PETITS MÉTIERS DISPARUS
Ambulants, Saisonniers, itinérants

Mercier anglais
Merciers anglais appelés «Marchands de bonheur»

 
PORTE-BALLES

Les merciers, «qui vendaient de tout et ne fabriquaient rien», formaient sous l'ancienne législation le troisième des six corps de marchands de la ville de Paris, mais, en importance, richesse et nombre, ils étaient à juste titre considérés comme le premier. Au-dessous de ces personnages ayant pignon sur rue et boutiques bien assorties, qui recevaient chez eux la plus aristocratique clientèle (au point qu'ils se plaignaient que leurs magasins fussent déserts lorsque la Cour quittait Paris), il existait une véritable armée de «porte-balles», courant la province avec leur assortiment sur le dos, ou, plus fréquemment, dans des boîtes qu'ils portaient devant eux.

Ces «mercelots», comme on les appelait, porteurs de balles remplies de mercerie, de peignes, de couteaux, d'épingles, etc., jouaient un rôle important, non seulement dans les transactions commerciales du pays, mais aussi dans la vie publique.

En venant chercher dans les grandes villes les marchandises qu'ils allaient répandre au loin, ils s'approvisionnaient également de nouvelles. Ils colportaient en outre, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les écrits défendus, les pamphlets, les images prohibées. Une bonne partie de l'œuvre de Voltaire n'eut pas d'autres agents de diffusion. L'importance de ces colporteurs se mesurait à la dimension du panier ou de la boîte dans laquelle ils serraient leurs marchandises. De là le proverbe, usité durant quatre siècles: «A petit mercier, petit panier.»

Au public je suis nécessaire,
J'ai tout ce dont il a besoin.
Voyez ce qui fait votre affaire
Et prenez un peigne du moins.

Le mercier
Un Mercier, par Nicolas Bonnart

FORCETIERS ET RÉMOULEURS

Le métier de «forcetiers et émouleurs de forces» semble avoir été d'importance. On voit ces artisans à côté des couteliers, occupés à un travail analogue, mais considéré comme inférieur. Les forcetiers faisaient surtout les grandes «forces», ciseaux à tondre. Quant aux «émouleurs», leur travail consistait à donner sur la meule le tranchant aux lames d'outils.

En 1407, il fallait être «forcetier» ou «coustellier» pour avoir le droit «d'émoudre» (affûter). Les maîtres pouvaient à leur choix forger des ciseaux ou des couteaux, affûter et vendre.

Plus tard, lorsque le métier passa entre les mains des couteliers, la catégorie des émouleurs ou rémouleurs ambulants, toujours très nombreuse, demeura distincte. La communauté avait son siège à Paris, mais les maîtres se rendaient dans toutes les villes du royaume. Il y avait trois jurés, dont l'élection offrait une disposition curieuse: chaque maître émouleur devait revenir à Paris tous les trois ans afin de voter, à peine d'une amende d'un marc d'argent. Quand il se trouvait trop loin, il envoyait, avant la fête de Saint-Jean-Baptiste, «excuse, voix et élection». Voilà un exemple bien ancien du vote par correspondance.

Les «rémouleurs à la petite planchette» tiraient leur nom de la petite planche qu'ils avaient sous les pieds et dont le mouvement faisait tourner la meule. Appelés aussi «gagne-petit», ces modestes ne fondèrent pas moins, au couvent des Augustines, une confrérie particulière, placée sous le patronage de la martyre à la roue, sainte Catherine.

Le rémouleur
Le petit rémouleur par Jean-Michel Grohon

FRIPIERS

Quand nos aïeux désiraient avoir un habit et qu'il leur était impossible d'attendre le bon vouloir des tailleurs, ils n'avaient d'autres ressources que d'en acheter un d'occasion chez les fripiers, Le «prêt à porter» ne se trouvait que là. Le prévôt de Paris enregistra leurs premiers statuts en 1268, époque qui les divisait en trois classes: les boutiquiers constituaient l'aristocratie du métier; les ambulants représentaient nos marchands de vieux habits; les étaliers, revendeurs de vieux linge et de vieux vêtements, étalaient leurs hardes le long du cimetière des Innocents, jusqu'au jour où Philippe le Hardi les en délogea pour faire construire une halle.

C'est au maître des fripiers, mandaté par le chambrier du roi, qu'il fallait acheter le droit d'exercer le métier, et il le vendait «à l'un plus, à l'autre moins, tant comme il luy sembloit bon». Son premier soin était d'établir la moralité du postulant. Si les renseignements étaient satisfaisants, ou s'il payait bien, il était admis à prêter serment, s'engageant, du moins pour la forme, à n'acheter ni à des voleurs, ni à des gens mal famés («ne en bordel, ne en taverne»), ni à des lépreux, ni à qui que ce fût, aucun objet mouillé ou sanglant, dont il ignorait la provenance, ni aucun ornement d'église. Tout contrevenant était déchu de sa profession «jusqu'à ce qu'il eût acheté de nouveau le droit de l'exercer». La peine n'était pas très sévère.

Les fripiers étaient astreints au service du guet, mais lorsqu'ils avaient une excuse à présenter, on exigeait que la femme du fripier, belle ou laide, vînt elle-même apporter au Châtelet les excuses de son mari. On voit tout de suite à quels dangers étaient exposées les jeunes épouses.

fripiers
Friperie : Le marchand de culottes

Les ambulants qui parcouraient les rues en criant leurs hardes, et qui spéculaient souvent sur le besoin d'argent des étudiants, avaient créé pour leur usage un petit marché à Saint-Séverin. Ils s'y réunissaient depuis six heures du soir jusqu'à la nuit; mais les fripiers en boutique demandèrent la suppression de ce marché qui leur faisait concurrence.

Au terme des statuts, confirmés et révisés en 1665, leur commerce pouvait s'étendre. non seulement aux étoffes, mais aux objets usagés de toute nature: dentelles, galons, tapisseries, fourrures, chapeaux, épées, etc. Ils étaient obligés de tenir un registre de tout ce qu'ils achetaient, en mentionnant pour chaque acquisition le nom du vendeur. Ils avaient aussi le droit de confectionner des vêtements neufs pourvu que le prix n'en dépassât pas dix livres.

Presque tous les fripiers étaient ou passaient pour juifs, et ils avaient la réputation de surfaire les prix à tel point, qu'on pouvait leur offrir le quart de ce qu'ils demandaient. On les accusait constamment de recel. On les soupçonnait aussi d'acheter au bourreau les défroques des suppliciés.

Régi par un syndic et quatre jurés, le métier était placé sous le patronage de la Trinité et de la Sainte-Croix. En outre, les fripiers avaient une confrérie à Saint-Roch, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas tous juifs. Leur marché se tint longtemps dans la rue Saint-Denis. En 1370, il fut transféré aux Halles.

«Le premier de mars, écrit un voyageur hollandais en 1657, nous vîmes la Friperie qui est auprès des Halles. C'est une grande galerie soutenue de piliers de pierre de taille, sous laquelle logent tous les revendeurs de vieilles nippes. A toute heure qu'on y passe, on est ennuyé de leurs cris continuels, d'un bon manteau de campagne, d'un beau justaucorps... On ne saurait croire la prodigieuse quantité d'habits qu'ils ont; mais il est dangereux d'en acheter si l'on ne s'y connaît bien, de peur d'être trompé...»

Car ces «chand's d'habits» avaient une merveilleuse adresse à regratter, à rapiécer ce qui était hors d'usage, et à présenter les nippes sous un jour où taches et couleurs se fondaient.

BOISETIERS ET BALAISIERS

Autrefois, dans le Bocage normand, les «boisetiers» tournaient de la vaisselle de bois à l'usage des viIlageois; ils confectionnaient écuelles, jattes, cuiIlers, poivrières, pelles à four et à marc. Ces produits trouvaient dans le pays et les contrées voisines un écoulement facile. Dans le Maine, quelques boisetiers débitaient eux-mêmes leur vaisselle, au lieu de la vendre en gros, Élevée en pyramide sur une hotte d'osier, ils la promenaient à dos, en criant d'une voix traînante: Boisterie! Boisterie! oui! oui!, au grand plaisir de la marmaiIle qui les suivait en répétant leur mélopée.

Marchande de balais
Marchande de Balais

Dans la Sarthe, le boisetier devenu vieux laçait des paniers ou se mettait à fabriquer des épingles à linge, qui n'étaient que des ramiIles de chêne un peu plus grosses que le doigt, longues de treize centimètres, fendues en forme de V. On les appelait «jouettes» dans le pays. Cent jouettes valaient un franc. Quand le boisetier allait les vendre à la ville, la ficelle qui servait de ruban à son chapeau portait une couronne de sa marchandise, et il chevrotait: Epingles! Epingles!

Les «balaisiers» normands se rendaient dès le matin dans la lande pour y arracher des touffes de bruyère, Ils colportaient eux-mêmes leurs balais et en approvisionnaient toutes les ménagères de la contrée. Le surplus se vendait dans les villes. A Paris, des marchands ambulants vendaient les balais qu'ils avaient fabriqués dans les forêts voisines. Mes beaux balais! criaient-ils, mes beaux balais! D'autres portaient un assortiment de plumeaux suspendus à leur boutonnière, et plusieurs grands balais chargés sur les épaules. Ils criaient: Des balais! eh! l'marchand de balais! ou bien: Faudra-t-il des balais?

DÉGRAISSEURS

Dégraisseur
Dégraisseur ou maletachier

Une boue infecte, sur la composition de laquelle il vaut mieux ne pas insister, envahissait les rues médiévales. La boue de Paris était célèbre; un proverbe disait: «Vérole de Rouen et boue de Paris ne s'en vont qu'avec la pièce.»

De plus, comme on mangeait avec les doigts, les sauces dégoulinaient sur les habits. Aussi les vendeurs ambulants avaient-ils beau jeu de crier cette fameuse terre «à foulons» employée dans l'Antiquité: Terre à laver pour dégraisser! L'un d'eux, connu sous le nom de «crieur de maletache» (mauvaise tache), a occupé les esprits. Brossette s'est donné beaucoup de peine pour expliquer ce que pouvait signifier ce mot; il finit par déclarer qu'on nommait ainsi le fripier ou le dégraisseur qui «levoit les taches».

Viollet-le-Duc est plus près de la vérité quand il dit que le terme désigne une «pierre à détacher, ou un savon à dégraisser», inventés par le fripier Martin, et analogues aux ingrédients de même nature que l'on vendait encore dans les rues et sur les places publiques jusqu'au XIXe siècle dernier.

Cependant, la male-tache n'était ni une pierre ni un savon. Parmi les gravures du XVIe siècle conservées à la Bibliothèque de l'Arsenal, figure un «crieur de male-tache». Il porte à la main droite une bouteille à gros ventre et, de la gauche, il tient un bâtonnet qui servait sans doute à frotter l'étoffe. Les dégraisseurs ambulants eurent la vie longue: des documents nous prouvent qu'ils nettoyaient les vêtements dans les rues jusqu'à la Belle époque.
 

BARBIERS

Barbier
Barbier de plein air sous Henri IV

Les barbiers de la Renaissance allaient dans les villages et sonnaient de la trompe pour avertir ceux qui voulaient se faire raser. Des coutumes analogues existaient un peu partout en Europe, surtout en Espagne; dans les romans d'aventures, on voit souvent figurer des barbiers qui, comme Figaro, parcouraient philosophiquement le pays, «riant de leur misère, et faisant la barbe à tout le monde».

Au XVIIIe siècle, ils se faisaient souvent payer en nature: trois œufs pour une barbe, un fromage pour deux barbes, etc. Avant la Révolution, beaucoup de figaros français allaient exercer leur métier à l'étranger, si bien que Mercier pouvait dire: «Rasoir en poche, cette horde de barbiers à la main leste, race menteuse, effrontée, vicieuse, Provençaux ou Gascons pour la plupart, a inondé l'Europe.»

Leur apprentissage consistait d'abord à savonner les joues et le menton du client, que rasait ensuite le patron ou le garçon en titre. Lorsqu'ils avaient du maniement du rasoir une expérience suffisante, on offrait à de pauvres gens la «barbe gratuite», ce qui entamait quelque peu leur épiderme, mais permettait à l'apprenti de se faire la main.

Jusqu'au début du dix-neuvième siècle, le barbier faisait également fonction de chirurgien ou d'arracheur de dents et cette coutume se perpétua autour du Bassin méditerranéen jusqu'au début du XXe siècle.

CHAUDRONNIERS, ÉTAMEURS, CALEBASSIERS
Chaudronnier
Chaudronnier, étameur

Au début du XVIe siècle, on distinguait plusieurs catégories de chaudronniers: les «grossiers» qui ébauchaient l'ouvrage, les «planeurs» qui l'achevaient, les faiseurs d'instruments de musique, et enfin les «chaudronniers au sifflet» qui traversaient les campagnes en se servant d'un sifflet antique pour avertir les habitants et les inviter à leur apporter les ustensiles à raccommoder ou les vieux cuivres à vendre.

Selon Lecoeur, l'Auvergne partageait avec le Bocage normand le privilège de fournir la France des meilleurs chaudronniers, fondeurs de cuillers, étameurs, raccommodeurs de vaisselle et fabricants de soufflets. Beaucoup moins estimés étaient les étameurs de casseroles, en même temps fondeurs de cuillers de plomb ou d'étain. Ils voyageaient avec femme, enfants, père, mère, suivis d'un petit chien ou d'une grande chèvre, un peu à la façon des bohémiens.

Réparateur de soufflets
Réparateur de soufflets

Ils montaient habituellement leur établissement devant la mairie, le presbytère ou l'église, et couchaient souvent à la belle étoile. Ils raccommodaient aussi les vieux soufflets ou les échangeaient contre des neufs.

Quant aux «calebassiers», c'étaient les plus modestes de tous les fondeurs. Eux aussi allaient d'un village à l'autre, pour fondre directement, sous les yeux du client, des poids d'horloges ou de balances, des barreaux de grilles ou des «dragées à giboyer». Leur outillage se composait simplement d'une casserole garnie d'argile, servant de creuset, et d'une portion de poêle d'appartement, faisant fonction de «tour de feu». Le vent était donné par deux petits soufflets à la main, dont les buses se réunissaient dans le fer d'une même tuyère.

RACCOMMODEURS DE FAžENCE ET DE PORCELAINE

Raccomodeur de faience
Racommodeur de faïence par Atget

Il n'y a pas encore si longtemps, leur appel retentissait dans toutes les villes de France, et plus d'un se rappelle ces petits artisans qui circulaient dans les rues en portant une boîte en bois contenant leurs outils et sur laquelle ils s'asseyaient pour effectuer leur travail.

Le raccommodage de faïence au moyen d'attaches en fil de fer passe pour dater du commencement du XVIIIe siècle et avoir été inventé par un sieur Deslisle, originaire de Montjoie en Basse-Normandie. Cette invention causa un scandale. Les fabricants jetèrent les hauts cris: réparer le faïence, c'était en diminuer la vente. Les bourgeois s'unirent alors aux raccommodeurs, firent valoir les avantages de l'opération pour chaque particulier, et obtinrent un jugement qui évinça les fabricants. La porcelaine se réparait avec un mastic composé de céruse et de blancs d'oeufs, jusqu'à l'application des colles fortes, qui eurent raison de cette petite industrie.

SOURCIERS

Sourcier
Chercheur de minerai

La tradition affirme que la baguette divinatoire est originaire des montagnes du Harz. Elle fut employée pour la recherche du minerai avant de devenir l'instrument des sourciers. William Pryce rapporte que le premier inventeur de la «virgila divinatoria» fut pendu en Germanie comme escroc et imposteur.

D'après Agricola, «l'application de la baguette enchantée aux recherches métalliques était une pratique de magiciens».

Notons le fait que la municipalité de Bombay nomma en 1926 un sourcier officiel, et qu'en Angleterre, en France, en Amérique, il n'est pas rare, même de nos jours, de faire procéder au percement d'un puits à l'endroit indiqué par un sourcier. En Allemagne, le «rutenganger» est très demandé; il se sert de baguettes d'acier ou d'aluminium, et ses découvertes de sources ont éveillé à maintes reprises la curiosité des chercheurs. Aujourd'hui les «avions renifleurs» et des procédés de prospection modernes ont remplacé la baguette du sourcier, mais il n'est pas rare que la recherche traditionnelle trouve de l'eau où la géodésie a fait chou blanc. Pourquoi, sans cela, la Ville de Paris conserverait-elle à son service un sourcier ?
 

PEIGNEURS DE CHANVRE

De toutes les industries de montagne, la plus caractéristique était bien celle des peigneurs de chanvre (ou pignards) du Bugey, dont un grand nombre venaient de Belley dans l'Ain.

Chaque année, ils quittaient leur pays pour se diriger vers les départements de la Sarthe, de la Meurthe, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, où l'on semait beaucoup de chanvre. Cette émigration se faisait par petites bandes, composées d'un chef et de deux compagnons. Ces derniers travaillaient pour le compte du chef, qui se chargeait de leur nourriture et leur donnait un salaire proportionné à leur habileté à isoler les fibres textiles en détachant les chènevottes. Environ 2.000 d'entre eux venaient de l'arrondissement de Belley, mais l'arrondissement de Nantua fournissait le gros de la troupe : 4 à 5.000 individus.

Chanvre
Récolte de chanvre

Presque tous les domestiques des cultivateurs, et même ceux des maisons bourgeoises, se réservaient dans leurs engagements les mois d'émigration, ce qui s'appelait dans le pays «retenir son peigne». Ils partaient dans les derniers jours de septembre ou au commencement d'octobre, et revenaient ordinairement à la Noël. Les plus tardifs étaient rentrés «aux Rois».

Ces peigneurs, après quelques folles dépenses de cabaret et quelques emplettes d'habillement, rapportaient dans leurs foyers les deux tiers de leurs gages, une somme de 60 à 90 francs qui leur permettait souvent d'agrandir le champ paternel. A leur retour, loin de se reposer, ils fabriquaient des outils, des articles de boissellerie, et faisaient notamment de très belles fourches à quatre branches garnies de cornes de mouton.

A la fin de mars, quelques ouvriers émigraient encore une fois pour aller peigner le chanvre, mais ils n'allaient que dans les départements voisins et leur absence ne durait qu'un mois. Dans le milieu du XIXe siècle, les économies totales de ces peigneurs étaient évaluées par Riboud à 430.000 francs (or).

Dans leurs pérégrinations, ils usaient d'une langue secrète, le «belo», Ce n'est pas là un exemple isolé d'un parler propre à une corporation. Bien des dialectes furent inventés pour déjouer la curiosité de l'étranger. En langage belo, eau-de-vie se disait «bran de paille», lait: «collant», feu: «roubic», ce qui ne manque ni d'accent ni de couleur. Malheureusement, le Haut-Bugey s'est dépeuplé avec une rapidité effrayante et personne ne parle plus le belo.

Des peigneurs de chanvre se spécialisèrent en devenant fretteurs chargés de séparer les fibres de chanvre du bois (teiller) pour en fabriquer des filasses destinées aux cordages. Dans les corderies royales on les appelait espadeurs leur savoir-faire consistant à débarrasser la filasse de chanvre de la chènevotte, sa partie ligneuse.

Racommodeur de soufflets
Racommodeur de soufflets


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