SYLVIE DUBAL
esquisse

Sylvie Dubal

Sylvie Dubal - Balbuzard
Sylvie Dubal… un beau nom sonore et harmonieux qui claque au vent comme une épée de Tolède. Sylvie Dubal : une présence, une nature, une silhouette, une élégance, du caractère, un caractère, des éclairs de génie !

Sous une apparence timide, réservée, son cœur bat la chamade, bout, s'échauffe, s'exalte, s'exaspère.

À sa naissance, les fées penchées sur son berceau se sont vivement chamaillées, se disputant comme des sorcières au chevet de cette merveille de beauté, de séduction, d'harmonie, se crêpant le chignon pour se réserver la préséance.

Sylvie Dubal gardera durant toute sa vie, dans son cœur et dans son âme, les traces de cette féroce bataille de marraines.

Georges
Georges Dubal

Un tempérament d'artiste, une ferveur militante, un goût de perfection, un esprit anarchiste, le besoin d'être aimée, voilà notre petite merveille à la fois armée et désarmée pour affronter la vie.

Sylvie Dubal aura tout connu dès son plus jeune âge, le meilleur et le pire : des parents, proches, attentifs, des amis fidèles, des amants volages, des admirateurs sincères, des professionnels aveugles, des spectateurs frileux devant l'évidence de son talent, des passions exclusives.

Pour corser son parcours, sa course d'obstacle, Sylvie Dubal, comme Jean Cocteau, se sentait trop riche et dispersa ses forces, son génie.

Rosette
Rosette Dubal
En dessin, en peinture, elle se révéla incontestablement comme la première, la plus douée de sa génération. Dubal ne peignait pas pour faire joli, pour être à la mode, pour épater le bourgeois, pour plaire à l'intellectuel. Elle peignait pour elle-même, avec ferveur, pour se faire plaisir. Elle peignait "juste".

Si la chance passa plusieurs à sa portée, elle ne sut la saisir par le toupet, la retenir, la violer, la garder pour elle. Or la chance, déesse fantasque, est une étoile filante. Si elle s'offre, elle ne se donne pas, elle se prend.

La première fois, un marchand de tableaux renommé, épaté par son travail la prit sous contrat. Un contrat mirifique pour un débutant, mais léonin et banal comme en proposent tous les marchands de tableaux.

Tout artiste chevronné sait que ce que promet un marchand n'est jamais tenu si les acheteurs ne sont pas immédiatement au rendez-vous… Ils exigent le miracle. Les marchands ont d'autres artistes sous contrat. Si le succès se fait attendre, ils tergiversent, se défilent, traînent à remplir leurs promesses. Ils ont le temps pour eux, ils tiennent le peintre en laisse, il n'a qu'à peindre empocher les miettes consenties, s'en contenter sans murmurer. Le milieu artistique est un milieu féroce.

Machine guerre
Machines de guerre
Sylvie, en bonne Helvète, en protestante, en jeune fille naïve, n'appréciait pas ce pain de misère. Elle peignait lentement, remettant fidèlement les toiles superbes qu'elle produisait à son marchand qui lâchait les picaillons avec un élastique… accompagnant ses rares émoluments de belles paroles. Il ne parlait plus jamais du bel atelier promis.

Alors Sylvie, sur un coup de sang, fit un procès à son marchand, ce qui ne s'était jamais vu. L'artiste le gagna partiellement. Le tribunal contraignit la galerie à lui rendre les toiles, mais le peu de publicité faite à ce coup d'éclat ne la rendit pas célèbre pour autant, et, contrepartie cruelle son culot lui ferma toutes les autres galeries…

Bebe
La magnifique revue L'Œil qui faisait autorité en ce temps-là, consacra quelques belles pages à l'œuvre de Dubal, sans entraîner toutefois l'enthousiasme des marchands de tableaux ou des collectionneurs pour l'œuvre de l'artiste.

Le bouche-à-oreille lui permit de vendre quelques belles toiles à des amateurs amoureux de sa peinture, prêts à payer le prix élevé qu'elle exigeait.

Soutenue par sa famille Sylvie ne tenait pas à brader son œuvre. Donc elle la conserva, l'entassa, fut son unique collectionneuse. L'avantage, c'est que le superbe ensemble de tableaux de Dubal n'est pas dispersé.

Généreuse, loyale, enthousiaste, Sylvie Dubal se battait pour la réussite de ses amis, parfois seule contre tous. Elle achetait leurs œuvres, les recommandait à ses amis. Mais les peintres sont le plus souvent individualistes et jaloux. Rares furent ceux qui l'aidèrent en retour.

Face a face
Un jour, lassée par l'insuccès, Sylvie décida de changer la corde de son arc et se lança corps et âme dans l'écriture. Elle avait toujours écrit, des poèmes, des nouvelles, de courts essais, des pièces de théâtre.

La radio de Suisse romande s'intéressa à ses pièces radiophoniques, à son théâtre. L'artiste devint son propre producteur, louant de petites salles où ses présentations de grande qualité attiraient des amis et les amis de ses amis.

Mais dans ce domaine aussi Sylvie Dubal se révélait trop originale, trop en avance sur son temps.

BALBUZARD
Estimant son beau nom grillé, galvaudé par l'insuccès, déprécié dans de vaines tentatives, elle adopta un pseudonyme : Balbuzard.

Le nom d'un oiseau rare, à la sonorité magnifique, noble, mais un nom d'oiseau. Avant que Balbuzard s'impose comme poète, écrivain, littérateur, il faudra du temps, des œuvres reconnues, admirées, diffusées, que la renommée impose.

En attendant, voilà qu'en 2010, Sylvie Dubal édite chez L'Harmattan, La Dame de Sagne, un bouquet de nouvelles au style éblouissant, secrètes et parfumées comme la violette des bois et les fleurs des champs. Souhaitons-lui d'émouvoir les lecteurs sensibles à sa petite musique étrange, capables de s'aventurer à ses côtés à la découverte de son monde inattendu.

Oiseau
Sylvie Dubal que je connais depuis 1950 est un être merveilleux, fragile, féroce, cruel qui ne tuerait pas une mouche, ne briserait pas une branche, ne foulerait pas un brin d'herbe, mais capable par ses mots, par la violence de ses idées, de commettre un massacre universel, un génocide virtuel. Elle aime les bêtes bien plus que les hommes, les arbres davantage que les enfants, elle préfère les fous aux petits bourgeois sages, normaux bien propres sur eux mais sales dans leur tête !

Ainsi prit elle fait et cause pour Theodore Kaczynski, surnommé "Unabomber", un mathématicien surdoué, militant écologiste, qui combattit jusqu'au crime les adeptes du progrès illimité d'une société technologique inhumaine, destructrice de la liberté.

Cette prise de position m'a beaucoup choqué - sur le moment - et m'incita à lui écrire une lettre de réprobation. (voir ci-dessous).

En fait, Sylvie Dubal est un génie incapable de survivre sans révolte dans notre société de consommation, de gadgets. C'est une artiste impropre à l'immersion dans une société molle, médiocre, peuplée d'incultes. Elle aime vivre avec ses chats, son idéal, ses rêves. Son esprit se réfugie sur les hauteurs, très loin au-dessus des gouffres béants, là où l'air rare et pur permet d'entrevoir les étoiles.

Eacute;migrés
Émigrés
 
DOCUMENTS

 
Paris, le 11 septembre 2001
Ma chère Sylvie,

Ton appel téléphonique inopportun en pleine tragédie m'a cueilli à froid, au moment même où j'essayais de prendre des nouvelles d'un ami intime qui devait occuper son poste de direction au World Trade Center en ce début de semaine.

Ma réponse également inopportune, à la fois "instinctive" et "exagérée", te traitant de "complice" des terroristes exige de ma part des excuses.

Je te demande donc de me pardonner. Ce n'étaient que des mots, et ils ne pouvaient ni blesser, ni tuer.

Notre échange de propos de la semaine dernière montrait le fossé qui nous sépare. Pour moi l'Amérique est une nation qui a par deux fois aidé la France et l'Europe à se défendre. Comme la Serbie, les Etats-Unis sont des alliés. Quand on attaque l'une de ces nations, c'est comme si on m'attaque personnellement.

Je conçois qu'on ne puisse pas être d'accord sur un problème politique, mais que l'on transige avec un assassin ou un terroriste, que l'on admette l'assassinat aveugle et le terrorisme aveugle, c'est pour moi une lâcheté absolue.

Dans les heures difficiles que nos amis américains vivent et vont vivre, je suis parfaitement et complètement solidaire avec eux. Et je souhaite que leur riposte soit vive et rapide.

Voilà ! Je ne souhaite pas discuter sur des cadavres... Je ne suis pas un intellectuel, je suis un autodidacte, un pragmatique...

Ma main toujours amie
Marc
Strega
La Strega
 
SYLVIE DUBAL
Sylvie Dubal a bien de la chance: elle est persuadée que tout peintre, l'âge venu, débarque en Chine ! Je veux dire que la Chine l'attend au tournant!

Ça, c'est son enthousiasme qui lui fait rêver d'un autre espace, d'un monde possible, non duel et bien réel, terriblement réel. La preuve ? La peinture chinoise !

Encore fautil dérouler les précieux rouleaux dans le bon sens et ne pas prendre le dos pour la face peinte&nbp;!

Cézanne, qui fut le premier en occident à vivre cet espacelà, n'eut pas d'héritier. Par la suite le génie de Picasso s'employa à détruire au plus profond cette lumièrelà, brisant pour longtemps toute velléité d'un espace différent.

C'est que Cézanne vécut d'une violente passion une nature peu ruinée. Quel peintre peut encore se ressourcer aux choses, les toucher, les voir ?

L'amour amoureux que Sylvie Dubal voue à la nature  je dirai à l'herbe des champs, au vol d'un rapace... tant le mot de nature s'est déprécié dans le même temps où les hommes la conchiaient  est le chemin obligé de cet espace «chinois».

Au moment où le déclin de l'Europe se confirme, il est plaisant de constater que Sylvie Dubal, qui toujours fut hors des sentiers battus, se signale par ce rappel véhément et singulier d'un pari qui est d'apprendre à voir sans référence aucune. Apprendre à voir ? Non pas apprendre, mais VOIR.

Barbâtre

Barbatre
Barbâtre par Sylvie Dubal

Sylvie Dubal site officiel

 
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