ème (Nancy) et permit au cours des guerres de 1914-1918 et de 1939-1945 de nombreux transits de troupes françaises, alliées ou allemandes, ainsi que de matériel. Mise en double voie en 1886, son rôle civil n 'a pas été très important et n 'a été effectif que de 1886 à 1937. Remise en voie unique en 1947, celle-ci est désaffectée mais toujours maintenue en état pour des raisons stratégiques.
(88) Cette raffinerie, en relation avec la voie stratégique, joua un rôle important pendant la Seconde guerre mondiale. Elle sera la cible de bombardements alliés qui entraîneront victimes et destructions. Nous en reparlerons plus loin.
(89.) L'usine électrique de Bourron-Marlotte, qui a probablement commencé à fonctionner en février 1910, a été une des premières dans la région. Elle fournira du courant électrique dans la commune, parfois avec bien du mal pour se procurer le charbon nécessaire à son fonctionnement, mais continuera de fournir du courant en pleine guerre. En janvier 1919 c'est l'arrêt définitif. En 1921 la société «Energie Seine et Loing», basée à Moret, prend le relais et fournit le courant à la commune jusqu'à la nationalisation de l'électricité en 1946 (bulletins ABM N° 41 et 42).
(90) Cette éolienne a été réalisée par l'entreprise Bollée du Mans. Conçue par Ernest Sylvain, le fondateur de la branche mancelle, elle fut développée par Auguste, frère d'Amédée, précurseur de la voiture automobile... à vapeur, dont les fils Léon et Amédée II poursuivront les activités dans l'automobile. L'éolienne du château de Bourron-Marlotte fut construite en 1879 et ne disparut que sous l'effet d'une tempête et de la vétusté en 1986 (bulletin ABM N°45).
(91) Le train Scotte n'a effectivement fonctionné que durant deux ans, en 1898 et 1899. C'était un véhicule routier tracté par une locomotive à vapeur sans rails. Son inventeur, un dénommé Scotte, était chapelier à Epernay. Ce train était à vocation essentiellement touristique et ne circulait que de mai à septembre sur deux lignes: Fontainebleau-Marlotte, éventuellement prolongée jusqu'à Montigny, et Fontainebleau-Barbizon par Franchard. Trois voyages aller-retour étaient prévus pour chaque ligne. Chaque train pouvait transporter 36 voyageurs et des bagages à la vitesse de 12 à 14 km/h. De nombreux ennuis techniques, dont un faillit provoquer une catastrophe à Fontainebleau, eurent raison de cette invention (bulletin ABM N°46).
(92) Depuis de nombreuses décennies la place des fêtes ne se trouve plus à Marlotte, mais derrière la mairie et la salle des fêtes. La «Corporation Amicale de Saint-Fiacre», fut fondée en 1926 et exista durant 50 ans environ. Chaque année, le dimanche le plus proche du 30 août, jour de la fête du saint, les membres de la corporation défilaient dans les rues du village, en portant sur un brancard «le bouquet de la saint Fiacre», véritable chef d'uvre confectionné les jours précédents.
(93) Peu avant le docteur Durand, vers 1860, s'installe à Bourron le docteur Abdon Fauché, venant probablement de Louviers. il exercera dans le village jusqu'à sa mort en 1884.
(94) L'histoire de l'enseignement a été développée dans les bulletins ABM N°13, 14 et 15.
(95) Cette nouvelle cloche est baptisée Marie-Claude Louise et a pour marraine Claude d'Aramon comtesse Louis de Montesquiou Fezensac.
SOURCES
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Henri Froment : Histoire de Bourron-Marlotte
Édité par les A.B.M. (Disponible à la Mairie)
Histoire de l'enseignement à Bourron-Marlotte
Bourron-Marlotte de 1914 à 1950
Dico du Gâtinais Bourron-Marlotte Belles demeures