Nul n'ignore que notre pays a toujours été justement envié par les intellectuels du monde entier pour les solutions géniales, novatrices et généreuses, proposées par nos hommes de pouvoir lorsque des problèmes se posent quelque part dans le monde, et parfois même sans attendre que ces
problèmes surgissent !
Mais force est de constater que les puissants seigneurs qui nous gouvernent sont le plus souvent tellement dépourvus de baraka qu'il suffit qu'ils émettent une idée pour nous attirer les emmerdes comme un étron attire les mouches et l'eau stagnante aguiche la foudre.
Sans vouloir être trop méchant avec ces braves gens, je refuse pourtant qu'ils mettent leur nez dans des affaires malpropres, où nul ne les a priés d'intervenir, au nom de notre pays. Nous n'avons pas la conscience immaculée qui nous
autoriserait à nous muer en chevaliers blancs donneurs de leçons.
Souvenons-nous de quelques tartarinades de nos joyeux farceurs de politiciens :
Après nous avoir martelé que "faute de pétrole,
nous autres Français avions des idées", voilà-t-y pas qu'en un temps que nos ressources énergétiques
sont au plus bas, un de nos génies de la gouverne impose à la nation l'achat somptuaire d'une escadrille d'avions renifleurs. En cette période critique, vers
1976, où le prix de l'or noir atteignait des sommets frappant notre économie de plein fouet, cet illustre jobard se laissa berner par de fûtés beaux-parleurs et leur offrit quelques milliards de nos deniers pour amorcer une magnifique escroquerie.
Faute de résultats positifs dans la recherche de pétrole, et pour cause ! cette galéjade réjouit les médias, décupla la vente des journaux satiriques et fit de nous la risée de la terre entière. Elle permit certes, et ce fut son seul mérite, de garnir discrètement avec les milliards détournés quelques portefeuilles
de copains abrités au Liechtenstein ou aux Bahamas, sommes qui nauront ainsi
pas été perdues pour tout le monde.
Souvenons-nous aussi des subventions au Sacre de l'Empereur Bokassa, aux diamants offerts par les hôtes lors de Chasses africaines, aux millions distribués avec munificence par Chi-Chi le magnifique aux riches Nababs des pays pauvres, argent soutiré sans vergogne aux citoyens les plus pauvres de notre pays dont la générosité est proverbiale !
Mais la quête d'immortalité dans le Guide des records de la Connerie
a connu dernièrement un sommet avec la proposition
d'une loi destinée à éradiquer la discrimination à l'embauche dont se plaignent
les skinheads, le blacks, les beurs, les homos, les femmes, les asticots et les singes... Cette initiative propose tout simplement d'instaurer un CV anonyme lors de la candidature
à un emploi.
L'initiateur de cette géniale stupidité, fut l'inénarable Claude Bébéar, ancien patron dAxa, ce
qui démontre à l'envi l'intelligence pratique et le pouvoir d'innovation dont sont dotés
les chefs dont dépend l'avenir économique de notre
pays.
A signaler que la «gôche» nantie, notamment les éléphants et girafes socialistes, se retrouvaient amusés et surpris d'une telle proposition dont ils regrettaient de n'avoir pas eu l'dée. Profitant de l'opportunité qui se présentait, ils s'engouffraient fiévreusement dans ce train fou, soutenant un projet
dont ils ne comprenaient pas encore très bien les tenants et les aboutissants. Mais dans la gigantesque arène de la bêtise humaine
la compétition est féroce et faut être attentif à
pas se laisser doubler sur la droite.
J'insiste : "pas de nom, ni de prénom, ni de
sexe, ni dadresse, ni dâge, ni de nationalité,
et aucune information manuscrite. Rien qui puisse identifier le
candidat, pour éviter toute discrimination."
Évidemment, lors
du face à face du premier entretien d'embauche, "le réflexe discriminatoire
jouera d'autant plus fort, on ne fera que reculer le problème".
Au nom de
quel principe un employeur ne pourrait-il rester maître du
choix de ses employés ? Comment peut-on interdire à qui que ce soit la liberté d'entreprendre avec qui bon vous semble ? Pourquoi pas, dans la foulée instaurer un mariage forcé non discriminatoire, obligeant chaque jeune homme ou chaque jeune fille à accepter le premier candidat ou cadidate qui vous fera la cour ?
Un chef d'entreprise dont le but logique est le profit, n'est pas l'organisateur d'un
tournoi de football : aujourd'hui, pour regarder un match, un bon vieux téléviseur noir et blanc ferait encore très bien l'affaire.
Je ne suis pas membre du MEDEF, je hais le MEDEF qui entre profit et esclavage
des salariés n'hésite jamais à choisir le premier. Mais pour une fois me voilà éberlué, stupéfait, perplexe.
En outre, il est dit que cette loi ne devrait s'appliquer
qu'aux entreprises de plus de 250 salariés, devenant
ainsi elle-même discriminatoire, vu qu'en dessous de cette barre le
CV normal pourrait toujours avoir cours, permettant l'embauche de quiconque, au pif du patron.
Naïvement je pensais que lorsqu'on était accueilli dans un pays où l'on souhaitait s'installer, on devait s'adapter aux lois, aux us et coutumes en
vigueur dans cet État, avant de ramener sa fraise, de rouspéter
et de se plaindre des différences rencontrées avec celles de la contrée d'où l'on vient. Je le croyais sincèrement, quoique, avec les centaines de
lois nouvelles que nous servent les fonctionnaires de Bruxelles, faut désormais s'étonner
de rien.
Quand vous vous rendez en voiture en Angleterre, bordel (oh pardon!) vous roulez bien
à gauche et non à droite sans aller manifester avec des pancartes et des cocktails molotov en hurlant que vous interdire de rouler sur le côté de la route qui vous plaît
est un crime discriminatoire !
Informé de ce projet de nos gentils seigneurs, un ami me fit part de son opinion dans cette langue fleurie particulière
au pays toulousain :
- Boudu con, mais ils nous prennent
pour des débiles ces empaillés, et si entre les jambes
ils ont autant de consistance que dans leur cerveau ils ont pas besoin
de slip...
J'arrête là car la suite de sa réaction fut assez gauloise.
Si un jour les citoyens de notre beau pays venaient à piquer un coup de sang et brandissaient le drapeau noir de la révolte, on pourrait bien être amenés à voir déculotter en place publique tous ces minables, voire assister sans bouger le doigt à l'épuration physique de tous ces tordus
atteints d'incompétence sans pour autant crier
au génocide...
Allons, restons-en là ! Avant que je m'énerve, je préfère aller me reposer un peu sinon, je vais
parler des CV anonymes qu'ont dû fournir les gens recrutés par
"personne" d'après les jugements passés, et
attribués pour des emplois fictifs. La quadrature du cercle ne serait
pas loin d'être résolue !
Aldous Huxley, en homme de bon sens, a écrit :
"Les faits ne cessent pas d'exister parce qu'on les ignore".
Pour l'instant je regagne mes terres, vais me prélasser au coin du feu de ma demeure, avec ma pipe, ma femme, mes chats et ma blague à tabac...
Signé : Le Cathare