Recueil de citations et de définitions amusantes, curieuses, bêtes, impertinentes, sentencieuses, bizarres, sottes, paradoxales, intelligentes, cocasses, voire incompréhensibles ou méchantes, attribuées à nos auteurs, philosophes, anonymes, savants, inconnus, hommes politiques ou vedettes "people"
Portraits-charges

Abélard : N'avait aucune chance de se faire rembourser. (Max Favalelli)
Absolu : Tout est relatif, et cela seul est absolu. (Auguste Comte)
Abstinent : Personne faible qui cède à la tentation de se refuser un plaisir. (Ambrose Bierce)
Absurdité : Affirmation manifestement incompatible avec sa propre opinion. (Ambrose Bierce)
Abus : Mettre à sa femme un antiviol est un abus de pouvoir. (José Artur)
Académie Française : Le moins viril des eunuques a quand même réussi à se faire élire membre de l'Académie française. (Topor)
Ils sont là quarante, qui ont de l'esprit comme quatre. (Alexis Piron)
Académie : Le commun des immortels ! (Jules Renard)
Accouchement : La mère a senti les premières douleurs. On n'appelle jamais le médecin. On a rarement recours à la sage-femme. Le plus souvent, une bonne femme préside à l'accouchement. Elle connaît des herbes et sait bander un ventre. Pendant qu'elle opère, d'autres regardent. C'est un motif de réunion. Pour ne pas effaroucher la malade, elles ont quitté leurs sabots en entrant. Cela se passe bien. La mère ne fait guère plus de manières qu'une vache. (Jules Renard : Journal)
Ð Madame, dit une dame mûre à une jeune dame pour la rassurer, quand j'accouche, c'est comme si je faisais un gros caca. (Jules Renard : Journal)
Accouplement : Exercice qui se commence à deux et qui, quelquefois, chance, malchance, maladresse ou erreur de calcul, peut se finir à trois, à quatre, à cinq, etc., et même à sept en cas de quintuplés. (Fred Allen)
Acte d'amour : L'acte d'amour, c'est la perversion polymorphe du mâle. (Lacan)
L'acte sexuel est une action dont tous les hommes, partout et de tout temps ont intimement honte et qu'ils dissimulent pour cette raison, au point qu'ils préféreraient presque être pris en train de commettre un crime plutôt que d'être pris sur le faitÉ On ne pourra le plus souvent penser à cet acte qu'avec une répugnance, quand ce n'est pas avec horreur. (Schopenhauer)
Condensé en quelques secondes comme un feu d'artifice, l'acte sexuel est en quelque sorte le fruit très exquis et la récapitulation de toutes les déceptions esthétiques ou érotiques. Ce délice de camelote, cette sublimité de pacotille, ce paradis pas cher, représentent sur le momentÉ le centre de l'univers et de l'éternitéÉ et après coup la bagatelle la plus dérisoire. Nos dégoûts post coïtum n'expriment-ils pas cette vanité démentant cet absolutisme? (Jankékévitch)
Action : En cherchant bien, l'on trouverait à la plupart des bonnes actions des circonstances atténuantes. (Sacha Guitry : Toutes réflexions faites)
Administration : L'administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l'escalier ceux qui partent en avance. (Georges Courteline)
Admiration : L'admiration est un sentiment qu'on éprouve quand on se regarde devant un miroir. (Pierre Véron)
Admirer : Admirer c'est s'annuler. C'est se mettre à la place d'un autre. (Jean Cocteau)
Adolescent : Personne qui se conduit comme un bébé lorsqu'on ne le traite pas comme un adulte. (Pierre Desproges)
Adresse : Pour entrer chez vous, une seule adresse : la vôtre ! (Francis Blanche)
Adultère : Est adultère celui qui est trop ardemment amoureux de sa femme. (Saint Augustin)
The wrong man in the right place. (Réjane)
Affaire : acheter toutes les femmes au prix qu'elles valent et les revendre au prix qu'elles s'estiment. (Jules Renard)
Les affaires sont les affaires, et réciproquement ! (Pierre Dac)
Les affaires, c'est l'argent des autres. (Alexandre Dumas fils)
Les affaires sont comme les poules : elles ne sont jamais aussi saines que quand elles doivent gratter le sol pour picorer. (Henry Ford)
Les affaires sont un mélange de guerre et de sport. (André Maurois)
Affection : Le plus grand amour peut très bien aller sans l'affection. Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes. (Paul Léautaud)
Africain : Voyant un Africain manger du pain blanc, Diogène s'écria: «Voilà que la nuit étouffe le jour !» (Diogène Laërce)
Agnostique : Homme cultivé qui ne prétend pas savoir ce dont des gens incultes sont absolument certains. (Abbé Vincent)
Aigle : Deux dindes ne font pas un aigle. (Vic Gundotra)
Aimer : Aimer et être aimé m'était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l'être aimé. Je souillais donc la source de l'amitié des ordures de la concupiscence; j'en ternissais la pureté des vapeurs infernales de la débauche. (Saint Augustin)
«Je n'aime que ce qui me ressemble.» (Roger Martin du Gard) in Maria Van Rysselberghe Cahiers de la petite dame Ð 1929.
«Je n'aime que ce qui diffère de moi.» (André Gide) in Maria Van Rysselberghe Cahiers de la petite dame Ð 1929.
Alexandre-le-Grand : «Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène.»
Aliments : Les Italiens qui vivent beaucoup d'herbages sont efféminés et vous autres Anglais, grands mangeurs de viande, avez dans vos inflexibles vertus quelque chose de dur et qui tient de la barbarie. Le Suisse, naturellement froid, paisible et simple, mais violent et emporté dans la colère, aime à la fois l'un et l'autre aliment, et boit du laitage et de vin. Le Français, souple et changeant, vit de tous les mets et se plie à tous les caractères. (Jean-Jacques Rousseau)
Allemands : «Dans toutes les choses que j'ai étudiées, j'ai toujours été frappé de la supériorité de l'intelligence et du travail allemand. Il n'est pas étonnant que dans l'art de la guerre, qui est après tout un art, inférieur, mais compliqué, ils aient atteint à cette supériorité, que je constate dans toutes les choses, je vous le répète, que j'ai étudiées, que je sais... Oui, Messieurs, les Allemands sont une race supérieure !» (attribué à Ernest Renan in Journal des Goncourt Ð 1870)
«Tuez, massacrez tout! Il n'y a pas un Allemand innocent! Ni parmi ceux qui vivent ni parmi ceux qui naîtront demain. Suivez l'ordre du camarade Staline. Écrasez pour toujours la bête fasciste dans son repaire! Violentez l'orgueil racial des femmes de Germanie! Emparez-vous d'elles comme d'un butin légitime! Tuez, soldats intrépides de l'Étoile rouge!» (Ilya Ehrenburg - Membre du Comité directeur du Conseil mondial de la paix Appel aux soldats russes lors de leur entrée en Allemagne)
Allumettes
Camille. Ð Tâche donc de me rapporter des allumettes qui aillent.
Calinot remonte avec des allumettes.
Camille. Ð Cré mâtin ! elles ne vont pas tes allumettes !
Calinot. Ð C'est bien drôle, ça; je les ai toutes essayées !Altruisme : C'est le contraire de l'égoisme. (Alain)
Amateur d'art : Je me suis aperçu qu'il y a beaucoup d'amateurs d'art mais qu'aucun n'aurait le courage d'avouer qu'il n'y connaît rien. (Nijinsky Journal)
Âme : Lorsque l'âme dit "Ah !" ce n'est déjà plus l'âme qui parle. (Schiller)
«Ame», c'est bien là le mot qui a fait dire le plus de bêtises. Quand on pense qu'au XVIIe siècle des gens sensés, de par Descartes, refusaient une âme aux animaux ! Outre l'ineptie qu'il y avait à refuser à d'autres êtres une chose dont l'homme n'a pas la moindre idée, il eût autant valu prétendre que le rossignol, par exemple, n'a pas de voix, mais, dans le bec, un petit sifflet fort bien fait, acheté par lui à Pan ou à quelque autre Satyre, bibelotier de la forêt. (Jules Renard)
Ami : Se dit d'une personne de sexe masculin qui a ce "je ne sais quoi" qui empêche toute envie de finir dans un lit avec lui. (Pierre Desproges)
Amie : Se dit d'une personne du sexe féminin, qui possède un "je ne sais quoi" qui te fait venir une envie folle de finir dans un lit avec elle. (Pierre Desproges)
Amie : Personne qui sait tout sur vous et vous aime bien quand même.
Camarade du sexe opposé doté de quelques imperfections physiques rendant toute envie de coucher avec lui(elle) totalement impensable.
Camarade du même sexe avec qui l'on concubine.
Mes chers amis, il n'y a pas d'amis. (Aristote)
Il y a des amis. Il n'y a pas de vrais amis. (Jules Renard)
Un ami ressemble à un habit. Il faut le quitter avant qu'il ne soit usé. Sans cela c'est lui qui vous quitte. (Jules Renard)
Amie : Se dit d'une personne de sexe féminin, qui possède "un je ne sais quoi" qui te fait venir une envie folle de finir dans un lit avec elle. (Philocrite)
Amis fidèles : Une vieille épouse, un vieux chien et de l'argent liquide Ð voilà trois amis fidèles. (Benjamin Franklin)
Amitié : Mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble. (Jules Renard)
Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour. (Jules Renard)
L'amitié de deux hommes est l'amitié de deux âmes. (Roger Peyrefitte : Les Ambassades)
Amour : Mot de cinq lettres, trois voyelles, deux consonnes et deux idiots. (Philocrite)
Amour. Sentiment qui a survécu au romantisme et au bidet. (Cioran)
L'amour c'est comme un essuie-glaces, ça permet d'avancer mais ça n'arrête pas la pluie ... (Tamazight (blogueur kabyle)
L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas. (Lacan)
Édans l'amour, un mari peut faire à sa femme toutes les cochonneries possibles sans la dépraver, mais à la condition de ne pas lui demander la réciprocité. (Edmond de Goncourt : Journal 1889)
L'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches. (Louis-Ferdinand Céline)
L'amour c'est de la physique. Le mariage c'est de la chimie. (Alexandre Dumas fils)
L'amour est ce qu'on a encore inventé de mieux pour remplacer l'insémination artificielle ! (Woody Allen)
L'amour qui ne ravage pas n'est pas l'amour. Un tison répand-il la chaleur d'un brasier? Nuit et jour, durant toute sa vie, le véritable amant se consume de douleur et de joie. (Omar Khayyam)
L' amour. Ce n'est pourtant que le frottement d'un boyau, et l'éjaculation, avec un certain spasme, d'un peu de morve. (Marc Aurèle)
L'amour ! Alors on aime un appareil respiratoire,Êun tube digestif, des intestins,Ê des organes d'évacuation, un nez qu'on mouche,Ê une bouche qui mange, une odeur corporelle ?ÊSi on pensait à cela,Ê comme on serait moins fou ! (Paul Léautaud Passe-temps)
L'amour , c'est le physique, c'est l'attrait charnel, c'est le plaisir reçu et donné, c'est la jouissance réciproque, c'est la réunion de deux êtres sexuellement faits l'un pour l'autre. Le reste, les hyperboles, les soupirs, les "élans de l'âme" sont des plaisanteries, des propos pour les niais, des rêveries de beaux esprits impuissants. (...)" (Paul Léautaud Propos d'un jour)
Quand on aime, le bouton de fièvre sur la lèvre de l'être aimé est une perle d'amour; quand on n'aime plus, le grain de beauté même devient bubon ! (Pierre Genève)
«Certainement, l'amour peut aller sans l'affection. Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.» (Paul Léautaud : Journal)
Amour (Acte d') : L'acte d'amour, c'est la perversion polymorphe du mâle. (Lacan)
Amour (Faire l') : «Certainement, faire l'amour est l'occupation la plus agréable de la vie, mais faire l'amour pour avoir des enfants, c'est répugnant.» (Paul Léautaud : Journal)
Paul Léautaud Amour (grand) : Le plus grand amour peut très bien aller sans l'affection. Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes. (Paul Léautaud : Journal)
Amour de la chair : La tendance à ce plaisir qu'on appelle amour de la chair est une souillure de l'humanité en sa propre personne... C'est ce que chacun reconnaît dès qu'il y songe et cela suscite envers cette pensée une telle répugnance, que l'on tient même pour immoral d'appeler un tel vice par son nom, chose qui n'a point lieu s'il s'agit du suicide, que l'on n'hésite nullement à exposer. (Kant)
Amour maternel : A la montée du lait commence l'amour maternel. (André Gide Journal)
Amour du prochain :
Il l'emparouille et l'endosque contre terre;
Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle;
Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de luiÉ
(Henri Michaux)Amoureuse : Quand une femme tombe amoureuse d'un homme, elle devient son esclave, elle le mange, elle le dévore, elle lui lèche le cul, elle lui suce la queue, elle avale son sperme. Lorsque l'amour s'en est allé, tout la dégoûte en lui, même son amour pour elle. (Pepe Larista)
Amoureux : Celui qui passionnément amoureux devient inévitablement aveugle aux défauts de l'objet aimé, bien qu'en général il recouvre la vue huit jours après le mariage. (Kant)
Anarchie : L'anarchie est la condition d'existence des sociétés actuelles, comme la hiérarchie est la condition des sociétés primitives. (Pierre Joseph Proudhon)
Ancêtres : Nos ancêtres habitaient dans des huttes: ils n'avaient pas d'habits, pas de chemise, rien qu'un trou pour laisser passer la fumée. (Les Cancres : Jean-Charles)
Les femmes chantaient et dansaient autour du feu tandis que les membres virils de la tribu battaient la mesure en cadence. (Les Cancres : Jean-Charles)
Âne : J'aime mieux un âne qui est bien un âne qu'un âne qui fait la roue avec ses diplômes. (Paul Léautaud)
Anglais : La viande crue rend les animaux féroces; les hommes le deviendraient par la même nourriture. Cela est si vrai que la nation anglaise, qui ne mange pas la chair si cuite que nous, mais rouge et sanglante, paraît participer de cette férocité. (La Mettrie)
Anguille : L'anguille n'est ni mâle ni femelle et n'engendra à partir d'elle-même aucun produit. (Aristote)
Animal : Les animaux sont des hommes, à moins que ce ne soit le contraire. (Schopenhauer)
En Occident, l'homme ne reconnaît plus ses frères, il a la folie de croire que les animaux diffèrent foncièrement de lui, et, pour s'entretenir dans cet égarement, il les appelle des bêtes ; il applique, quand il s'agit d'eux, des noms injurieux à toutes les fonctions vitales qu'il a en commun avec eux; il les déclare hors la loi et s'élève violemment contre l'évidence qui lui montre qu'eux et lui sont d'essence identique. (Schopenhauer)
Anthropophage : Quand on a goûté à des entrailles humaines hachées parmi d'autres provenant d'autres victimes sacrées, il est fatal qu'on soit mué en loup. (Platon)
Antisémite : Être antisémite, c'est une opinion. Cette opinion est devenue un crime, comme quelques autres. Condamnation. Si les juifs sont un jour les maîtres, cela deviendra peut-être un crime d'aller à la messe. (Léautaud : Journal littéraire Ð 1946).
Antisémitisme : Le jeune Saillet, le commis de la librairie Adrienne Monnier, me disait ce soir que des juifs, des « juifs très bien », ne sont pas eux-mêmes, sans inquiétudes devant l'envahissement de la plupart des postes plus ou moins gouvernementaux par des juifs, lequel envahissement a déjà créé un antisémitisme muet pour le moment, mais qui pourrait bien devenir un jour actif et agressif. En un mot, une maladresse, un manque de mesure qui pourrait coûter cher à tous les juifs. (Léautaud : Journal littéraire Ð 1947).
Aragon (Louis) : Je dis que je ne porterai jamais plus l'uniforme français, la livrée qu'on m'a jetée il y a onze ans sur les épaules; je ne serai plus le larbin des officiers, je refuse de saluer ces brutes et leur insignes, leur chapeau de Gessler tricolore... J'ai bien l'honneur chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire très consciencieusement : je conchie l'armée française dans sa totalité. (Louis Aragon : Traité du style écrit en 1927)
Arc-en-ciel : Echarpe du tonnerre. (Jules Renard)
Archéologue : Meilleur mari qu'une femme puisse espérer: plus elle vieillit, plus il s'intéresse à elle. (Agatha Christie)
Architecte : Se dit d'une personne qui n'est pas suffisamment macho pour être ingénieur, ni assez pédé pour être styliste. (Pierre Desproges)
Variante : Pas assez macho pour être ingénieur, pas assez gay pour être designer. (Pierre Genève)
Argent : L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières. (Woody Allen)
L'argent ne possède d'autres qualités que sa quantité. (Georg Simmel)
Si, au lieu de gagner beaucoup d'argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d'argent ? (Jules Renard)
Trop dépensé : il s'agit, non pas de gagner beaucoup d'argent, mais de dépenser peu. (Jules Renard)
Vous faites bien d'amasser de l'argent pendant votre vie: on ne sait ce qui arrivera après la mort. (Montesquieu)
« (É) commencer la vie avec beaucoup d'argent est une erreur, mais nous ne le savions pas. La fortune nous joue bien des mauvais tours : le pire, c'est de nous permettre de réaliser nos rêves. Or les rêves, et surtout ceux des jeunes gens, sont généralement idiots.(...) » (Paul Morand: Mes débuts)
Arme : La seule arme que je supporte, cÕest le tire-bouchon (Jean Carmet)
Armure : Genre de vêtement porté par celui qui prend un forgeron pour tailleur. (Ambrose Bierce)
Arriviste : Futur arrivé (Jules Renard)
Art : Et l'art ? «Qu'est-ce que l'art ?» s'est demandé Tolstoï. On vous dira qu'il était à la veille de la démence. Moi j'ai toute ma raison. Qu'est-ce que l'art ? L'action d'embellir, de tromper, l'ennemi du naturel. Je suis pour le naturel, sans aucun embellissement. Je hais l'art, le mot et la chose. (Paul Léautaud Journal Ð 1955).
L'art est l'antithèse directe de la démocratie. (George Moore Confession d'un jeune Anglais).
L«art ne restitue pas le visible, il rend visible. (Paul Klee)
Artiste : L'artiste est celui dont le goût va plus vite que le talent. (Jules Renard)
En toute franchise si un artiste admirait les autres artistes, il ne s'acharnerait pas à devenir différent d'eux. (Jean Cocteau: Le Passé défini Ð 1957)
Astronomie : Ne pourrait-on pas se figurer que la terre, aussi bien que Saturne, a eu autrefois un anneau? [...] Cet anneau était formé sans aucun doute de vapeur d'eau; et outre l'avantage qu'il pouvait procurer aux premiers habitants de la Terre, on trouve encore celui de le faire se briser en cas de nécessité, pour châtier par des inondations le monde qui s'était rendu indigne d'une telle bonté. (Kant)
Athée : Il n'appartient qu'à l'honnête homme d'être athée. (Diderot)
Vous me demandez si je suis athée ? Je suis plus intéressé par notre vin d'ici que par leur au-delà! (Francis Blanche)
Atomes : Le pis, c'est que le fondement général de toutes les théories chimiques, la théorie des atomes, est l'hypothèse la moins prouvée et la moins susceptible de l'être jamais. Jamais chimiste n'a vu un atome. (Ernst von Haeckel)
Auditeur : Type qui arrive après la bataille et piétine les blessés. (Auguste Detuf : Propos d'un confiseur).
Auteur : Écrivain ayant un bon ami éditeur. (Attribué à Gide).
Auto : Petit animal métallique qui pète mauvais et dont les yeux s'allument la nuit pour éblouir les passants. (Henry Espinouze).
Autobus : Véhicule qui roule deux fois plus vite quand on court après que lorsqu'on est assis dedans. (Dico de Desproges et Coluche)
Autodidacte : Inculte cultivant avec bonheur les arts et les sciences sans les avoir appris dans une école. (Philocrite).
Dieu n'a créé que le ciel et la terre l'autodidacte s'est créé lui-même. (Auguste Detuf : Propos d'un confiseur).
Automobiliste : On peut prendre un sens interdit à condition que ce soit en marche arrière. (Philippe Mignaval : Sottisier du permis de conduire).
On ne peut doubler dans une courbe que si elle est droite. (Philippe Mignaval : Sottisier du permis de conduire).
Si on provoque un accident, on doit rester sur place et ne pas supprimer les témoins. (Philippe Mignaval : Sottisier du permis de conduire).
Autorité : Celui qui arrive après la bataille et prend en charge les blessés. (Philocrite)
Auto-stoppeuse : Jeune femme généralement jolie et court vêtue qui se trouve sur votre route quand vous voyagez avec votre femme. (Georges Duclair)
Avenir : Ce qui n'est pas encore. (Saint Augustin)
En un sens plus profond : ce qui est à venir. (Jankélévitch)
Avocat : Personne qui écrit un document de 10.000 mots et l'intitule "Sommaire". (Franz Kafka).
Avoir : Ce n'est pas ce qu'on a eu qui compte, c'est ce qu'on n'a pas. (Paul Léautaud).
Baby-sitter : Adolescent(e)s devant se conduire comme des adultes de façon à ce que les adultes qui sortent puissent se comporter comme des adolescents. (Dico de Desproges et Coluche)
Bagnole : Vieille auto dont toutes les pièces font du bruit sauf la radio. (Anonymus)
Baiser : Je rêvais en marchant à celle que j'allais voir... au baiser qui m'attendait à mon arrivée. Ce seul baiser, ce baiser funeste, avant même de le recevoir, m'embrasait le sang à tel point que ma tête se troublait, un éblouissement m'aveuglait, mes genoux tremblants ne pouvaient me soutenir; j'étais forcé de m'arrêter, de m'asseoir; toute ma machine était dans un désordre inconcevable : j'étais prêt à m'évanouir. (Jean-Jacques Rousseau)
Si je voulais dégoûter un jeune homme du tabac, je le mènerais dans quelque tabagie de Regensten ; de même, si je veux qu'une jeune fille prenne les fiançailles en aversion, je n'ai qu'à l'introduire ici. Seuls y fréquentent des fiancés [...]. J'arrive avec Cordelia en ce lieu de vacarme pour lui donner la nausée de ces vulgaires privautés, de ces grossièretés de rustres amoureux. Toute la soirée, on entend sans relâche un bruit analogue à celui d'un tue-mouches opérant à la ronde: ce sont les baisers de nos gens. (Kierkegaard)
Balzac : Balzac est peut-être le seul qui ait eu le droit de mal écrire. (Jules Renard)
Bander : Pour bander à volonté, frottez-vous la queue avec du poivre broyé dans du miel. (Démocrite)
Banquier : Le banquier est quelqu'un qui vous prête son parapluie quand le soleil brille et le reprend dès qu'il se met à pleuvoir. (Mark Twain)
Personne qui serait d'accord pour vous consentir un prêt à la condition que vous lui apportiez la preuve que vous n'en avez pas besoin. (Dico de Desproges et Coluche)
Homme secourable qui vous prête un parapluie quand il fait beau et vous le réclame dès qu'il commence à pleuvoir.
Pierre Desproges Banville (Théodore de) : Banville me paraît ressembler à ce monsieur, qui, lorsqu'on lui faisait manger du turbot, y cherchait et y trouvait un goût de buf, et cherchait et trouvait un goût de turbot, lorsqu'on lui faisait manger du buf. (Edmond de Goncourt: Journal - 1888)
Barbarie : Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. (Montaigne)
Bas-ventre : Le bas-ventre est la partie du corps la plus vile : celle qui empêche l'homme de se considérer comme un dieu. (Nietzsche)
Bataille (Georges) : Après la perte de la foi de l'enfance, tout s'effondra et le voilà [Bataille] devant nous comme un veuf inconsolable qui se livre, tout habillé de noir, au péché solitaire en souvenir de la morte. (Jean-Paul Sartre)
Bateau : Objet qui flotte mais peut couler. Ex: Non seulement nous sommes tous embarqués sur le même bateau, mais nous avons tous le mal de mer. (Chesterton)
Battant : Quand on me parle dÕun battant, je sais que la cloche nÕest pas loin. (Paul Desalmand : Correspondance)
Baudelaire : Baudelaire soupe à côté, sans cravate, le col nu, la tête rasée, en vraie toilette de guillotiné. Une seule recherche: de petites mains lavées, écurées, mégissées. La tête d'un fou, la voix nette comme une lame. Une élocution pédantesque; vise au Saint-Just et l'attrape. Ð Se défend, assez obstinément et avec une certaine passion rêche, d'avoir outragé les murs dans ses vers. (Goncourt: Journal - 1857)
Beau : Tout est beau. Il faut parler d'un cochon comme d'une fleur. (Jules Renard)
Beauté : À l'opposé de la laideur virile d'un Socrate qui engourdit pour dégourdir, la beauté de la femme nous plonge dans un embarras stérile. Elle promet plus qu'elle ne peut tenir. Pourquoi celle qui est belle n'est-elle pas aussi bonne et aussi vraie que belle ? Or c'est un fait que la femme dans l'imagination de l'homme déborde largement l'être mesquin, prosaïque et somme toute assez médiocre qui nous sert de compagne. (Jankélévitch)
Beauté : Entre l'Apollon du Belvédère et un cul-de-jatte, il n'y a pas la moitié de la distance qu'il y a entre les intelligences, d'un bout de l'échelle à l'autre. (Edmond et Jules de Goncourt : Journal)
Belle-mère : Toute femme contient une belle-mère. (Jules Renard)
Bergson : Dans les salons, M. Bergson, entre le café et la fine, laissait espérer aux duchesses l'immortalité personnelle. (Emmanuel Berl)
Besoin sexuel : Le besoin sexuel est le plus violent de nos appétits, le désir de tous nos désirs. (Schopenhauer)
Bête : Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, madame, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes. (Beaumarchais)
Bêtise : Mon fils ne faites que les bêtises qui vous amusent. (Marquise de Lambert (1647-1733) : Avis d'un mère à son fils)
Beurre : Lors du débarquement des Alliés en Normandie, en 1944, Hérold Paquis, paraphrasant Paul Reynaud à la radio de Vichy, dit : «La route du beurre est coupée.». (Hérold Paquis)
B.H.L (Bernard Henri Lévy) : L'apôtre de la flatulence (Joseph Sigward : Propos)
Bien commun : Mot qui se contredit lui-même. Ce qui est commun n'a que peu de valeur. (Nietzsche)
Bien-être : État d'esprit produit par la contemplation des ennuis d'autrui. (Ambrose Bierce)
Bismarck : «Je conduirai la charogne au fossé, il faudra bien qu'il le saute.» (Bismarck, parlant, peu avant 1866 au général Türr de ses projets d'unification de l'Allemagne, la charogne étant Guillaume Ier, le roi de Prusse)
Bufs : Si les bufs avaient des dieux, ceux-ci auraient des cornes. (Xénophane)
Boire : Les femmes, les ecclésiastiques et les juifs s'abstiennent généralement de boire. (Kant)
Boire : Le travail c'est la plaie des classes qui boivent. (Oscar Wilde)
Bombe : Ce matin, un savant déclare que la bombe au cobalt anéantirait tout sur la surface du globe et il ajoute : elle est donc militairement inutilisable (sic). (Jean Cocteau : Le Passé défini Janvier 1954)
Bonheur : C'est un devoir que d'être heureux. (André Gide Journal)
Bon sens : Ce n'est pas en enfermant son voisin qu'on se convainc de son propre bon sens. (Dostoïevski)
Bourgeois : Ce sont les autres ! (Jules Renard)
L'horreur des bourgeois est bourgeoise. (Jules Renard)
Boy scout : Un enfant habillé comme un couillon, commandé par un couillon habillé comme un enfant. (Dico de Desproges et Coluche)
Bretons (paysans) : Les paysans bretons sont si ignorants qu'ils croient en l'influence de la lune sur les marées. (Francisque Sarcey)
But : On n'arrive droit au but que par mille détours. Le génie n'est qu'une longue impatience. (Jean Cocteau : Le Passé défini)
Caca : «Mon caca du matin est une bombe d'avril. Je m'en servirai pour que toute ma famille crève et pour que la bonne Sainte Vierge me dise merci.» (Lolo Lanfandant, un pastiche de Jean Cocteau)
Cadavre : Produit fini dont nous sommes la matière première. (Ambrose Bierce)
Cadillac : Il n'y a aucune différence valable entre la brouette et la Cadillac, sauf que la brouette est un coup de génie et la Cadillac un simple perfectionnement. (Jean Cocteau: Le Passé défini Ð 1957)
Calinot : Enfant, Calinot revenant de l'école, se bat avec un camarade, et attrape une grande écorchure au front.
Au dîner, son père lui dit:
Ð Qu'est-ce que tu as là ?
Ð Papa, j'ai rien.
Ð Mais si, tu as quelque chose.
Ð Je me suis mordu au front !
Ð Idiot ! est-ce qu'on se mord au front ?
Ð Tiens ! je suis monté sur une chaise.Camembert : O Poète ! Si tu veux peindre la moisissure de ton antre et que l'inspiration si nécessaire à cet effet te vienne à manquer, achète-toi un camembert et, le reniflant de temps en temps, tu réussiras. (Paul Klee Journal Ð 1906)
Canaillerie : Si, à la suite des révélations de toutes les canailleries parlementaires, il n'y a pas une révolution, une émeute, au moins un bouillonnement de la rue, ça prouvera que la France est une nation qui n'a plus de fer dans le sang, une nation anémiée, bonne pour la mort par l'anarchie ou par la conquête étrangère ! (Edmond de Goncourt : Journal 1892)
Candidat : Je ne suis pas plus impatient d'être candidat que le Christ ne l'était de monter sur la croix. (Jean-Luc Mélanchon)
Cannibale : Qui aime son prochain, cru, rôti, à point voire même accomodé à la sauce moutarde. (attribué à (Jules Renard)
Cannibalisme : Le cannibalisme est la forme la plus avancée de la tendresse. (Salvador Dali)
Capitalisme : Régime politique dans lequel l'homme exploite l'homme. En régime socialiste, c'est l'inverse. (Anonymus)
Capitaliste : Personne qui se rend en voiture climatisée de son bureau climatisé à son club climatisé pour y prendre un bain de vapeur. (Dico de Desproges et Coluche)
Carnac : «Ces boches sont d'une bêtise! Figurez-vous qu'ils ont dressé un barrage anti-char en fichant de grandes pierres dans le sol, mais à des distances beaucoup trop grandes. J'ai pu passer très facilement entre elles avec ma jeep, et nos chars ont passé aussi...» Il s'agissait du champ de menhirs de Carnac (Récit d'un capitaine américain de l'Oklahoma à Pierre Bompard in Crapouillot)
Célibataire : [Les hommes] sont souvent accompagnés d'une femme comme ils le sont d'un péché de jeunesse. [...] Qui est marié supporte tout le fardeau de la vie, qui ne l'est pas, seulement la moitié, et qui se consacre aux muses se doit d'appartenir à ceux-ci. C'est pourquoi la plupart des philosophes authentiques sont-ils restés célibataires : Descartes, Leibniz, Malebranche, Spinoza et Kant. (Schopenhauer)
Céline (Louis Ferdinand) : «Vous avez le rêve des hommes qui ont le lendemain qui chante. Seulement, il n'y a pas de lendemain qui chante pour la race blanche. Elle a trop fait chier le monde et le monde va la faire chier.» (Louis Ferdinand Céline in Interwiew Express - 1954)
Cerveau : Le cerveau est une machine merveilleuseÊ: il se met en marche au réveil et s'arrête dès qu'on arrive au bureau. (Robert Frost)
Pour ce qui est des parties du sang qui pénètrent jusqu'au cerveau, elles n'y servent pas seulement à nourrir et à entretenir sa substance, mais principalement aussi à y produire un certain vent très subtil, ou plutôt une flamme très vive et très pure, qu'on nomme les esprits animaux. (Descartes)
La substance du cerveau étant molle et pliante, ses concavités seraient fort étroites, et presque toutes fermées [...] s'il n'entrait dedans aucun esprit; mais la source qui produit ces esprits est ordinairement si abondante, qu'à mesure qu'ils entrent dans ces concavités, ils ont la force de pousser tout autour la matière qui les environne, et de l'enfler, et par ce moyen de faire tendre tous les petits filets des nerfs qui en viennent. (Descartes)
Les esprits qui sortent de la glande H y ont reçu l'impression de quelque idée, ils passent de là par les tuyaux 2, 4, 6, et de même, dans les pores ou intervalles qui sont entre les petits filets dont cette partie du cerveau est composée; et qu'ils ont la force d'élargir quelque peu ces intervalles et de plier et disposer diversement les petits filets qu'ils rencontrent en leurs chemins, selon les diverses façons dont ils se meuvent, et les diverses ouvertures des tuyaux par où ils passent: en sorte qu'ils y tracent aussi des figures, qui se rapportent à celles des objets. (Descartes)
Comme une corde de violon ou une touche de clavecin frémit et rend un son, les cordes du cerveau frappées par les rayons sonores ont été excitées à rendre ou à redire les mots qui les touchaient. (La Mettrie)
Les hommes ont un cerveau, les femmes une cervelle, les imbéciles un cervelas. (Philocrite).
César (Jules) : Si les ruffians et les sicaires m'avaient rendu service, je ferais consuls les ruffians et les sicaires. (Jules César)
César (Baldaccini) : «La plus belle compression de César : Ground Zéro.» (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence)
Chameau : Cheval dessiné par un comité. (Winston Churchill)
Chandail : Vêtement que doit porter un enfant lorsque sa mère a froid. (Dico de Desproges et Coluche)
Charlatanisme : Le charlatanisme est né le jour où le premier fripon a trouvé le premier imbécile. (Voltaire)
Chevelure : La chevelure est une formation de nature végétale plutôt qu'animale, et elle est moins une preuve de force qu'un signe de faiblesse de l'organisme. (Hegel)
Chichi : Le chichi se caractérise par un goût de la complication, qui traduit lui-même un goût du simple. (Clément Rosset)
Chien : Si la religion se fonde sur le sentiment, c'est le chien qui est le meilleur chrétien. (Hegel)
Le chien est en amour le plus ignoble des quadrupèdes [...]. Un vrai cloaque de vices. (Charles Fourier)
Les chiens sont pour l'ordinaire de deux teintes opposées, l'une claire et l'autre rembrunie, afin que quelque part qu'ils soient dans la maison, ils puissent être aperçus sur les meubles, avec la couleur desquels on les confondrait. (Bernardin de Saint-Pierre)
Chinois : Les Chinois sont le plus mou, le plus voluptueux, le plus paisible et le plus paresseux de tous les peuples de la terre. (Lavater)
Chirac : On demandait à Chirac si le commerce avec les femmes était malsain. Il disait : «Non, pourvu qu'on ne prenne pas de drogues. Mais j'avertis que le changement est une drogue.» (Montesquieu).
Cioran : «Le devoir de celui qui écrit nÕest-il pas de se trancher les veines sur la page blanche, de faire ainsi cesser le supplice des mondes informulésÊ?» (Cioran).
Civilisation : La sauvagerie est nécessaire tous les quatre ou cinq cents ans, pour retremper le monde. Le monde mourrait de civilisation. Quand les estomacs sont pleins et que les hommes ne peuvent plus baiser, il leur tombe des bougres de six pieds, du Nord. Maintenant qu'il n'y a plus de sauvages, ce sont les ouvriers qui feront cet ouvrage-là dans une cinquantaine d'années. On appellera cela la Révolution sociale. (Edmond et Jules de Goncourt : Journal Ð 1855)
Chômage : Qu'on me donne un an et il n'y aura plus de chômage. (François Mitterrand en 1981)
Chose : Toute chose a deux anses, l'une qui permet de la porter, l'autre qui ne le permet pas. (Épictète)
Chrétien : Au fond, il n'y a jamais eu qu'un chrétien, et il est mort sur la croix. (Nietzsche)
Christianisme : Le christianisme visait en fait à "enjuiver" le monde. (Nietzsche)
Civilisation : La sauvagerie est nécessaire tous les quatre ou cinq cents ans, pour retremper le monde. Le monde mourrait de civilisation. Quand les estomacs sont pleins et que les hommes ne peuvent plus baiser, il leur tombe des bougres de six pieds, du Nord. Maintenant qu'il n'y a plus de sauvages, ce sont les ouvriers qui feront cet ouvrage-là dans une cinquantaine d'années. On appellera cela la Révolution sociale. (Edmond et Jules de Goncourt : Journal Ð 1855)
Edmond et Jules de Goncourt par Gavarni Civilisation : Je suis porté à considérer que les Noirs, et en général toutes les autres espèces humaines, [...] sont naturellement inférieurs aux Blancs. Il n'a jamais existé de nation civilisée autre que blanche, ni d'individu de couleur qui se soient distingués aussi bien dans le domaine de l'action que dans celui de la spéculation. (Hume)
Classes sociales : La société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d'appétit et ceux qui ont plus d'appétit que de dîners. (Nicolas de Chamfort)
Clemenceau : Déjà la révolution russe est une première et décicive victoire sur l'Allemagne. (Georges Clemenceau discours du 5 mai 1917 au Parlement interrallié)
«J'ai eu dans mon cabinet deux hommes entre lesquels choisirÊ: un défaitiste et un fou. Pétain et Foch. J'ai choisi le fou.» (Georges Clemenceau in Journal de Jean Cocteau - 1942)
Climat : Il est vrai que le climat a de l'importance, en ce sens que ni la zone chaude ni la zone froide ne sont favorables à la liberté de l'homme. (Hegel)
Cocteau (Jean) : «Cocteau ce suceur de bite sans talent, ce pédéraste sans culture !» (Anonymus)
Jean Cocteau par Raoul Dufy Cocu : Chose étrange que ce petit mot n'ait pas de féminin ! (Jules Renard)
Code : La loi moderne, le Code, n'a oublié que deux choses : l'honneur et la fortune. (Edmond et Jules de Goncourt : Journal-1855)
Cur : N'y est pas toujours. Si le cur y est, rien n'y est et tout y est ! (Jankélévitch)
Le cur d'une femme est un noyau de pêche. On la mord à pleine bouche, et, tout à coup, on se casse les dents. (Jules Renard: Journal)
Coït : Un coït modéré dilate l'âme et aide à la digestion. (Charles Fourier)
Il n'est en vérité et sérieusement nulle différence essentielle entre une pollution et un coït. Il y a dans les deux un songe fugitif et une émission de sperme. (Schopenhauer)
"Post coïtum omne animal triste est"; cela définit en effet très bien l'animal: comme ce qui s'attriste après le coït. Donc est homme qui, après le coït, rit. (Michel Serres)
On remémore les coïts de Maupassant avec public Le célèbre coït payé par Flaubert, où à la bonne tête du vieux romancier, une fille s'est écriée: « Tiens, Béranger ! » Ð apostrophe qui a tiré deux larmes de la glande lacrymale de Flaubert. Du coït devant le Russe Boborikine, qui a assisté à cinq coups tirés d'une traite. (Edmond de Goncourt : Journal Ð1894)
Collaborateurs : Je faisais cette réflexion, ce matin, que les « collaborateurs » Ð je ne perle pas des « profiteurs » Ð pendant l'occupation, étaient plus des novateurs, des esprits critiques et avisés, des hommes de progrès, ouverts à l'avenir, vers la grande idée des États-Unis d'Europe, que les « patriotes », enfermés dans leur routine du « patriotisme », du « nationalisme », de « l'honneur national », de « l'ennemi ».[...] Et qui sait, si on ne peut pas en dire autant du communisme ? Je me rappelle souvent mon mot à Vallette à l'époque des affiches L'Homme au couteau entre le dents, au moment d'élections : « Nous avons beau nous mettre la tête sous l'aile, nous refuser à l'envisager: le communisme est la forme future de la société. » (Léautaud : Journal littéraire Ð1948)
Collaboration : L'intérêt de la France, c'est la collaboration, l'entente, l'accord avec l'Allemagne. (Léautaud : Journal littéraire Ð1948)
«Je tiens à te donner tous apaisements: Marcel Achard n'a pas été plus collaborateur que tu n'as été résistant.» (Déclaration d'Henri Jeanson lors du procès intenté en 1953 par Salacrou au polémiste royaliste Pierre Boutang)
Colonie : «Il (André Gide) me dit qu'il a découvert, vu, appris là-bas des choses épouvantables, navrantes empoisonnantes sur la façon dont on traite les nègres. Un exemple: des baraques dans lesquelles on enferme des enfants, et auxquelles on met le feu.» (André Gide de retour du Congo (1927) se confie à Paul Léautaud in Journal)
Les soldats conquièrent les colonies, les prêtres les éduquent, les administrateurs les organisent, les touristes les enlaidissent, les commerçants les ruinent et les politiciens les perdent. (Paul Morand in Hiver caraïbe)
Communisme : Le communisme est aussi loin de sa source que le catholicisme l'est du christianisme. Dans l'un et dans l'autre cas il s'agir de faire prendre l'abrutissement pour une extase. (Jean Cocteau Le Passé défini)
Comprendre : Si vous avez compris, vous avez sûrement tort. (Lacan)
Mes paroles sont très faciles à comprendre, très faciles à pratiquer. Dans le monde, personne ne peut les comprendre, personne ne peut les pratiquer. (Lao-Tseu)
Comptable : Spécialiste qui connaît le prix de toutes choses et la valeur de rien du tout. (Georges Duclair)
Con : Le pire des cons, c'est le vieux con, car on ne peut rien contre l'expérience. (Coluche)
On est toujours le con d'un autre. (Jef le Mat)
Conclusion : Endroit où l'on s'arrête quand on en a marre de penser.
Concubinage : Le concubinage a été corrompu par le mariage. (Nietzsche)
Ils vivent à la colle depuis trente ans lorsqu'un soir il lui dit: «Ne crois-tu pas qu'il serait temps de nous marier ? Ð Mais mon pauvre ami, lui répond-elle, à nos âges, qui est-ce qui voudrait encore de nous ?» (Maximilien Vox)
Condamnation : Une condamnation injuste est le suprême titre de noblesse. (Jean Cocteau : Journal d'un inconnu)
Confiance : Liberté que l'on accorde à une personne pour qu'elle fasse des bêtises. (Alphonse Allais)
Connaissance : Ce qui est bien connu en général, justement parce qu'il est bien connu, n'est pas connu. (Hegel)
a) : État pénible que l'on rencontre entre deux siestes.
b) : Qui vous dérange quand on pèche en eau trouble.
c) : Empêcheuse de jouir pleinement de nos péchés.
Se connaître : Détour pour s'absoudre. (Valéry)
Conscience : Chacun sait immédiatement par expérience de quoi il s'agit. (Freud)
Vous pensez bien que je ne vais pas définir une chose aussi concrète, aussi constamment présente à l'expérience de chacun de nous. (Bergson)
L'homme, par cela seul qu'il est homme, qu'il a une conscience, est déjà, par rapport à un âne ou à un crabe, un animal malade. La conscience est une maladie. (Miguel de Unamuno : Le sentiment tragique de la vie)
Conseil : Petite monnaie d'usage courant. (Ambrose Bierce)
Consultant : Se dit de celui qui consulte ta montre, te dit l'heure, et te fait payer la prestation. (Dico de Desproges et Coluche)
Contraire : Je m'efforce de faire dans ma vie le contraire de tout le monde. (Diogène-le-Cynique)
Copulation : L'essence du monde, c'est la volonté dans l'acte de copulation. C'est cela! C'est la vraie essence et le noyau de toute chose, le but de toute existence. (Schopenhauer)
Coran : Referme ton Coran. Pense librement, et regarde librement le ciel et la terre. Au pauvre qui passe, donne la moitié de ce que tu possèdes. Pardonne à tous les coupables. Ne contriste personne et cache-toi pour sourire. (Omar Khayyam)
Corps : Semblable au pluvier, cet oiseau mythique qui mange et fiente en même temps. (Platon)
Le bas-ventre est la partie du corps la plus vile : celle qui empêche l'homme de se considérer comme un dieu. (Nietzsche)
Cousin (Victor) :
Célibataire endurci, radin sans double, pique-assiette invéré, ce caporal de l'ordre philosophique français n'a de sympathique que sa folie du chocolat, pour lequel il se serait damné. Cela explique la nécessité des économies qu'il fit un jour qu'il avait invité Barni, le traducteur de Kant, à déjeuner. Après avoir commandé et mangé un repas plantureux, Cousin prétexta une commission urgente, s'en fut et abandonna l'addition au traducteur esseulé.
( Michel Onfray, Cafteur de service)Créateurs : Seuls les créateurs peuvent anéantir. (Nietzsche)
Critique : La critique, c'est le bagne à perpétuité. (Louis Aragon)
Croyance : Un homme avec une croyance a autant de force que 100.000 hommes qui n'ont que des intérêts. (John Stuart Mill)
Cuisine : Mauvais lieu. Peu fréquenté par les philosophes. Ventre tiède et sombre où se préparent en secret les plaisirs de l'oralité. Entretient une affinité trouble avec les toilettes: il n'est pas de ventre qui ne suggère son rectum et, par là même, de cuisine qui n'implique son lieu de soulagement. (D'après Noëlle Châtelet)
Cynique : Grossier personnage dont la vision déformée voit les choses comme elles sont, et non comme elles devraient être. (Ambrose Bierce)
Cynisme : Ce qui peut être atteint de plus haut sur terre. (Nietzsche)
Friedrich Nietzsche Danse : Frustration verticale d'un désir horizontal. (Lacan)
Danse du ventre : la séduction en tire-bouchon. (Jean-Edern Hallier)
Dauphins : Chez les dauphins, la durée de l'accouplement n'est ni courte ni longue. (Aristote)
Débutante : Cette débutante est véritablement une étoile en herbe qui chante de main de maître. (Armand Silvestre, in Les Farces de mon ami Jacques)
Décision : La seule décision possible, c'est la décision impossible. (Derrida)
De Gaulle : «C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France et ouverte à toutes le races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition quÕils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.» (Charles de Gaulle - Cité par Alain Peyrefitte)
«Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas, vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très intelligents. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se séparent de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans qui demain seront vingt millions, et après demain quarante ? Si nous faisons l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! (Cité par Alain Peyrefitte. C'était de Gaulle Ed. Gallimard, 2000. Propos tenus le 5 mars 1959)
«À Londres, le général de Gaulle résidait à l'hôtel Connaught. «Oh vous savez, indiquait une Anglaise malicieuse, l'hôtel s'appelait déjà ainsi avant lui !» (Jean Galtier-Boissière : Mémoires d'un Parisien)
«Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus quÕeux : il y a des nègres à lÕÉlysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. [...] Et puis tout cela nÕa aucune espèce dÕintérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir dÕici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce nÕest pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à lÕextérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à lÕÉlysée. Et puis je vous assure que cÕest sans intérêt. (Entretien avec Jacques Foccart 8 novembre 1968 Journal de lÕÉlysée, éd. Fayard, 1999, t. II,Êp.Ê427)
Dégoût : Si quelque chose vous dégoûte, faites-le ! Ça vous fera plaisir ! (anonyme)
Démocrate : Trop pauvre pour être un bon capitaliste, trop riche pour être un vrai communiste. (FD)
Démocratie : Régime politique où tout le monde a le droit de dire que lÕon est en dictature. (Georges Hahn)
Éla démocratie est non seulement le signe de la laideur et de la vulgarité mais encore de la bêtise et de la crédulité sans bornes. Quand on veut éclairer les gens, ils sont comme scandalisés. (Léautaud : Journal -1927, entretien avec Francis de Miomandre)
Dentiste : Magicien qui tout en tapissant votre bouche d'or et de platine parvient à soulager votre portefeuille des billets de banque qui l'encombrent.
Déserter : S'il m'avait fallu être soldat j'aurais déserté. Quiconque a obéi est mort pour les travaux de l'esprit. (attribué à Renan rapporté par Léautaud dans son Journal 1928)
Désillusion : Sentiment ressenti lorsque le superbe postérieur ne coïncide pas avec le visage qui se retourne.
Désir : Sorte de tonneau percé. (Platon)
Désir charnel : Bien que le désir charnel ne soit pas chez l'homme aussi furieux que chez les taureaux et autres animaux lascifs, rien ne provoque plus vite et plus violemment la colère des hommes et des femmes que ce qui contrarie leurs intrigues quand ils sont bien épris. (Bernard Mandeville)
Dette nationale : Dette monstrueuse, due par la génération à venir, ce qui explique pourquoi les bébés hurlent à la naissance. (Hervé Deboutière)
Devoir : Le devoir est une chose triste, laide, inventée pour abêtir et duper les hommes. Rien que le mot est disgracieux. Il éveille la contrainte, l'ennui. Il n'y a que les sots pour le prendre au sérieux. (Paul Léautaud : Journal)
Il n'y a pas d'autre difficulté dans le devoir que de le faire. (Alain)
Qui doit, devient. (Paul Klee : Journal)
Dévot : Le beau projet que celui d'un dévot qui se tourmente comme un forcené pour ne rien désirer, ne rien aimer, ne rien sentir, et qui finirait par devenir un vrai monstre s'il réussissait. (Diderot)
Diable : Le diable est pur parce qu'il ne peut faire que le mal. (Jean Cocteau)
« Je suis chrétien, c'est entendu, mais je ne crois pas à l'xistence de Dieu. Je crois beaucoup à celle du diable. Je suis même sûr qu'il existe. » (André Gide dans une conversation ave Jean Paulhan)
Dictionnaire : J'ai attrapé le dictionnaire dans ma gueule et j'en ai recraché quelques morceaux saignants. Devise véridique pour un écrivain en mal d'amour. (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence 11)
Dieu : S'il y avait un Dieu, je n'aimerais pas être ce Dieu, la misère du monde me déchirerait le cur. (Schopenhauer)
Si Dieu existait, est-ce qu'il y aurait des chauves ? (Woody Allen)
Dieu a bien plus soigné l'homme que la femme. (Edmond et Jules de Goncourt in : Journal)
Le Tout-Puissant qui, avec sa toute puissance, n'a inventé rien de plus idéal que des femme qui chientÉ (Edmond de Goncourt in : Journal - 1887)
L'idée de Dieu est partout, même quand elle est absente. (Paul Janet)
Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près. (Simone Weil)
Qui penserait à Dieu s'il n'y avait pas le Mal au monde ? (Simone Weil)
Dieu jouit continuellement par 810 passions différentes qu'il satisfait et développe continuellement. (Charles Fourier)
« Dieu est », dit Huxley. C'est une grave indiscrétion car de qui tiendrait-il cette certitude sinon de Dieu lui-même, lequel semble bien ne pas vouloir qu'on sache qu'il existe s'il faut en croire les innombrables preuves qu'il accumule de son inexistence. (Jean Cocteau Le passé défini)
Digue : Il faut surveiller la digue jusqu'à la mort. (Jiang Zemin à propos des inondations de 1998 en Chine, Canard Enchaîné 02/09/98)
Diplomate : Fonctionnaire qui te dit d'aller te faire foutre d'une telle façon que tu as très envie d'entreprendre ton voyage. (Georges Duclair)
Disneyland : Piège à cons mis en place par des souris géantes. (Jef Le Mat)
Divertissement : Mal de l'homme ordinaire qui désire toujours agir et, le plus souvent, de manière frivole, consacrant son temps non seulement au plaisir et au jeu théâtre, cinéma, loto, mais aussi au travail. Le véritable idéal du philosophe est, au contraire, de rester seul dans sa chambre à ne rien faire. (D'après Pascal)
Doit : Qui doit, devient. (Paul Klee : Journal)
Domestiques : « Mais monsieur Gide, c'est bien simple, si je n'avais plus de domestiques, je n'aurais plus le temps de tricoter pour les pauvres !!!! » (Propos d'une bourgeoise de Genève à l'écrivain. (Van Rysselberghe Cahiers de la Petite Dame 1933)
Drapeau : Achille Ouy, le lecteur du Mercure, me raconte ce matin cette histoire. Il vit à Saint-Germain où il est professeur, avec ses deux fils. Comme il n'est pas assez riche pour avoir une bonne, ce sont eux qui tiennent la maison : l'un fait le marché, l'autre la cuisine. L'autre jour, celui qui fait le marché voit chez un commerçant des paquets de sucre : Sucre pour les soldats, le plus nourrissant, le plus fourni en vitamines, chaque paquet orné d'un drapeau tricolore. Il achète un paquet. Le lendemain matin, Achille Ouy le trouve en train de gratter l'étiquette pour l'enlever. Il lui demande ce qu'il fait là et pourquoi il perd son temps à cette bêtise. Le gamin répond : «Je veux voir ce qu'il y a dessous.» Et l'étiquette au drapeau tricolore grattée et enlevée, l'étiquette vraie apparaît: Sucre pour les chiens. «Vous avouerez que c'est fort !» me dit Oury. Je lui ai répondu : «Le drapeau tricolore cache bien d'autres chosesÉ» J'aurais pu ajouter : «Comme tous les drapeaux». (Léautaud : Journal Lundi 9 janvier 1940)
Dreyfus : Si vraiment ce capitaine Dreyfus n'avait aucun vice, n'était ni putassier ni joueur, ce qui explique et pallie les canailleries des catholiques, si le capitaine Dreyfus avait vendu son pays seulement pour placer l'argent en 3%, ce serait vraiment bien juif ! (Edmond de Goncourt Journal 1894)
Droits de l'homme : Ne concerne pas les sans-papiers et les non immatriculés à la Sécurité Sociale. (Alain Badiou)
Économiste : Expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui. (Dico de Desproges et Coluche)
Écosser : Madame ! N'achetez pas de tissu écossais. Écossez vous-même vos tissus ! (Francis Blanche)
Écrire : Une façon de parler sans être interrompu. (Jules Renard)
Ce que j'écris de mieux aujourd'hui, c'est ce que j'écris avec le moins d'effort. (André Gide : Journal- 1918)
Il y a une grande jouissance de mélancolie savoureuse à considérer le peu de prix de ce qu'on écrit. (Paul Léautaud)
Un membre de l'Académie écrit comme on doit écrire. Un homme d'esprit écrit comme il écrit. (Sainte-Beuve cité par Paul Léautaud dans son Journal 1955)
Prendre par le cou l'idée fuyante et lui écraser le nez sur le papier. (Jules Renard)
« On écrit toujours trop. Quelques phrases suffisent. » (Héraclite)
Écritures : Livres sacrés de notre sainte religion, à ne pas confondre avec les récits profanes et mensongers sur lesquels sont fondés toutes les autres croyances. (Ambrose Bierce)
Écrivain : Un écrivain est fait pour décevoir son public. (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence)
Un chien vivant vaut mieux qu'un écrivain mort. (Paul Léautaud)
Égalité : La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté. (John Emerich Edward Dalberg lord Acton)
Égoïste : Celui qui ne pense pas à moi. (Oscar Wilde)
Celui à qui il n'est jamais venu à l'esprit qu'il pourrait en être un. (Freud)
Ehrenbourg (Ilya) : «Tuez, massacrez tout ! Il n'y a pas un Allemand innocent ! Ni parmi ceux qui vivent ni parmi ceux qui naîtront demain. Suivez l'ordre du camarade Staline. Écrasez pour toujours la bête fasciste dans son repaire ! Violentez l'orgueil racial des femmes de Germanie ! Emparez-vous d'elles comme d'un butin légitime ! Tuez, soldats intrépides de l'Étoile rouge !» (Ilya Ehrenbourg Ð Écrivain juif ukrainien, membre du Comité directeur du Conseil mondial de la paix Appel aux soldats russes lors de leur entrée en Allemagne)
Élections : L'U.R.S.S. nous a pris Maurice Thorez
Votez de Gaulle, il nous le rendra (Slogan proposé par le commandant Loustaunau-Lacau pour les élections de 1951)Élite : La vraie liberté n'est qu'à l'usage de l'élite, et l'élite n'est qu'une partie infime de la société. (Paul Léautaud in Journal 1932)
Emballement : S'il y a emballement, c'est qu'il y a quelque chose à emballer, qui donne matière à emballage. (Jean-François Lyotard)
Embrasser : Péter une bise.
Encore : Titre d'un séminaire de Lacan sur la jouissance.
Encule : Mais si quand j'avance, tu recules,/ Comment veux-tu que je t'encule. (Chanson de corps de garde)
Enfant : Ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets. (Sartre)
Éj'assimile à un crime l'action de mettre des êtres au monde... (Journal de Léautaud Ð 1927)
Enfer : «Enfer n'existe pas. STOP Pouvez vous dissiper STOP Prévenez Claudel STOP Amitiés GIDE» (Télégramme-farce adressè par Roger Nimier à François Mauriac après la mort d'André Gide)
Ennemis : Trop d'ennemis, trop d'honneur. (Proverbe italien)
Enseignement : L'enseignement pédagogique est fait pour les paresseux, pour les esprits sans curiosité, pour les individus qui resteraient complètement ignares si on ne leur apprenait pas quelque chose de force, pour ainsi dire. II n'y a que l'élite qui compte, et l'élite ne se constitue pas avec des diplômes. Elle tient à la nature même de certains individus, supérieurs aux autres de naissance, et qui développent cette supériorité par eux-mêmes, sans avoir besoin de l'aide d'aucuns pédagogues, gens, le plus souvent, fort bornés et fort nuisibles. (Paul Léautaud)
Enterrement : Je ne vais qu'à l'enterrement de ceux qui viennent au mien. (Calino)
Entre-deux : Situation de l'homme qui, tel Pascal, entrevoit les océans boréal et austral des deux infinis : le petit et le grand.
L'homme est infiniment grand par rapport à l'infiniment petit et infiniment petit par rapport à l'infiniment grand qui le réduit presque à zéro. (Jankélévitch)
Épitaphe : Inscription sur une tombe, démontrant que les vertus acquises par le trépas ont un effet rétroactif. (Ambrose Bierce)
Épouser : Autrefois on épousait une femme et puis on ne s'en occupait plus. On savait que c'était pour la vie, on était tranquille. (Alfred Capus)
Érudition : Poussière tombée d'un livre dans un crâne vide. (Ambrose Bierce)
Esclave : Pour moi, si j'étais femme, je voudrais l'être en Orient, comme esclave; car la condition pure et simple de l'esclave est du moins quelque chose. (Kierkegaard)
Espérance : Ce qui renaît, infatigable, de la cendre des espérances déçues. (Jankélévitch)
Esprit : Quand je vois dans Karl Marx ou Lénine le mot "esprit", je me dis qu'il y a crasse et partouze et que Dieu a sucé le cul à Lénine et que c'est ainsi que ça s'est toujours passé. (Antonin Artaud)
L'esprit est à peu près, à l'intelligence vraie, ce qu'est le vinaigre au vin solide et de bon cru : breuvage des cerveaux stériles et des estomacs maladifs. (Jules Renard)
Esprit critique : Se distingue de l'esprit de critique, qui heurte le bon goût libéral et doit être déconseillé. La bonne critique doit rester abstraite et inoffensive. (Lucien Bropèche)
État : Muselière dont le but est de rendre inoffensive cette bête carnassière qu'est l'homme, en faisant en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore. (Schopenhauer)
État français : LÕÉtat français conduit par des voyous, des assassins. (Jacques Vergès condamnant en 2011 les crimes commis par la France en Lybie)
Éternité : Laps de temps qui s'écoule à partir du moment où tu l'as sautée, et celui où tu l'as raccompagnée à la maison. (Pépé Larista)
Éthique : Originairement, le jaune d'uf. La coquille étant la Logique et le blanc, la Physique. (Les Stoïciens)
É de la bouillie pour les chats qui se prépare dans des commissions de gestionnaires sages et responsables. (Alain Badiou)
Être : L'être est, car le non-être est non-être. (Feuerbach)
Ce qui n'est pas véritablement un être n'est pas non plus véritablement un être. (Leibniz)
Ce que je suis, je ne le sais pas encore; ce que je sais, je ne le suis plus. (Silesius)
Que devient ce verbe nul, qui a fait une si grande carrière dans le vide ? (Valéry)
Être soi : Être soi est une aventure extravagante. (Jean Cocteau)
Enterrement : Je ne vais qu'à l'enterrement de ceux qui viennent au mien. (Calino)
Euthanasie : Ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, [...] un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d'en disposer de façon humaine et économique. (Alexis Carrel)
Évangéliste : Porteur de bonnes nouvelles, particulièrement (dans un sens religieux) de celles qui assurent notre propre salut et la damnation de nos voisins. (Ambrose Bierce)
Examen oral : Épreuve d'admission de stagiaires à la Maison Blanche.
Examens : Le monde est plein d'individus qui ont remporté les plus brillants succès dans des examens et qui sont des ignorants et des sots complets; ne connaissant rien, incapables de rien juger par eux-mêmes, qui ont complètement oublié ce qu'ils ont su pendant quelques heures et qui n'ont pas appris un iota depuis qu'ils ont été livrés à eux-mêmes. L'instruction apprise ne prouve rien, ne rime à rien, est complètement inutile, pour ne pas dire malfaisante, et ne fera jamais d'un imbécile un homme intelligent, d'un cerveau obtus un cerveau actif, et d'un être sans compréhension un être capable de jugement personnel. (Paul Léautaud)
Excréments : Dieu, dans sa bonté, aurait bien dû accorder à la femme des excréments ressemblant à du crottin ou à de la bouse de vache, ou même s'il avait été, lors de la création de la femme, dans ses bons jours, des excréments semblables aux crottes musquées de la gazelle, et non du caca d'homme. J'avoue que la pensée de trouver une faiseuse de merde chez la créature-ange a toujours refroidi mes exaltations sentimentalo-amoureuses. (Edmond de Goncourt : Journal - 1984)
Expérience : Un cadeau utile qui ne sert à rien. (Jules Renard)
Extra-terrestres : Nous n'avons d'êtres raisonnables non terrestres nulle connaissance qui soit de nature à nous permettre d'en parler. (Kant)
Fâcheux : Un homme en érection qui se dirige vers un mur et dont la première chose qui touche ledit mur est le nez. (Roger la branlette)
Facile : Terme utilisé pour définir une femme qui a la mentalité d'un homme. Variante : Se dit d'une femme qui a pour morale sexuelle celle d'un homme. (Roger la branlette)
Faire l'amour : Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes. (Beaumarchais)
« Certainement, faire l'amour est l'occupation la plus agréable de la vie, mais faire l'amour pour avoir des enfants, c'est répugnant. » (Léautaud Journal)
Faire plaisir : Poser les fondations d'une structure de contrainte. (Ambrose Bierce)
Fait : Rien n'est fait, pas même ce qui est déjà fait... Surtout pas ce qui est déjà fait! La chose faite est encore bien moins faite que les autres; et par conséquent rien n'est jamais fait [...], ni la chose non faite, puisqu'elle n'est pas faite, ni la chose faite, parce qu'elle est totalement à refaire. (Jankélévitch)
Femme : Ensemble de courbes qui font redresser une ligne. (Roger la branlette)
Dépourvue d'âme, la femme est dans l'incapacité de s'élever vers Dieu. En revanche elle est en général pourvue d'un escabeau qui lui permet de s'élever vers le plafond pour faire les carreaux. C'est tout ce qu'on lui demande. (Pierre Desproges)
On la dit femme, on la diffame. (Lacan)
Capable de tout, de tout. Une femme est toujours plus ou moins une putain, quelque dehors qu'elle ait, si beaux sentiments qu'elle étale. Une putain, je le répète, et toujours guidée par un calcul. L'homme qui a confiance dans une femme, quelle qu'elle soit, est le dernier des imbéciles. (Léautaud Journal Ð 1929)
La femme est une table bien servie qu'on voit d'un il tout différent avant et après le repas. (Claude-Hadrien Helvétius)
Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée. (Jules Renard)
La femme est le produit d'un os surnuméraire. (Bossuet)
Pour moi, si j'étais femme, je voudrais l'être en Orient, comme esclave; car la condition pure et simple de l'esclave est du moins quelque chose. (Kierkegaard)
Si la femme accomplit de grandes choses, on l'admire plus que l'homme, parce qu'on ne s'y attendait pas de sa part. (Kierkegaard)
La femme est une surface qui mime la profondeur. (Nietzsche)
Leur première et dernière vocation... est de mettre des enfants au monde. (Nietzsche)
Comme avec des ciseaux, la femme, avec ses cuisses qui s'ouvrent, coupe les gerbes de nos désirs (Jules Renard : Journal)
Cette femme est belle et intelligente; hélas, combien elle serait devenue plus intelligente si elle n'était pas belle. (Nietzsche)
Quand elles luttent pour conquérir des droits égaux à ceux de l'homme, c'est un symptôme de maladie; nul médecin ne l'ignore. La femme vraiment femme repousse, au contraire, des pieds et des poings, toute espèce de "droits": l'état de nature, l'incessante guerre des sexes lui assurent facilement la suprématie. (Nietzsche)
Se méprendre sur le problème fondamental qu'est celui de "l'homme et de la femme", nier l'antagonisme foncier qui les sépare et la nécessité d'une tension irréductible, rêver peut-être de droits égaux, d'une éducation identique, de privilèges et de devoirs égaux, c'est là un signe typique de platitude intellectuelle. (Nietzsche)
La femme est bien plus que l'homme portée à la méchanceté. (Démocrite)
Pourquoi faudrait-il qu'il y ait une place pour la femme? Et pourquoi une ? Une seule ? Une tout essentielle? Question que vous pourriez traduire ironiquement en disant qu'à mes yeux il n'y a pas de place pour la femme. (Jacques Derrida)
La femme veut dominer, l'homme être dominé. La femme refuse, l'homme réclame. (Kant)
On se demande quels travaux, quelles professions, quelles fonctions conviennent à la femme. [...] Élever l'enfant, aménager l'intérieur selon la forme de l'enfant et de l'homme, ce sont les fonctions de la femme. (Alain)
Il y a un principe bon qui a engendré l'ordre, la lumière et l'homme; il y a un principe mauvais qui a engendré le chaos, les ténèbres et la femme. (Pythagore)
La femme doit régner, et l'homme doit gouverner; car l'inclination règne et l'entendement gouverne. (Kant)
Une femme qui a la tête farcie de grec, [...] ou qui dispute savamment sur des sujets de mécanique, il ne lui manque qu'une barbe pour exprimer mieux encore la profondeur d'esprit qu'elle ambitionne. (Kant)
Il a fallu que l'intelligence de l'homme fût obscurcie par l'amour pour qu'il ait appelé beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux larges hanches et aux jambes courtes. (Schopenhauer)
Enfin, bref, la femme est notre ennemie. (Schopenhauer)
Les femmes m'ont toujours réussi! Sauf ma mère ! (Woody Allen)
Tu vas voir les femmes ? n'oublie pas ton fouet. (Nietzsche)
Ð Il faut battre une femme quand il n'y a pas d'autre moyen de la faire taire. (Courteline in Journal de Jules Renard)
C'est bien restreint le nombre de femmes qui ne méritent pas d'&eacirc;tre enfermées dans une maison de fous. (Goncourt : Journal -1881)
Les femmes ressemblent aux girouettes, elles se fixent quand elles se rouillent. (Voltaire)
Les femmes, peu aptes à la sublimation, souffrent d'un trop plein de libido. (Freud)
La différence entre celles qu'on ne paye pas et celles que l'on paye, c'est qu'avec celles que l'on paye, ça vous revient généralement un peu moins cher. (Brendam Brehan)
Leur première et dernière vocation... est de mettre des enfants au monde. (Nietzsche)
C'est bien un signe de l'astuce des femmes qu'elles aient su presque partout se faire entretenir, comme des frelons dans la ruche. (Nietzsche)
Quand elles luttent pour conquérir des droits égaux à ceux de l'homme, c'est un symptôme de maladie; nul médecin ne l'ignore. La femme vraiment femme repousse, au contraire, des pieds et des poings, toute espèce de "droits": l'état de nature, l'incessante guerre des sexes lui assurent facilement la suprématie. (Nietzsche)
Au fond la femme, et la femme la plus intelligente du monde, n'a pas plus d'idées à elle que les enfants intelligents : elle n'est que le gracieux perroquet des imaginations, des pensées, des paroles de l'homme, et le joli petit singe de ses goûts et de ses manies. (Edmond de Goncourt : Journal)
Les femmes en général n'aiment aucun art, ne se connaissant à aucun et n'ont aucun génie. (Jean-Jacques Rousseau)
Trop débiles de corps et d'esprit pour soutenir par la discussion et par la lutte la place qu'elles ont usurpée, ambitieuses et tyranniques autant que chétives, il faut bien pourtant qu'elles aient une arme. Le lion a les griffes et les dents, le vautour a le bec, l'éléphant et le sanglier les défenses, le taureau les cornes; la sépia, pour tuer son ennemi ou le fuir, lâche son encre et trouble l'eau: voilà le véritable analoque de la femme. Comme la sépia, elle s'enveloppe de dissimulation et nage à l'aise dans les mensonges. (Schopenhauer)
Dépense, soin des enfants, entêtements, caprices, vieillesse ou laideurs au bout de quelques années, tromperie, cocuage, lubies, attaques d'hystérie, amants, et l'enfer et le diable ! (Schopenhauer)
Les femmes sont uniquement créées pour la propagation de l'espèce et toute leur vocation se concentre en ce point. (Schopenhauer)
Les femmes se départagent en femmes trompées et en femmes trompeuses. (Schopenhauer)
Puériles, futiles et bornées; elles demeurent toute leur vie de grands enfants, une sorte d'intermédiaire entre l'enfant et l'homme. (Schopenhauer)
Plus je vois les hommes, moins je les aime, si je pouvais en dire autant des femmes, tout serait pour le mieux. (Schopenhauer)
Schopenhauer La dame européenne est une sorte d'être qui ne devrait pas exister. Il ne devrait y avoir au monde que des femmes d'intérieur, appliquées au ménage, et des jeunes filles aspirant à le devenir, et que l'on formerait non à l'arrogance, mais au travail et à la soumission. (Schopenhauer)
La preuve en est que celle qui est placée dans cet état d'indépendance absolue contraire à sa nature s'attache aussitôt à n'importe quel homme par qui elle se laisse diriger et dominer [...] Est-elle jeune, elle prend un amant; est-elle vieille, un confesseur. (Schopenhauer)
Un homme profond... ne peut penser à la femme qu'à la manière d'un Oriental : il doit voir dans la femme une propriété, un bien qu'il convient d'enfermer, un être prédestiné à la sujétion et qui s'accomplit à travers elle. (Nietzsche)
Femme pareille à une cheminée. Il est temps de lever ta robe : le feu doit être pris. (Jules Renard)
La plupart des femmes sont des folles en liberté. (Paul Léautaud) )
Femme ardente : Que ne peut-elle, cette femme ardente, épouser un cheval! (Jules Renard : Journal)
Femme facile : Se dit d'une femme qui a la moralité sexuelle d'un homme. (Dico selon Desproges et Coluche)
Femme fidèle : Il y a des femmes qui n'aiment pas à faire souffrir plusieurs hommes à la fois et qui préfèrent s'appliquer sur un seul: ce sont les femmes fidèles. (Alfred Capus)
Femme honnête : Les honnêtes femmes sont inconsolables des fautes qu'elles n'ont pas commises. (Sacha Guitry Elles et toi)
Femme jolie : Une jolie femme doit être propre et coquette dès le matin en faisant son ménage, et briller comme une pièce d'argent dans un tas d'ordures. (Jules Renard)
Femme (propos de) : Une dame, étant enceinte et dansant: «Je bats du beurreÉ».
« J'ai un mari si brutal que j'en suis borgne et grosse !» (Journal des Goncourt)Femme (rôle de la) : Si j'étais souverain, je ne permettrais la couture et les métiers à l'aiguille qu'aux femmes et aux boiteux réduits à s'occuper comme elles. (Jean-Jacques Rousseau)
Femmes (tempérament des) : Le tempérament naturel des femmes est humide; ce qui rend leur chair molle, lisse et luisante, et explique leurs menstrues. Aussi, lorsque le vin vient à tomber en une si grande humidité, il se trouve vaincu, perd de sa force, se décolore et s'évente. (Plutarque)
Femmes (Vertu des) : La vertu des femmes, au contraire des lattes de boulanger, a d'autant moins de valeur qu'on y fait plus d'entailles. (Jules Renard : Journal)
Fidélité : La fidélité est l'art de pratiquer l'adultère seulement par la pensée. (Decouly)
La fidélité, une vive démangeaison avec défense de se gratter. (Aurélien Scholl)
Fièvre typhoïde : La fièvre typhoïde est une maladie terrible: ou on en meurt, ou on reste idiot. J'en sais quelque chose, je l'ai eue. (Patrice de Mac-Mahon)
Film : « (É) un film n'est que par hasard une uvre d'art; c'est, avant tout, un papier de commerce: il doit être vendu avant d'être tourné; plus il sera endossé et plus on trouvera à le placer. (...) » (Paul Morand Mes débuts)
Foi : Une heure de certitude pour vingt-trois heures de doute. (Bernanos)
Entre la foi et l'incrédulité, un souffle. Entre la certitude et le doute, un souffle. Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis, car la vie elle-même est dans le souffle qui passe. (Omar Khayyam)
Folie : Il faut oublier les folies d'un jour pour faire place à celles du lendemain. (David Hume)
Football : C'est avec lui que se marient beaucoup de femmes sans le savoir.
Définition : Le référentiel bondissant. (Cité par Claude Allègre)
Fou : Un fou qui pense qu'il est fou est pour cette raison même un sage. Le fou qui pense qu'il est un sage est appelé vraiment un fou. (Bouddha)
Un fou ne voit pas le même arbre qu'un sage. (William Blake)
Fraise : Comme la fraise a goût de fraise, ainsi la vie a goût de bonheur. (Alain)
France laïque : Cette France laïque ! On n'y a jamais été plus dévot, même plus bigot, même plus cagot. Les «minutes de silence», les «rallumages de la flamme», les «inclinations devant les dépouiles mortuaires», les «salutations aux veuves», les autorités réunies, pour «saluer les cercueilsÉ» (Paul Léautaud : Journal littéraire -1951)
Français : Les autres parties du monde ont les singes, l'Europe a les Français. (Schopenhauer)
Fromage : Paradis des hommes politiques. (Pierre Genève)
Thébaïde des escrocs. (Pierre Genève)
Derrière un bon fromage, il y a toujours un petit salaud. (Pierre Perret)
Frontière : En géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre. (Ambrose Bierce)
Führer : Le Führer, lui-même et lui seul, est la réalité allemande présente et future, et sa loi. (Heidegger)
Gaieté : Le diaphragme est le siège principal de la gaieté, comme on le constate surtout par l'effet que produit le chatouillement des aisselles, au-dessous desquelles il avance [...] Aussi, dans les batailles et dans les spectacles de gladiateurs a-t-on vu mourir, en riant, des hommes dont le diaphragme avait été traversé par une lame. (Pline l'Ancien)
Garde-robe : Local où l'on peut suspendre ses vêtements lorsqu'il n'y a plus de poignées de porte disponibles. (Anonymus)
Gaulois : Le Gaulois buvaient de l'hydrogène dans le crâne de leurs ennemis. (Jean-Charles : Les cancres)
Génie : Dans le domaine spirituel, tout ce qui s'écarte de la norme est aussi suspect que dans le domaine sexuel. Le génie est un vice contre-nature que la société condamne et qu'elle expulse. (Jean Cocteau: Le Passé défini Ð 1957)
Géométrie : Pascal combattait ses maux de tête par la géométrie. Moi, je combattais la géométrie en faisant semblant d'avoir des maux de tête. (Tristan Bernard)
Gide (André) : La religion et la famile sont les deux pires ennemis du progrès. (André Gide : Journal 1931)
«C'est effrayant ce que tout me réussit.» (André Gide) in Maria Van Rysselberghe Cahiers de la petite dame.
«Je n'aimerai jamais d'amour qu'une seule femme (il pensait à Madeleine Gide), et je ne puis avoir de vrais désirs que pour les jeunes garçons. Mais je me résigne mal à te voir sans enfant et à n'en pas avoir moi-même.» (André Gide à Elisabeth Van Rysselberghe rapporté in Cahiers de la petite dame Ð 1922)
Glace : Quand il se regardait dans une glace, il était toujours tenté de l'essuyer. (Jules Renard)
Gloire : L'idée que la planète la Terre peut mourir, peut ne pas durer toujours, est une idée qui me met parfois du noir dans la cervelle. Je serais volé, moi qui n'ai fait de la littérature que dans l'espérance d'une gloire à perpétuité ! Une gloire de dix mille, vingt mille, cent mille années seulement, ça vaut-il le mal que je me suis donné, les privations que je me suis imposées? Dans ces conditions, n'aurait-il pas mieux valu coucher avec toutes les femmes désirables que j'aurais rencontrées, boire toutes les bouteilles que j'aurais pu boire et paresser imbécilement et délicieusement, en fumant les plus capiteux cigares ? (Edmond de Goncourt in Journal 1888)
Goncourt (Edmond) : Ma conviction est que la tour Eiffel, à la façon d'un paratonnerre qui attire sur lui la foudre, fait tomber sur Paris tous les orages qui se promenaient dans l'air et qui passaient au-dessus autrefois... et qu'un jour, on sera forcé de la démolir. C'est en quelque sorte une revanche de la nature contre cette science qui l'embête, qui la tracasse, qui veut pénétrer son impénétrabilité. (Edmond de Goncourt in Journal 18 mai 1890)
Gouvernants : C'est caractéristique, l'indifférence de ce pays devant la preuve que tous ses gouvernants sont des voleurs ou des complices des vols. Non, il n'y a plus d'indignation en France ! (Edmond de Goncourt in Journal 1 février 1893)
Gouvernement : Dans un pays bien gouverné, les sujets sont comme des poissons dans un grand filet; ils se croient libres et pourtant ils sont pris. (Montesquieu)
Si les femmes sont à la tête du gouvernement, l'État est en danger, car elles n'agissent pas selon les exigences de l'universalité, mais d'après les penchants et les opinions accidentels. (Hegel)
[On n'a jamais vu les deux sexes assumer ensemble l'autorité politique.] Aussi est-il permis d'affirmer, sans hésitation, que les femmes ne jouissent pas naturellement d'un droit égal à celui des hommes, mais qu'elles leur sont naturellement inférieures. Par suite, il est impossible [...] que les hommes soient gouvernés par les femmes. (Spinoza)
Tout l'art du gouvernement consiste à croire à une majorité énorme d'imbéciles. (Edmond et Jules de Goncourt)
Ma philosophie : laisser les imbéciles gouverner les imbéciles et que les intelligents se débrouillent entre eux, ils ont déjà l'art et la manière de se créer des problèmes imaginaires, ils n'ont pas besoin en plus d'aspirer au gouvernement mondial des idiots ! (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence 11)
Goût : Le mauvais goût mène au crime. (Baron Louis Adolphe de Mareste)
Grand-père : «Magne grand-père ! Je lui dis, comme je le pense pour de bon, pour lui comme pour tous autres : « Grand-père ! Vous allez être un personnage ridicule. C'est la vieillesse, la sénilité, l'attendrissement niais. Mon pauvre ami ! Grand-père ! Cela vous rejette dans les vieillards. Un grand-père. Ce n'est plus un homme. C'est un souffre-douleur à marmot. Je ne vois déjà pas drôle d'être père : Mais grand-père ! Et Mme Magne grand-mère ! Je ne voudrais pas être à votre place à tous les deux. Vous allez être d'un ridicule complet.» (Paul Léautaud Journal 1931)
Gravité : La gravité est le bouclier des sots. (Montesquieu)
Grossesse : Pour gérer les grossesses non désirées : récupérer les ftus, les piler dans un mortier de bois d'olivier ou de marbre, y mélanger du miel, du poivre d'Arabie, du thym, de l'encens vrai et des huiles parfumées au benjoin. Consommer, de préférence avec les doigts. (Carpocrate philosophe gnostique du début du IIe siècle)
Guerre : La guerre n'est peut-être que la revanche des bêtes que nous avons tuées. (Jules Renard)
Les cadavres boches sentent plus mauvais que ceux des Français. (Propos de femmes lorraines in Le Matin, 14 juillet 1915)
La guerre, avec ses allures dévastatrices, n'a que l'apparence de la destruction. (Général Cherfils in L'Écho de Paris, 13 novembre 1914)
Ces soldats qui ont tiré sur la foule, je les ai enviésÉ Je déteste le peupleÉ Je désire presque une guerre monstrueuse. (Paul Valéry : Lettre à André Gide, 8 mars 1891, à propos des fusillades de Fourmies)
Ah! l'intéressante chasse à l'homme que doit être la guerre, pour un monsieur qui n'est pas un coyon, et qui n'a pas la colique, ni la migraine, ni le rhume, un monsieur bien portantÉ (Edmond de Goncourt : Journal 1889)
Un soir un commandant fait sa tournée. Il s'approche d'un soldat en sentinelle, et voyant à quelque distance une forme debout, lui demande: «Qu'est-ce que c'est que ça, là-bas ? Ð Ça, c'est l'autre con.» (Crapouillot N° spécial sur la grande guerre, repris in : Journal de Léautaud 1931)
La guerre ! Ces hommes qui ne se sont jamais vus, qui n'ont aucune raison réelle de se tuer, qu'on dresse pour le combat, qu'on enrôle par force, dont on chauffe l'esprit à blanc, les transportant dans des camions comme du bétail, qu'on jette les uns contre les autres, qui s'entretuentÉ Passe encore par les balles, les bombes, et quand je dis : passe encoreÉ Mais les combats corps à corps, à la baïonnette, au poignard, les égorgements réciproques ! C'est monstrueux ! (Paul Léautaud Journal 1944)
Gueux : Mettez un écu dans la poche d'un gueux et il crachera sur son ombre. (Henry Murger : Scènes de campagne - Adeline Protat)
Gynécologue : personne qui travaille là où les autres s'amusent. (Dico selon Desproges et Coluche)
Hardware : partie de l'ordinateur qui reçoit les coups quand le software se plante. (Dico selon Desproges et Coluche)
Heureux : J'ai écrit, dans le temps : « C'est un devoir que d'être heureux. » Je le pense peut-être encore; mais ce devoir me devient plus difficile de jour en jour. (André Gide Journal - 31 juillet 1934)
L'Histoire : Une histoire à dormir debout. (Jules Renard)
L'histoire universelle : L'histoire universelle se déroule d'après un plan qui nous échappe. Christophe Colomb avait voulu aborder aux Indes, il découvrit un continent. Napoléon avait voulu faire régner la France sur l'Europe, il amena les Cosaques à Paris. (Jean Gitton : Un siècle, une vie)
Hitler (Adolf) : Le Führer, lui-même et lui seul, est la réalité allemande présente et future, et sa loi. (Heidegger)
«Voyons Bubi, Hitler ne peut pas être un mauvais homme, il aime Wagner et il aime les chiens.» (Zermac : Un homme sans importance)
Hitler, Mussolini, tous les deux d'extraction fort ordinaire : tout ce qui vient d'en-bas est fourbe. (Paul Léautaud : Journal Littéraire Ð 1940)
Homéopathie : D'un point de vue scientifique strict, l'homéopathie est sans valeur aucune; elle ne peut en aucun cas guérir une maladie par voie biochimique, celle empruntée par tout médicament normal. Et pourtant, ce médicament fait des miracles. Le degré de satisfaction de ses utilisateurs est très élevé. (Jacques Théodor)
Homme : Les hommes sont des maquereaux la moitié de leur vie, l'autre moitié des chapons. (Schopenhauer)
Une méprise de Dieu, quelque chose qui doit être dépassé. (Nietzsche)
Un homme et une femme, c'est quand même différent ! (Marguerite Duras)
Les hommes sont sortis de terre comme les épinards. (Empédocle)
L'homme se suffit à lui-même. (Diogène-le-Cynique)
LÕhomme est plus intéressant que les hommes; cÕest lui et non pas eux que Dieu a fait à son image. Chacun est plus précieux que tous. (André Gide : Journal - 1896)
Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu. (Saint Augustin)
L'homme : Un chauffage d'appoint qui ronfle. (Rita Rudner)
Homme de lettres : Eh mon Dieu ! Tout homme de lettres est à vendre. C'est simplement une question de prix et de la manière de lui offrir la pièce. S'il ne veut pas d'argent, on l'achète avec du bruit, un morceau de gloire et de ruban. Il ne faut pas non plus lui demander des choses trop énormes comme de scier la tête d'un homme avec un barreau de chaise ; quelques-uns refuseraientÉ (Journal des Goncourt - 1857)
Grands Hommes : Décidément, quand on y réfléchit, qu'on a acquis quelque expérience, on est forcé de constater que les «grands hommes» ont été presque toujours des imbéciles. Rien de moins intelligent que les «gloires nationales». (Léautaud)
Homme politique : Pensée dédiée aux hommes politiques. Je pense que la manière d'être le plus utile à sa patrie, c'est de passer toute sa vie sans toucher un sou sur le budget de l'État. (Journal des Goncourt - 1882)
Hoquet : Le journal annonce que le pape souffre d'un hoquet. On dira des messes pour que ce hoquet guérisse. Le pape n'est-il pas le représentant de Dieu sur la terre ? Comment Dieu permet-il des choses pareilles ? Dieu aurait-il le hoquet ? On n'imagine pas un yogi ayant le hoquet. Puisque la peur arrête le hoquet, Dieu devrait envoyer le diable au pape pour le guérir. (Jean Cocteau : Le Passé défini Janvier 1954)
Horreurs de la guerre : Une des horreurs de la guerre sur laquelle on n'attire pas l'attention c'est que les femmes y soient épargnées. (Montherlant)
Huître : Mollusque gluant en forme de crachat que les hommes civilisés sont assez intrépides pour manger sans lui ôter les entrailles. (Ambrose Bierce)
Humanitaire : Comme les vieilles putes enrichies, les milliardaires magouilleurs et les politiciens véreux retirés des affaires, se reconvertissent dans l'humanitaire. (Marino Zermac)
Humanité : Camarades ! L'humanité ne sera heureuse que lorsque le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste. (René Viénet Ð Sorbonne Mai 68)
L'humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier des tyrans aura été pendu avec les tripes du dernier pr&eacirc;tre. (Abbé Meslier)
Humoriste : L'humoriste, c'est un homme de mauvaise humeur. (Jules Renard)
Humour : Pudeur, jeu d'esprit. C'est la propreté morale et quotidienne de l'esprit. (Jules Renard)
Idéalisme : Rien de plus rassurant que l'idéalisme. Rien, aussi, de plus distingué. Comment tomber dans la matière, s'il n'y a plus de matière ? Par cela seul qu'elle est une idée, une idée échappe à la vulgarité ! Faites plustôt l'expérience. L'dée de Dieu ? Ça va très bien. L'idée de la patrie ? À merveille. L'idée de foutre ? Impossible. (Emmanuel Berl)
Imitation : Qui n'imite point n'invente point. (Alain)
Immigrant : Individu mal informé qui pense qu'un pays est meilleur qu'un autre. (Ambrose Bierce)
Immobilité : L'immobilité est le plus beau mouvement du soldat. (Caran d'Ache)
Impatience : Se dépêcher d'attendre. (Philocrite)
Impôt : Pourquoi y a-t-il des Français hommes et femmes qui ont été au point de vue du physique plus favorisés par la nature que d'autres ? De jolis cheveux, un visage bien fait, des traits fins, délicats, bien faits de corps, une démarche élégante ? C'est une injure aux citoyens qui n'ont rien de cela. Il vous faudrait l'imposer. Un solide taux à ces particuliers, dont l'aspect physique tranche sur la masse. Tout le monde logé dans une cabane en bois avec le mobilier national, sans plus. Pour ce qui est des avantages de la nature, contre lesquels le législateur de peut rien, l'impôt. (Léautaud Ð Journal littéraire - 1946)
Indien : La ruse et l'astuce, voilà le caractère fondamental de l'Indien; la tromperie, le vol, le meurtre sont dans ses murs. (Hegel)
Indifférence : Sentiment généralement éprouvé par les femmes envers les hommes qui les draguent, et qui est interprété par les hommes comme un challenge. (Philibert Cru)
Individu : L'individu, où qu'il se dresse, ne vaut rien. Le destin de notre peuple dans son État vaut tout. (Heidegger)
En tant qu'individu, la femme est un êtré chétif et défectueux. (Saint Thomas d'Aquin)
Inflation : C'est devoir vivre en payant les prix de l'an prochain avec les revenus de l'an passé. (Philocrite)
Inspiration : O Poète ! Si tu veux peindre la moisissure de ton antre et que l'inspiration si nécessaire à cet effet te vienne à manquer, achète-toi un camembert et, le reniflant de temps en temps, tu réussiras. (Paul Klee : Journal Ð 1906)
Instinct reproductif : L'instinct reproductif pousse le poète à projeter ses graines hors de ses frontières. (Jean Cocteau : La Difficulté d'être)
Insulte : Qui s'affecte d'une insulte s'infecte. (Jean Cocteau : Journal d'un inconnu)
Intellectuel : Se dit d'un individu capable de penser pendant plus de deux heures à autre chose qu'au sexe. (Dico selon Desproges et Coluche)
Un type qui est rassuré quand il n'est pas compris. (Coluche)
Un intellectuel est un type rassuré quand personne ne le comprend. (Pierre Perret)
Un intellectuel est un type qui ne trouverait pas de sable au milieu du Sahara. (Coluche)
Intelligence : Je suis si intelligent, que mon cerveau est mon deuxième organe favori. (Woody Allen)
Il n'y a pas d'intelligence sans méfiance, même à son propre égard, même à l'égard de ses sentiments, de ses idées. (Paul Léautaud in Journal 3 janvier 1940)
Internationale : L'Internationale sera le genre humain, mais pas tout de suite, mais bien plus tard, mais à la fin de l'histoire, pour n'affoler personne: car elle est bien élevée, l'Internationale. (Jankélévitch)
Intuitionnisme : Philosophie qui affirme le primat du sentiment sur l'idée, du féminin sur le viril, du trouble sur le clair. Le meilleur représentant de l'intuitionnisme est Bergson, qui proclame la supériorité du vagissement sur la parole, du tâtonnement sur la maîtrise, de l'esprit qui se cherche sur l'esprit qui se possède. D'où la gloire passée de ce philosophe. (D'après Julien Benda)
Invisible : L'invisible est le vrai spectacle dont le visible n'est que la parade. (Jean Cocteau Le Passé défini VI)
Invraisemblable : En effet l'invraisemblable arrive; donc ce qui est invraisemblable est vraisemblable. (Aristote)
Irréfléchi : Insensible à la valeur de votre conseil. (Ambrose Bierce)
Jalousie : C'est un Normand que Flaubert. Il m'a avoué qu'il disait à Sainte-Beuve qu'il ne baisait pas, pour ménager sa jalousie ! (Goncourt in Journal)
Japon : Lorsque les premiers Hollandais ont débarqué au Japon, les Japonais qui ont toujours leurs femmes avec eux, même dans leurs bateaux, s'étonnèrent de ces hommes vivant sans femmes et se figurèrent que les moutons, qu'ils voyaient à bord, leur en servaient, si bien qu'aujourd'hui encore, les Japonaises injurient leurs compatriotes couchant avec un étranger en les appelant «femmes-moutons.» (Goncourt in Journal 1895)
Jeune : On met très longtemps à devenir jeune. (Pablo Picasso)
Jésus : Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé. (Cioran)
Jeune fille : Ne peut être cueillie ou mangée qu'à son point. Demande, comme l'omelette, à être dévorée en sortant de la poêle. (D'après Grimod de la Reynière)
Rose nous apporte des lettres de couvent trouvées dans l'étui de serge noire du livre de messe de sa nièce.
Lettres d'amie à amie, un pathos mystique et amoureux. Ces jeunes filles, destinées à être des femmes d'ouvriers, ont été développées sous les côtés poétiques les plus hostiles au foyer laborieux; tout ce tendre, tout ce vaporeux hystérique, toute cette surexcitation de la tête par le cur et de la femme par les idées fleuries et entêtantes de la foi catholique font de la religion catholique une très mauvaise institution de la femme pauvre. Elle la prédispose à l'amour et à toutes les choses romanesques et élancées de l'amour, qu'elle n'est pas destinée à trouver dans son mari. (Goncourt : Journal - 5 août 1857)Les jeunes filles n'ont pas le droit de tout lire, mais elles peuvent passer leur après-midi, au Jardin d'acclimatation, à regarder les singes. (Jules Renard)

Steve Jobs : Restez fous. Ayez faim. Variante : Ayez toujours faim. Restez fous. Légende illustrant la dernière image du génial ouvrage : «Catalogue de toute la terre» de Stewart Brand, dont Steve Jobs fit sa devise.Jouir : Jouir sans interruption, c'est ne jouir de rien. (D'Holbach) (Steve Jobs)
Joie : Il eut une grosse joie et vécut dessus jusqu'à sa mort. (Jules Renard)
Jouir : Jouir sans interruption, c'est ne jouir de rien. (D'Holbach)
Journalisme : Tout ce qui intéressera demain moins qu'aujourd'hui. (Gide)
Journaliste : J'étais destiné à devenir journaliste, et à relever l'entrefilet au niveau de la métaphysique.(Alain)
Juge : On est juge ou accusé. Le juge est assis. L'accusé debout. Vivre debout. (Jean Cocteau : Journal d'un inconnu)
Juifs : Les juifs, avec leurs murs mercantiles, ne sont-ils pas la lèpre et la peste du corps social ? (Charles Fourier)
Il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer. (Proudhon)
«Le Juif parle des choses sales dÕune manière plus cochonne que les autres races : il a dans ses paroles, lÕexpression de son visage, la tombée de sa bouche, quelque chose de lÕentremetteur». (Edmond de Goncourt in Journal 13 février 1889)
«ÊÉ les Juifs, les Juifs seuls, sont capables dÕactes dÕune lâcheté inqualifiable et comme aucun chrétien nÕest susceptible dÕen commettre.» (Edmond de Goncourt in Journal 21 mars 1876).
C'est aujourd'hui que se termine la foire de Leipzig; et nous voici heureusement débarrassés des odeurs de graillons et de l'afflux des juifs. (Schopenhauer)
«Certains même redoutaient que les juifs, jusquÕalors dispersés, mais qui étaient restés ce quÕils avaient été de tout temps, cÕest à dire un peuple dÕélite, sûr de lui-même et dominateur, nÕen viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants quÕils formaient depuis dix-neuf siècles.» (De Gaulle : Conférence de presse du 27 novembre 1967)
Songe-t-on qu'au jour d'aujourd'hui, nous avons soixante-huit préfets et sous-préfets juifs et que cette prépotence de la race dans l'administration française n'est rien auprès de l'influence occulte des petits conseillers sémitiques, en permanence dans chaque cabinet de chacun de nos ministres ? Et dire que nous devons le bienfait de cette domination judaïque au grand Français Gambetta, que, sur le souvenir de son physique, je continue à croire un Juif ? (Edmond de Goncourt in Journal 4 octobre 1889)
«Si dans cinquante ans vous ne nous avez pas pendus, il ne vous restera plus de quoi acheter la corde pour le faire.» (Parole du juif Mirès prononcée en 1860 rapportée par le Général Turr, au dîner des Spartiates. Source : Journal des Goncourt, 28 décembre 1880)
Par mes contacts avec les Juifs de chez Bing et d'ailleurs je sens que les Juifs n'aiment pas les natures propres, droites, franches, et que leurs secrètes tendresses sont pour les êtres troubles, louches, douteux, et je sens combien ils se trouvent plus à l'aise avec un Burty qu'avec un Goncourt. (Edmond de Goncourt in Journal 1er juin 1890)
Jury : Groupe de personnes qui décide qui, entre l'accusation et la défense, dispose du meilleur avocat. (Anonymus)
Variante : Groupe de douze personnes, réunies par un tirage au sort, pour décider qui, de l'accusé ou de la victime, dispose du meilleur avocat.
Variante : Groupe de douze personnes, réunies par un tirage au sort, pour décider qui, de l'accuse ou de la victime, a le meilleur avocat.
Keynes : La république de mon esprit se situe à l'extrême gauche de mon imagination. (John Maynard Keynes)
Klee (Paul) : O Poète ! Si tu veux peindre la moisissure de ton antre et que l'inspiration si nécessaire à cet effet te vienne à manquer, achète-toi un camembert et, le reniflant de temps en temps, tu réussiras. (Paul Klee : Journal Ð 1906)
Laid, Laide : Ð Mère Ubu, tu es bien laide aujourd'hui. Est-ce parce que nous avons du monde ? (Alfred Jarry : Ubu roi.)
Laïc : Homme qui cherche Dieu sans cesse et ne le trouve jamais.
Lolo Lanfandant : «Mon caca du matin est une bombe d'avril. Je m'en servirai pour que toute ma famille crève et pour que la bonne Sainte Vierge me dise merci.» (Lolo Lanfandant : personnage inventé par Jean Cocteau, pour se moquer du phénomène Minou Drouet in Le Passé défini Ð 1956)
Langue : Organe sexuel dont certains dégénérés se servent pour parler. (Philocrite)
Langue française : Les gens qui savent le grec sont cinq ou six en Europe; ceux qui savent le français sont en bien plus petit nombre. (Paul-Louis Courier)
Laval (Pierre) : «Je n'avais aucune responsabilité dans la défaite. Je n'en avais aucune dans la guerre. Je n'en avais aucune dans l'échec de la tentative que j'avais faite à Montoire pour que la France échappât aux rigueurs de sa défaite, et j'acceptais à cette heure tardive et périlleuse de me sacrifier pour essayer d'alléger les souffrances des Français. C'est là tout mon procès. » (Pierre Laval lors de son procès)
Généralement, quand on cite la phrase que j'ai prononcée, on en omet la dernière partie : «Je souhaite la victoire de l'Allemagne, car, sans elle, le communisme s'installera partout en Europe.» É J'ai parlé pour ne pas avoir à agir. (Pierre Laval in Notes et Mémoires rédigées par Laval dans sa cellule de prison) lors de son procès)
J'ai toujours été l'ennemi de la violence et je sais, l'Histoire le révèle, que les persécutions contre l'idéal le fortifient et le grandissent. La prison, la guillotine, la fusillade ont fait des martyrs : elles n'ont jamais tué l'idée. (Pierre Laval in Notes et Mémoires rédigés par Laval dans sa cellule de prison) lors de son procès)

Léautaud : Je n'écris pas pour des lecteurs. J'écris pour moi. (Paul Léautaud in Journal)Je suis toujours contre l'ordre établi, contre les vérités pour le plus grand nombre, contre les niaiseries qui font le «bon citoyen». (Paul Léautaud in Journal 1926)
En un mot, comme je l'ai toujours été dans ma vie d'homme seul, ce qui se passe dans ma tête me suffit. (Paul Léautaud in Journal 1956)
Lettre : Moi dÕabord, je nÕaime pas les lâchetés. Quand jÕécris une lettre anonyme, je la signe toujours. (Calinot)
Sont-ils bêtes ces gens qui donnent une lettre à un commissionnaire ! ils se figurent quÕil la porte; il ne la porte jamais. Moi, quand je veux être sûr, j'accompagne toujours le commissionnaire. (Calinot)
Libération : La libération, honte de la France, a été la Saint-Barthélémy des valeurs. Il fallait les perdre, les tuer coûte que coûte. Déshonorer ce qui dépasse. Sauver les riches. Fusiller les pauvres. On acquitte les constructeurs du mur de l'Atlantique. On condamne à quinze ans de bagne une pauvre femme qui lavait la vaisselle des Allemands pour voler des conserves et les envoyer à sa famille. Et dire que des jeunes hommes ont loyalement marché dans cette mascarade. (Jean Cocteau : Le Passé défini Ð 1951)
Liberté : Qu'est-ce qu'être libre ?
Liberté. Il est remarquable que le même mot s'emploie pour les soldats et pour les forçats. (Paul Léautaud in Passe-temps)
Liberté : La vraie liberté n'est qu'à l'usage de l'élite, et l'élite n'est qu'une partie infime de la société. (Paul Léautaud in Journal 1932)
Être libre, c'est vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent. (Épictète)
Liberté, Égalité, Fraternité : Rien n'égale la mystification de ces mots : Liberté, égalité, fratenité. Il n'y a pas d'homme libre au sens complet du mot, et il est nécessaire qu'il en soit ainsi. Il n'est pas, dès leur naissance, d'hommes égaux. Quant à la fraternitéÉ Là, quel rire vous prend ! (Paul Léautaud)
Être libre, c'est agir pour transformer ce qui est. (Marx)
Libre penseur : Eh oui, cÕest difficile dÕenvoyer au Diable les catéchismes et les manuels de comportement ! DÕaccord, cÕest difficile dÕêtre penseur libre ; dÕaccord, cÕest beaucoup plus facile dÕêtre libre penseur ; surtout si lÕon oublie que la libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance qui dispense de la fatigue de penserÉ (Joseph Sigward)
Lire : Je ne lis rien, de peur de trouver des choses bien. (Jules Renard)
Littérature : J'ai fait le calcul : la littérature peut nourrir un pinson, un moineau. (Jules Renard)
Livres : Je hais les livres, ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas. (Jean-Jacques Rousseau)
L'abus des livres tue la science. Croyant savoir ce que l'on a lu, on se croit dispensé de l'apprendre. Trop de lecture ne sert qu'à faire de présomptueux ignorants. (Jean-Jacques Rousseau)
La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus la veille. (Chamfort : Maximes)
Logologie : La théologie parlait de Dieu, l'ontologie de l'être. De ...logie en ...logie, on est parvenu à la logologie, qui est discours sur le discours. (Pierre Thullier)
Loi : « Toutes les lois sont oppressives. Il n'y a pas de loi qui ne soit pas oppressive. N'y eû-t-il que deux individus atteints par une loi, elle est oppressive. » (Paul Léautaud)
Lune : Tout cela est bien, mais quand irons-nous dans la lune ? (Jules Renard)
Lunettes : Pourquoi je ne retrouve jamais mes lunettes ? Parce qu'il me les faudrait pour les retrouver. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
Machine à écrire : J'ai toujours été incapable de faire quoi que ce fût avec une machine à écrire. (Popper)
Maître : Qui comprend le nouveau en réchauffant l'ancien peut devenir un maître. (Confucius)
Maîtresse : Quand jétais jeune, lorsque je quittais une maîtresse, je lui laissais tout. Il est vrai que je n'avais rien ! (Marino Zermac : Une vie sans importance)
Malade : Un homme malade doit cesser de se montrer, à la fois pour éviter de réjouir les gens et de leur répugner. (Léautaud Journal)
Maladie : Selon toute vraisemblance, la source des maladies ne doit pas se trouver ailleurs que dans les vents ou les pets selon qu'ils sont en excès ou en défaut, ou bien qu'ils séjournent dans le corps trop nombreux ou souillés de miasmes morbifiques. (Hippocrate)
Maladie vénérienne : Pour éviter les maladies vénériennes : dissoudre une dose de chlorure de chaux dans un verre d'eau et s'y baigner le pénis. (Schopenhauer)
Mal de tête : Contraceptif le plus utilisé par les femmes. (Dico selon Desproges et Coluche)
Mallarmé Stéphane : Mallarmé, c'est le prof d'anglais qui a des idées érotiques et s'arrange pour les écrire obscurément de manière à ce que sa femme ne les comprenne pas. (Jean Cocteau: Le Passé défini Ð 1957)
Malraux : L'essentiel est de d'imposer comme bons nos plus mauvais livres. (André Malraux à Emmanuel Berl in Jean Cocteau Le Passé Défini III)
Manger : Quand on est riche on mange quand on veut. Quant on est pauvre, quand on peut. (Diogène-le-Cynique)
Manger le cul : Oh ! Manger le derrière d'une jeune femme, qui serait comme un fruit frais tiédi par le soleil ! (Edmond de Goncourt : Journal -1888)
Mariage : Union qui permet à deux personnes de supporter des choses qu'elles n'auraient pas à supporter si elles étaient restées seules. (Sacha Guitry)
Une méprise de Dieu, quelque chose qui doit être dépassé. (Nietzsche)
Forme de jeu de hasard, où la femme ne sait jamais à l'avance quel sera le montant de sa pension alimentaire.
Ecole où certains hommes doués apprennent rapidement, mais où d'autres moins intelligents continuent de discuter. (FD)
Le mariage est une cérémonie où un anneau est passé au doigt de l'épouse et un autre au nez de l'époux. (Herbert Spencer)
Expérience chimique dans laquelle deux corps inoffensifs peuvent, en se combinant, produire un poison. (Edouard Pailleron)
Communauté composée d'un maître, d'une maîtresse et de deux esclaves, ce qui fait en tout deux personnes. (Ambrose Bierce)
Traduction en prose du poème de l'amour. (Alfred Bougeard)
Pour persuader sa future épouse de se marier, le philosophe Cratès se leva, se dépouilla de ses vêtements devant elle et lui dit : «Voilà ton prétendant et tout son avoir, décide-toi en conséquence.» (Diogène Laërce)
Quand son fils parvint à l'âge adulte, Cratès l'accompagna au bordel: «C'est ainsi, lui dit-il, que ton père s'est marié.» (Diogène Laërce)
Union qui permet à deux personnes de supporter des choses qu'elles n'auraient pas eu besoin de supporter si elles étaient restées seules. (Dico selon Desproges et Coluche)
Thierry Le Luron et Coluche Mariage : Par le mariage, la femme devient libre; par lui, l'homme perd sa liberté. (Kant)
Le mariage est une cérémonie où un anneau est passé au doigt de l'épouse et un autre au nez de l'époux. (Herbert Spencer)
Le mariage est une expérience chimique dans laquelle deux corps inoffensifs peuvent, en se combinant, produire un poison. (Edouard Pailleron)
Le mariage est une communauté composée d'un maître, d'une maîtresse et de deux esclaves, ce qui fait en tout deux personnes. (Ambrose Bierce)
Le mariage est la traduction en prose du poème de l'amour. (Alfred Bougeard)
Le mariage est toujours un accident. Un accient de sentiment, un accident de paternité, un accident d'argent. (Paul Léautaud : Journal)
Le mariage est une si belle chose qu'il faut y penser toute sa vie. (Talleyrand)
Le mariage est une religion : il promet le salut, mais il faut la grâce. (Jacques Chardonne)
Le mariage c'est une greffe, cela prend bien ou mal. (Victor Hugo)
Le mariage c'est une femme de plus et un homme de moins. (Francis de Croisset)
Le mariage est une pièce à deux personnages dont chacun n'étudie qu'un rôle : celui de l'autre. (Octave Feuillet)
Le mariage est comme le restaurant : à peine est-on servi qu'on regarde ce qu'il y a dans l'assiette du voisin. (Sacha Guitry)
Le mariage simplifie la vie et complique la journée. (Jean Rostand)
J'ignore ce que sont les heures de félicité que l'amant goûte avec la bien-aimée avant le mariage; mais les heures d'enivrement qu'elle connaît dans un magasin de couture lui passent sous le nez. (Kierkegaard)
Un bon mariage serait celui où l'on oublierait le jour qu'on est amant, la nuit qu'on est époux. (Jean Rostand)
Le mariage est une gaffe ; vous vexez toutes celles qui vous aiment en silence. (San Antonio)
Le mariage est un dîner qui commence par le dessert. (Jules Sandeau)
Masculin, féminin :
Le rire est masculin, alors que les pleurs sont féminins.
Elle doit être patiente, il lui faut être tolérant.
Elle est délicate, il est émotif.
L'économie masculine est le gain,
L'économie féminine est l'épargne.
La femme veut dominer, l'homme être dominé.
La femme refuse, l'homme réclame.
(Kant)Masse : La sagesse de la masse, c'est l'ignorance, ce qu'on peut nommer le grand soleil de son ignoranceÉ (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence)
Masturbation : La masturbation procure une jouissance comparable à l'amour. (Démocrite)
Ah! Si seulement on pouvait apaiser sa faim en se frottant ainsi le ventre ! (Diogène-le-Cynique)
Ne dites pas de mal de la masturbation: après tout, c'est une façon de faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime ! (Woody Allen)
Mauriac : L'eau bénite qui fait pschitt. (Jean-Paul Sartre parlant de l'uvre de François Mauriac)
Médecins : Je ne sais, pour moi, de quelle maladie nous guérissent les médecins, mais je sais qu'ils nous en donnent de bien funestes: la lâcheté, la pusillanimité, la crédulité, la terreur de la mort. S'ils guérissent le corps, ils tuent le courage. Que nous importe qu'ils fassent marcher les cadavres? Ce sont des hommes qu'il nous faut, et l'on n'en voit point sortir de leurs mains. (Jean-Jacques Rousseau)
Médire : Faire le portrait d'un homme comme il est, quand il n'est pas là. (Ambrose Bierce)
Médisance : Si tous les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas plus de quatre amis dans le monde. (Pascal)
Rien ne lie deux personnes comme de dire du mal d'une troisième; c'est peut-être le plus grand lien de la société. (Journal des Goncourt)
Mélancolique : Qui naît mélancolique tète la tristesse en tout événement. (Freud)
Melons : Les melons sont divisés par côtes, et semblent destinés à être mangés en famille. (Bernardin de Saint-Pierre)
Mendiants : Il faut supprimer les mendiants. Car on s'irrite de leur donner et l'on s'irrite de ne pas leur donner. (Nietzsche)
Mépris : Ð J'ai toujours méprisé les hommes. C'est un malheur, mais c'est comme ça. Je les méprisais déjà quand j'étais enfant. Mon père m'a élevé ainsi. (Clemenceau, rapporté par Barrès dans ses Carnets 1919)
Merde : Pourquoi Dieu, qui est tout puissant, a-t-il donné à la merde une mauvaise odeur ? (Edmond de Goncourt : Journal 1892)
Métaphysique : Je ne sais pas d'où je viens, je ne sais pas où je vais. je ne sais pas pourquoi je suis ni à quoi bon. Une seule certitude je vais bientôt mourir. Mais ce que j'ignore le plus est cette mort même. (Dostoëevski)
Ministre : Fonctionnaire doté d'un très grand pouvoir et d'une toute petite responsabilité. (Ambrose Bierce)
Misère : Situation é:conomique qui a lÕavantage de supprimer la crainte des voleurs. (Anonymus)
Modèle : Jamais un peintre qui se respecte ne doit toucher à un pinceau s'il n'a pas son modèle sous les yeux. (Narcisse Diaz à Auguste Renoir (Edmond Renoir in Souvenirs sur mon frère)
Moi : Le moi est haïssable (Pascal)
Le moi est haïssable, mais il s'agit de celui des autres. (Valéry)
Monde : Le monde n'est qu'une branloire pérenne. (Montaigne)
Le vaste monde : un grain de poussière dans l'espace.
Toute la science des hommes : des mots.
Les peuples, les bêtes et les fleurs des sept climats : des ombres.
Le fruit de ta méditation perpétuelle : rien. (Omar Khayyam)Préjugé, vanité, calculÊ: voilà ce qui gouverne le monde. Celui qui ne connaît pour règles de sa conduite, que raison, vérité, sentiment, nÕa presque rien de commun avec la société. CÕest en lui-même quÕil doit chercher et trouver presque tout son bonheur. (Chamfort : Maximes et Pensées)
Le monde est ignoble. Ce qui est noble l'insulte. (Jean Cocteau)
Monogame : Polygame contrarié. (Jules Renard)
Polygame réprimé. (Pierre Genève)
Moquerie : Il est un temps pour se moquer des autres et un temps pour que les autres se moquent de vous. (Jacques Rivière)
Morale : Ma foy, c'est un peu un hasard si on me blâme ou me loue en ville, aussi je m'en mocque. (Montaigne)
Moraliste : Je n'aime pas les moralistes et tiens qu'un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure. (Henri Jeanson in Le Canard enchaîné -1947)
Danse avec la mort Mort : Console des maux de la vie. (Schopenhauer)
N'arrive qu'aux autres puisqu'après tout, tant que je serai là, elle n'y sera pas. (D'après Épicure)
La mort est probablement la meilleure invention de la vie (Steve Jobs)
La mort des autres nous aide à vivre. (Jules Renard)
«La mort d'un autre, c'est un malheur auquel on échappe.» (Parole de Rachilde rapportée dans le Journal de Léautaud)
La mort de mon père, c'est pour moi comme si j'avais fait un beau livre. (Jules Renard: Journal)
La mort est simplement le terme de la vie... de peines ni de biens, elle n'est point suivie. (Guillaume Amfrye)
La mort est un bon pasteur, car elle ne perd rien de son troupeau. (Alphonse Rable)
La mort est le meilleur moment de la vie. C'est la raison pour laquelle il est d'usage de la garder pour la fin. (Pierre Traissac)
Calinot, mourant du choléra.
Ð Je meurs comme le Christ, à quarante-trois ans.
Camille. Ð Tu te trompes, mon ami, Jésus est mort à trente-trois ans.
Calinot. - Eh bienÊ! il est mort dix ans trop tôt.Mort (Peine de) : «Si vous êtes contre la peine de mort, que ferez-vous des criminels ?» J'en ferai une légion. Il y aurait là d'admirables ressources pour alimenter le crime légal de la guerre. (Jean Cocteau : .)
Mourir : Mourir, c'est à la fois quitter la terre et y pénétrer. (André Birabeau)
Quel dommage qu'il faille mourir soi-mêmeÊ! (Mot admirable du premier Lebey, le fondateur de la fortune, homme habitué à pouvoir tout payer, tout acheter. Il aurait voulu que là aussi on pût payer quelqu'un pour se faire remplacer.ÊMot rapporté de Paul Valéry in Journal de Léautaud.)
Ce n'est pas que j'aie vraiment peur de mourir, mais je préfère ne pas être là quand ça arrivera ! (Woody Allen)
Mouvement tellurique : Tous les mouvements qui se font au monde sont en quelque façon circulaires, c'est-à-dire que, quand un corps quitte sa place, il entre toujours dans celle d'un autre, et celui-ci en celle d'un autre, et ainsi de suite. (Descartes)
Musique : La musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour qui éprouve de la peine ; mais pour le sourd, elle n'est ni bonne ni mauvaise. (Spinoza)
La musique, quelle qu'elle soit, n'est qu'un bruit. (Paul Léautaud : Journal)
« Si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique. » (Platon La République)
Mysticisme : Art qui consiste à mêler un parfum de cloître à de trop concrètes sueurs. (Cioran)
Mystique : Qui sait parler d'homme à homme avec Dieu, si j'ose dire. Le plus souvent une femme. (Cioran)
Naissance : Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort; sans cela, que saurait-on de la vie ? (Lucien Brorrèche)
L'homme, dans son impatience à naître et à se nourrir lui-même, a coupé le cordon ombilical au plus loin de lui et s'y est pris les pieds. (Maurice Clavel)
Nanoseconde : Temps qui s'écoule entre le moment où le feu passe au vert et le coup de klaxon de l'automobiliste de derrière. (Pierre Desproges)
Napoléon Ier : La paix est un mot vide de sens. C'est une paix glorieuse qu'il nous faut. (Napoléon à Joseph Bonaparte le 22 frimaire, an XIX Ð 13 décembre 1805)
«Je ferai à tes Français tout le mal que je pourrai.» (Napoléon à Bourrienne in Mémoires de Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (1769-1834) Secrétaire de Bonaparte)
« Un homme comme moi se fout de la vie d'un million d'hommes. » (Napoléon à Metternich)
« Un homme qui a une idée est mon ennemi. (Napoléon à Bourrienne)
Narcissique : Le narcissique souffre de ne pas s'aimer : il n'aime que sa représentation. (Clément Rosset)
Nature : L'homme absent, la nature est stérile. (William Blake)
Nature humaine : Les fléaux physiques et les calamités de la nature humaine ont rendu la société nécessaire. La société a ajouté aux malheurs de la nature. Les inconvénients de la société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la société. Voilà lÕhistoire de la nature humaine. (Chamfort : Maximes et Pensées)
Navire : «D'abord tiré par les remorqueurs, le plus grand navire du monde fendra bientôt les flots de ses propres ailes.» (Télémagazine 4/08/95)
Néant : S'oppose à Être. D'où la grande uvre de Sartre: l'Être et le Néant.
La pensée du néant est néant de la pensée.
Nègres : Les Nègres d'Afrique n'ont reçu de la nature que le goût des sornettes. [...] Le culte des fétiches, fort en honneur parmi eux, est peut-être une sorte d'idolâtrie si misérable qu'elle paraît contredire la nature humaine. Une plume d'oiseau, une corne de vache, une huître ou toute autre chose commune, sitôt qu'elle a été consacrée par quelques paroles, devient un objet de vénération invoqué dans les serments. (Kant)
J'attribue le prompt accroissement des enfants nègres, non seulement à l'influence du soleil sur eux, mais à ce qu'ils vont tout nus à l'air. (Bernardin de Saint-Pierre)
Les Noirs sont extrêmement vaniteux, mais à la façon nègre, et ils sont si bavards qu'il faut les disperser à coups de bâton. (Kant)
«Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus quÕeux : il y a des nègres à lÕÉlysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. [...] Et puis tout cela nÕa aucune espèce dÕintérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir dÕici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce nÕest pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à lÕextérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à lÕÉlysée. Et puis je vous assure que cÕest sans intérêt. (Entretien avec Jacques Foccart 8 novembre 1968 Journal de lÕÉlysée, éd. Fayard, 1999, t. II,Êp.Ê427)
Nud : Manipuler le petit nud, ça ne vous donnera rien du refoulé, puisque le refoulé est le trou. (Jacques-Marie Lacan)
Aiguillette nouée Nu : C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. (Warren Buffet)
Nymphomane : Terme utilisé par certains hommes pour désigner une femme qui a envie de faire l'amour plus souvent qu'eux. (Dico selon Desproges et Coluche)
Terme utilisé par un homme pour qualifier une femme qui veut faire ça plus souvent que lui, et s'en console avec un autre s'il est trop fatigué.
Obéissance : «S'il m'avait fallu être soldat j'aurais déserté. Quiconque a obéi est mort pour les travaux de l'esprit.» (attribué à Renan rapporté par Léautaud dans son Journal 1928)
Objecteur de conscience : Si j'avais combattu, qui donc aurait chanté ? répondait avec humour le poète Jean Aicard à ceux qui lui reprochaient de n'avoir pas pris un fusil en 1870. (René Kerdyk)
J'ai envoyé à l'abbé Pierre qui me le demandait mon opinion sur les objecteurs de conscience. C'est le problème de l'obéissance et de la désobéissance. Antigone et Jeanne désobéissent. Bien écrire c'est désobéir à la syntaxe et si nous suivions pas à pas l'exemple (la démarche) de Montaigne, nous aurions blâme du professeur. C'est, lui dis-je, la guerre éternelle entre le pluriel et le singulier. L'objecteur de conscience ose ce que les masses n'osent pas par crainte de la police. Le jour où, au lieu de faire le procès hypocrite des criminels de guerre ce qui est un pléonasme, on fera le procès de la guerre en tant que crime, le problème ne se posera plus. (Jean Cocteau : Le Passé défini IV)
Obsèques : Les obsèques du Maréchal Joffre, comme celles du même genre, cette glorification, cette apothéose, ce transport solennel d'un corps mort, cette sorte de déification de ce qui n'est plus rien, au fond c'est encore un reste des vieilles superstitions, c'est tout près des idolâtries des peuples sauvages, cela n'a absolument rien de très relevé, au contraire. Le tombeau de Napoléon, le corps de Lénine, conservé dans un cercueil de verre et exposé à la vénération du peuple, l'exposition du corps du maréchal Joffre, la conservation de l'épée de celui-ci ou du chapeau de celui-là, tout cela se tient : c'est un mysticisme extrêmement primitif qui survit. (Paul Léautaud Ð Journal 1931)
Occupation : En cas d'occupation, je m'appellerai Géo Berlin, et voilà tout ! (Mot attribué à Géo London, à la veille de l'invasion allemande)
dipe : Si le petit sauvage était abandonné à lui-même, il tordrait le cou à son père et coucherait avec sa mère. (Diderot)
uf : Se consomme frais comme les livres et les idées.
Évoque la poule. Point de départ obligé de toute dissertation philosophique sur la genèse des êtres. (Flaubert)
Oies du Taurus : Quand les oies veulent passer de la Cilicie par-dessus le mont de Taurus, qui est plein d'aigles, elles prennent en leur bec une grosse pierre pour s'empêcher de crier, afin qu'en passant pendant la nuit, elles ne soient vues ni entendues des aigles. (Plutarque)
Opinion : Une collection de baïonnettes ou de guillotines ne peut pas plus arrêter une opinion qu'une collection de louis ne peut arrêter la goutte (Stendhal dans une lettre au Baron de Mareste)
Pourquoi faire part de nos opinions ? Demain nous en aurons changé (Paul Léautaud)
Opium : L'opium est une drogue évangélique. Il transcende notre pauvre machine. (Jean Cocteau Le Passé défini IV)
Oppression : Il n'y a dans le monde ni oppresseurs ni opprimés. Il y a ceux qui tolèrent qu'on les opprime et ceux qui ne le tolèrent pas. (Mustapha Kémal)
Optimiste : Personne qui commence à faire ses mots croisés avec un stylo-bille. (FD)
Ordre établi : Je suis toujours contre l'ordre établi, contre les vérités pour le plus grand nombre, contre les niaiseries qui font le «bon citoyen». (Paul Léautaud in Journal 1926)
Orthodontiste : Magicien qui vous met dans la bouche, une partie de ce qu'il vous retire des poches. (Woody Allen)
Oubli : Condition d'existence. (Gusdorf)
Paix : La paix est un mot vide de sens. C'est une paix glorieuse qu'il nous faut. (Napoléon à Joseph Bonaparte le 22 frimaire, an XIX Ð 13 décembre 1805)
Paradoxe : Un penseur sans paradoxe est comme un amant sans passion. (Kierkegaard)
Parents : Deux personnes qui apprennent à un enfant à parler et à marcher, pour ensuite lui dire de fermer sa gueule et de s'assoir. (Pierre Doris)
Paresse : Habitude de se reposer avant la fatigue. (Jules Renard : Journal)
Paresseux : Je suis un contemplateur fervent de l'effort d'autrui ! Un paresseux, c'est tout simplement un monsieur qui ne fait pas semblant de travailler. (Tristan Bernard)
Parlement : Nom étrange formé des verbes "parler" et "mentir". (Dico selon Desproges et Coluche)
Parole : Avant de prendre la parole, je vais vous dire quelques mots... (Defferre Gaston)
Passé : N'est plus. (Saint Augustin)
Passé : Le passé est passé. (Jankélévitch)
Passion : Distraction du Cur. (Jankélévitch)
Passionné : Celui qui tombe passionnément amoureux devient inévitablement aveugle aux défauts de l'objet aimé, bien qu'en géné,ral il recouvre la vue huit jours après le mariage. (Kant)
Paternité : Est-ce que le fils de Verlaine ressemble à Rimbaud ? (Jules Renard : Journal)
Patience : Forme mineure de désespoir, déguisée en vertu. (Ambrose Bierce)
Peau : Le plus profond, c'est la peau. (Valéry)
Pédant : Un pédant est un homme qui digère mal intellectuellement. (Jules Renard)
Pédéraste : Spécialiste du sens interdit. (Léo Campion)
Mâle à gars. (Paul Laurent)
Déserteur du chemin des dames. (Pierre Genève)
Peintre : Un peintre, c'est un homme qui porte un béret. (Jules Renard)
Pénétration : Terme de magistrat, dans les procès pour viol, qui dit bien ce qu'il veut dire sans préciser ni ce qu'on pénètre ni ce dans quoi on pénètre. (Robert Beauvais)
Pénis : Une petite racine au bout d'un gros légume. Pédoncule humain. (Georges Duclair)
Pensée : Les pensées naissent tout habillées. (Oscar Wilde)
Une pensée, et l'immensité est remplie. (Blake)
Une pensée écrite est morte. Elle vivait. Elle ne vit plus. Elle était fleur. L'écriture l'a rendue artificielle, c'est-à-dire immuable. (Jules Renard)
Penser : Moins on pense, plus on parle. (Montesquieu)
Apprendre à ne plus penser, c'est une partie, et non la moindre de l'art de penser. (Alain)
Il faut penser tout ce qu'il y a de pensable dans l'impensable. (Jankélévitch)
Là où je suis, je ne pense pas; là où je pense, je ne suis pas. (Lacan)
Penser. DÕaccord, cÕest difficile dÕenvoyer au Diable les catéchismes et les manuels de comportement ; dÕaccord, cÕest difficile dÕêtre penseur libre ; dÕaccord, cÕest beaucoup plus facile dÕêtre libre penseur ; surtout si lÕon oublie que la libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance qui dispense de la fatigue de penserÉ (Joseph Sigward)
Quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on a bien raison de penser ce qu'on pense ! (Vox populi)
Pente : Il est bon de la suivre pourvu que ce soit en montant. (Gide)
Perfide : Je ne suis pas perfide, je dis le mal en face. (Paul Léautaud)
Perret (Pierre) : Nietzsche désigne ainsi les signes de la décadence: «La pauvreté, le pessimisme, le célibat, le libertinage, l'anarchisme». Paul Léautaud eût donc été, selon Nietzsche, le type même du parfait décadent. Modèle enviable à mon goût. (Perre Perret : Monsieur Léautaud)
Pessimiste : Optimiste qui a de l'expérience. (Pierre Desproges)
Pétain (Maréchal) : «Le Maréchal, ne m'en parlez pas! Il a fait fusiller ses ennemis et maintenant il fait fusiller ses amis !» (Jean Hérold-Paquis Ð lors de son procès)
Péter : Éternuer dans ses sous-vêtements. (Raymond Queneau)
Peuple : Le peuple ressemble à des bufs, à qui il faut un aiguillon, un joug et du foin. (Voltaire)
Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. [...] Ce n'est pas le manuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois. (Voltaire)
Philanthrope : Le philanthrope est le Néron des temps modernes. (George Moore : Confessions d'un jeune Anglais.)
Philosophe : Le philosophe est le marchand de sommeil des élites. (Alain)
Le prêtre défroqué, le philosophe. (Nietzsche)
Avec les philosophes, il ne faut jamais craindre de ne pas comprendre. Il faut craindre énormément de comprendre. (Valéry)
Thalès, le philosophe, étant tombé dans un puits tandis que, occupé d'astronomie, il regardait en l'air, une petite servante thrace, toute mignonne et pleine de bonne humeur, se mit, dit-on, à le railler de mettre tant d'ardeur à savoir ce qui est au ciel, alors qu'il ne s'apercevait pas de ce qu'il avait devant lui et à ses pieds ! (Platon)
Philosophe c'est un mec qui, quand il voit une jolie fille, pense à Picasso ! (Pierre Genève)
QuÕest-ce quÕun philosopheÊ? CÕest un homme qui oppose la nature à la loi, la raison à lÕusage, sa conscience à lÕopinion, et son jugement à lÕerreur. (Chamfort : Maximes et Pensées)
Les philosophes sont des êtres violents qui, faute d'avoir une armée à leur disposition, se soumettent le monde en l'enfermant dans un système. (Robert Musil)
Belle saleté, dans le fond. On se retire du monde pour mieux penser. On laisse les autres dans la merde. Et puis on ne pense plus du tout ! (Emmanuel Berl)
Le philosophe n'en sait réellement pas plus que sa cuisinière; si ce n'est en matière de cuisine, où elle s'entend réellement (en général) mieux que lui. Mais la cuisinière; (en général) ne se pose pas de questions universelles. Ce sont donc les "questions" qui font le philosophe. Quant aux réponsesÉ Par malheur, il y a dans chaque philosophe un mauvais génie qui répond, et répond à tout ! (Valéry)
Il est presque privé de sens de dire, comme on le dit souvent, que chacun fait de la philosophie sans le savoir, puisque l'homme même qui s'y livre sciemment ne sait expliquer exactement ce qu'il fait. (Valéry)
Philosopher : Disons-le hardiment, philosopher c'est expliquer, au sens vulgaire des mots, le clair par l'obscur, "clarum per obscurius". (Jules Lagneau)
Philosopher, comme je l'ai toujours entendu et pratiqué jusqu'ici, c'est vivre volontairement sur la glace et les cimes. (Nietzsche)
Philosophie : La Philosophie, en tant que pouvoir de la pensée séparée, et pensée du pouvoir séparé, n'a jamais pu par elle-même, dépasser la théologie. (Guy Debord)
Philosophie : Science des incultes. (Pierre Genève)
Le charme de cette science, c'est l'inconnu, l'abîme, l'impénétrable." (Émile Boutroux)
La philosophie est à mes yeux un explosif effroyable qui met tout en danger. (Nietzsche)
Se comportant elle-même comme une science, la philosophie en emprunte aussi parfois les méthodes, mais s'en éloigne en se cramponnant à des chimères, en prétendant offrir un tableau cohérent et sans lacunes de l'univers, prétention dont tout progrès de la connaissance nous permet de constater l'inanité. (Freud)
Il est beaucoup plus simple de construire un univers que d'expliquer comment un homme tient sur ses pieds. Demandez à Aristote, à Descartes, à Leibniz et à quelques autres. (Valéry)
Paul Valéry Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement cela même que l'on sait naturellement. (Valéry)
Ce que l'on peut reprocher à la philosophie c'est qu'elle ne sert à rien. (Valéry)
La philosophie digère sa propre négation : car elle a un estomac en caoutchouc; en d'autres termes, elle est capable de recupérer ce qui la contredit. (Jankélévitch)
Capacité à considérer nos problèmes plus calmement, nous permettant d'être malheureux plus intensément. (FD)
Obstacle à la pensée. Une image de la pensée, nommée philosophie, s'est constituée historiquement, qui empêche parfaitement les gens de penser. (Gilles Deleuze)
La philosophie dit n'importe quoi, elle n'a point de vocation éternelle, elle n'est jamais, elle n'ajamais été univoque, elle est même le comble de l'activité équivoque. (Paul Nizan)
La philosophie va-t-elle demeurer longtemps encore un ouvrage de dames, une broderie de vieille fille stérile? (Nizan)
Enculage de mouches. Ma manière de m'en tirer à cette époque, c'était, je crois bien, de concevoir l'histoire de la philosophie comme une sorte d'enculage ou, ce qui revient au même, d'immaculée conception. Je m'imaginais arriver dans le dos d'un auteur, et lui faire un enfant, qui serait le sien et qui pourtant serait monstrueux. (Gilles Deleuze)
En philosophie, il faut se défier de ce qu'on croit entendre trop aisément, aussi bien que des choses qu'on n'entend pas. (Voltaire)
La philosophie est tout entière préliminaire. À moins que ce ne soient les préliminaires qui soient déjà philosophie. (Jankélévitch)
La philosophie n'a fait aucun progrès ? Si quelqu'un se gratte où cela le démange, doit-on pouvoir observer un progrès ? (Wittgenstein)
La philosophie doit agir comme "médicament" pour l'utilisation duquel des dispensaires et des médecins son alors requis [...]. La police doit veiller à ce que le droit de donner des "conseils sur la philosophie que l'on doit étudier soit reconnu à des médecins patentés. (Kant)
C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste dans ces trois mots: «Je m'en fous.» (Montesquieu)
Philosophie ersatz de la religion : On croit faire l'éloge de la philosophie en lui donnant à remplacer la religion pour le peuple. (Nietzsche)
Défiez-vous des métaphysiques douceâtres. Une philosophie où l'on n'entend pas bruire à travers les pages les pleurs, les gémissements, les grincements de dents et le cliquetis formidable du meurtre réciproque et universel n'est pas une philosophie. (Schopenhauer)
Physique quantique : C'est un homme aveugle, dans une pièce sombre, qui cherche un chat noir, qui n'existe pas. (Pierre Desproges)
Picasso : Picasso fut un génie de l'esbroufe et de la falsification. Mais je vais plus loin encore : J'estime que cet homme profondément pervers a fait durant le XXe siècle plus de tort à l'humanité qu'Hitler et Staline réunis. Car ces deux tyrans ont détruit des millions de vies, mais les vies renaissent toujours. En revanche, Picasso a détruit pour quatre ou cinq générations le sens de l'esthétique et de l'harmonie, sans lequel une civilisation devient fatalement suicidaire. (Pierre Lance in L'Ère Nouvelle N° 198 Ð 2010)
Portrait de Staline par Picasso (1953) Picasso : Picasso est le seul homme qui se serve du génie comme intelligence. C'est pourquoi il a souvent l'air de se contredire et de procéder par grandes boutades. Il est, comme le poète, le type du prisonnier qui cherche à démolir sa prison. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
Picasso trouve mal tout ce qui n'est pas fait par lui. L'ennuyeux, c'est qu'il a raison. (Cocteau : Le Passé défini 1956)
Picasso dit : « Je me trompe tout le temps, comme Dieu. » (Cocteau : Le Passé défini 1951)
Picasso a inverti le personnage du clochard riche. (Cocteau : Le Passé défini 1951)
On dit à Picasso : « En Amérique on vous ferait un pont d'or », et il répond : « Je coucherais dessous. » (Cocteau : Le Passé défini 1951)
Plaisir : Imaginez un religieux enchaîné et contraint de s'étendre au milieu de femmes sur un lit douillet. Il est clair que le contact de ces corps féminins déclenchera en lui un plaisir, mais non pas un consentement à ce plaisir. Qui osera alors appeler péché le (simple) plaisir auquel la nature nous contraint (si) inéluctablement. (Abélard)
Il convient de proscrire cet amour amollissant et casanier qui, toujours à la recherche des voluptés et des plaisirs abjects, s'attache aux robes et aux lits des femmes. Ainsi des hommes, soudés par le sexe à la femelle comme des chiens, osent enlever le dieu Éros aux gymnases et aux réunions de philosophes pour le transporter dans de mauvais lieux, parmi les rasoirs, les fards et l'attirail de sorcellerie de femmes impudiques. (Plutarque)
Plaisir d'écrire : Après le plaisir d'écrire, c'est bien ce qu'il y a de plus agréable au monde que de bouffer le cul de la femme qui plaît. (Paul Léautaud : Journal littéraire)
Planètes : Les planètes, étant androgynes comme les plantes, copulent avec elles-mêmes et avec les autres planètes. Ainsi la Terre, par copulation avec elle-même, par fusion de ses arômes typiques, le masculin versé de pôle Nord et le féminin versé de pôle Sud, engendrera le cerisier, fruit sous-pivotal des fruits rouges.. (Charles Fourier)
Poésie : Des vers, c'est de la prose avec des gants et des bretelles américaines; c'est de la prose qui pose, qui fait plastron comme un invité en soirée. (Jules Renard)
La poésie avec sa tête sale est l'ennemie intérieure. (Pierre Driout : Le Parti de mon innocence 11)
Poète : La gloire d'un poète consiste à se faire un grand nom sans être lu. (Jean Cocteau : Le Passé défini IV)
Il voudrait donner à manger aux mots dans le creux de sa main. (Jules Renard)
Quoique poëte, on peut coucher avec sa femme. (Jules Renard)
La poésie est un exhibitionnisme qui s'exerce chez les aveugles. (Jean Cocteau)
Le poète est un anarchiste et un aristocrate. C'est ce mélange qui l'isole et le rend incompréhensible. [...] L'esprit avait une tendance à se perdre dans une majorité alors que c'est toujours et en secret par une minorité qu'il règne. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
O Poète! Si tu veux peindre la moisissure de ton antre et que l'inspiration si nécessaire à cet effet te vienne à manquer, achète-toi un camembert et, le reniflant de temps en temps, tu réussiras. (Paul Klee Journal Ð 1906)
Poëtes : Nous sommes des bagnes dont nos uvres s'évadent. Il est normal que les hommes lâchent sur elles la police et ses chiens. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
Poincaré (Raymond) : Au Mercure, ce matin, des courriers de librairie annoncent la mort de Poincaré. Je n'ai qu'un mot : «C'est un grand bien pour la France.» (Paul Léautaud : Journal Littéraire Ð 1930)
Mercredi 17 décembre 1930. Ð Dans Paris-Midi, ceci qui est effarant : Un groupe d'anciens combattants sont venus rue Marbeau, profondément émus, prendre des nouvelles du grand Français. Les imbéciles! Ils n'en ont pas assez. Ils regrettent leur boucher.
Cela rappelle le mot de Clemenceau, pas celui de la guerre, disant de gens de cette sorte: «Il me semble voir des cochons à l'entrée de l'abattoir, criant : Vive la charcutière.» Poincaré peut mourir. Je n'aurai pas un mot de pitié. Il ne sera plus bientôt qu'une charogne comme tant et tant qu'il a fait tuer. (Paul Léautaud : Journal Littéraire Ð 1930)Point G : Point sensible de la femme situé en amont, entre les deux gros orteils.
Poire : Si l'on veut connaître le goût d'une poire, il faut la transformer : en la goûtant. (Mao Tsé-Toung)
Poisson : Animal dont la croissance est excessivement rapide entre le moment où il est pris et le moment où le pêcheur en fait la description à ses amis.
Poitrine : Mesdames, si votre poitrine tombe... posez-la par terre ! (Francis Blanche)
Politesse : Forme la plus acceptable de l'hypocrisie. (Ambrose Bierce)
Politicien : Personne obtenant de l'argent des riches et les votes des pauvres pour les protéger les uns des autres.
Politique : Pensée dédiée aux hommes politiques. Je pense que la manière d'être le plus utile à sa patrie, c'est de passer toute sa vie sans toucher un sou sur le budget de l'État. (Journal des Goncourt - 1882)
La politique n'est pas l'art de résoudre les problèmes, mais de faire taire les emmerdeurs qui les posent. (Henri Queuille) Ê
Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. (Henri Queuille)
Posséder : Imaginer que plus on possède plus on est heureux, alors qu'on l'est d'autant plus que l'on possède moins. (Nijinsky : Journal)
Pot de terre : Dis-toi bien qu'un pot de terre n'est qu'un pot de terre car, venant à se casser, tu n'en seras point troublé. (Épictète)
Potier : Tout bas, l'argile disait au potier qui la pétrissait : «Considère que j'ai été comme toi... Ne me brutalise pas !» (Omar Khayyam)
Lord Acton Pouvoir : Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. (Power tends to corrupt; absolut power corrupts absolutely. (John Emerich Edward Dalberg dit Lord Acton)
Présent : Ne saurait rester présent, se transforme en passé. (Saint Augustin)
Ce qui ne se représente plus. (Jankélévitch)
Président : Cochon le plus gras du monde de la politique. (Ambrose Bierce)
Prêtre : personne que tout le monde appelle "Père", sauf ses enfants qui l'appellent "mon oncle". (Pierre Desproges)
Printemps : Seule résurrection qui soit donnée à l'homme d'espérer et de voir. (Lucien Borrèche)
Privilège : C'est le privilège des vieux messieurs de ne plus trouver rien de bon ni de bien, comparativement à ce qu'ils ont connu dans leurs beaux jours. Je m'y abandonne avec jouissance, qu'il s'agisse des arts, de la société des murs, de la politique, de l'univers entier. Et je ne m'en excuse pas. Au contraire. (Paul Léautaud Ð Journal Littéraire Ð 1937)
Je suis pour les privilègesÉ Quand ils sont gagnés. (Paul Léautaud Ð Journal Littéraire Ð 1946)
Prix : Valeur d'un objet, augmenté d'une somme raisonnable pour l'usure subie par la conscience de celui qui l'exige. (Ambrose Bierce)
Prix : Un écrivain qui reçoit un prix littéraire est déshonoré. (Paul Léautaud)
Professionnel : Un professionnel c'est quelqu'un à qui on donne de l'argent parce qu'il fait du sport, un amateur c'est celui à qui l'on en donne pour qu'il en fasse. (Antoine Blondin)
Programmeur : c'est celui qui résout pour toi, de façon incompréhensible, un problème dont tu ne savais pas que tu l'avais. (Anonymus)
Spécialiste qui resoud un problème que vous n'aviez pas, d'une façon que vous ne comprenez pas.
Personne qui résout, de manière incompréhensible, un problème que tu ignorais avoir. (Dico selon Desproges et Coluche)
Progrès : Doctrine qui consiste à compliquer ce qui est simple. (Dico selon Desproges et Coluche)
Le progrès est une suite d'insurrections (Remy de Gourmont)
Je pense souvent à l'aphorisme de Gourmont: le progrès est une suite d'insurrections. Évidemment,de temps en temps, ceux qui n'ont rien essaient de prendre une part à ceux qui ont tout. Échec ou réusite. Plus tard, d'autres qui n'ont rien, répètent pour eux l'opération. (Léautaud : Journal littéraire Ð 4 février 1945)
Progrès scientifique : Tout progrès scientifique consiste à faire évanouir l'objet comme tel. (Lacan)
Le cur humain est si stupide quÕil met tout son espoir dans le futur. NÕapprenant rien de ses erreurs passées, il espère que demain sera meilleur quÕaujourdÕhui. (Mika Waltari)
Propriété : La propriété, c'est le vol. (Jacques-Pierre Brissot de Warville)
Prose : La prose doit être un vers qui ne va pas à la ligne. (Jules Renard)
Prostitution : Les femmes en Égypte se prostituaient publiquement aux crocodiles. (Pierre Joseph Proudhon)
Proust : Proust est une abeille qui butine les fleurs héraldiques.? (Abbé Mugnier)
Psychanalyse : Une maladie qui se prend pour son remède. (Karl Krauss)
Psychologue : celui qui regarde les autres quand une jolie femme entre dans une pièce. (Dico selon Desproges et Coluche)
Psychiatre : Un type qui vous pose un tas de questions dispendieuses, que votre copine vous pose pour rien. (FD)
Homme intelligent qui aide les gens à devenir cinglés. (Anonymus)
Pudeur : Je m'attends à l'objection: les femmes sauvages n'ont point de pudeur, car elles vont nues. Je réponds que les nôtres en ont encore moins: car elles s'habillent. (Jean-Jacques Rousseau)
Putain : Capable de tout, de tout. Une femme est toujours plus ou moins une putain, quelque dehors qu'elle ait, si beaux sentiments qu'elle étale. Une putain, je le répète, et toujours guidée par un calcul. L'homme qui a confiance dans une femme, quelle qu'elle soit, est le dernier des imbéciles. (Léautaud Journal Ð 1929)
Putes : De même que les vieilles putes enrichies deviennent dames-patronesses, les politiciens véreux retirés des affaires se reconvertissent dans l'humanitaire. (Pierre Genève)
Races : Les races mélangées constituent toujours aussi des cultures mélangées, des moralités mélangées: elles sont généralement plus méchantes, plus cruelles, plus instables. (Nietzsche)
Les sauvages de l'Amérique, comme les Hindous, sont de beaucoup nos inférieurs sur ce point. Les Australiens se trouvent dans le même cas. Les Nègres ont également moins de vigueur musculaire. (Gobineau)
Racisme : Il y a, dispersés dans toute l'Europe, des esclaves nègres chez lesquels personne n'a jamais trouvé trace d'ingéniosité. Mais l'on voit continuellement des Blancs de sang inférieur, sans instruction, se distinguer parmi nous dans toutes les professions. (Hume)
«Vous avez le rêve des hommes qui ont le lendemain qui chante. Seulement, il n'y a pas de lendemain qui chante pour la race blanche. Elle a trop fait chier le monde et le monde va la faire chier.» (Louis Ferdinand Céline in Interwiew Express - 1954)
Radiguet (Raymond) : Un journaliste demandait à Radiguet «Avez-vous un vice ?» «Oui, répondit-il. Tous les matins j'enfile mon pantalon.» (Cocteau : Le Passé défini)
Raison : Distingue l'homme de l'animal. Certes le chimpanzé est capable d'emmancher deux morceaux de bambou pour saisir une banane. Mais ce succès est une victoire non de la raison, mais de l'appétit. En effet, à peine a-t-il atteint la banane qu'il la mange. Il n'y a là décidément rien de raisonnable. L'homme doit toujours raison garder car perdre la raison, c'est tout perdre. (D'après Roboald Marcas)
Propension au préjugé. (Ambrose Bierce)
Raisonner : Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. (Voltaire)
Raseur : Personne qui vous parle quand vous voudriez qu'elle vous écoute. (Ambrose Bierce)
Rationalisme : Méthode définie par Descartes qui permet de bien se servir de sa raison. La première règle est d'éviter la précipitation qui nous amène le plus souvent à tout mélanger. L'esprit rationnel prend le temps de réfléchir et sait ainsi, par exemple, distinguer un morceau de cire sur une table des autres objets qui s'y trouvent: pipe, encrier... C'est ce que Descartes appelle une évidence ou une "idée claire et distincte". (D'après Roboald Marcas)
Réalité : Substitut pour ceux qui ne supportent pas la drogue. (FD)
Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où l'on peut se faire servir un bon steak. (Woody Allen)
Réfléchir : Il n'y a rien de pire qu'un con qui réfléchit. (Bruno Ricaud)
Refus : Il est du droit du mari d'exiger de sa femme qu'elle ne se refuse pas à lui, fussent-ils assis sur une montureÉ ('Abdallâh Ibn 'Umar)
Regard : Si les regards pouvaient enfanter ou tuer, les rues seraient remplies de femmes enceintes et jonchées de cadavres. (Valéry)
Religieux enchaîné : Imaginez un religieux enchaîné et contraint de s'étendre au milieu de femmes sur un lit douillet. Il est clair que le contact de ces corps féminins déclenchera en lui un plaisir, mais non pas un consentement à ce plaisir. Qui osera alors appeler péché le (simple) plaisir auquel la nature nous contraint (si) inéluctablement. (Abélard)
Religion : Les religions sont le fléau de l'humanité. Elles ont été, pour beaucoup, les premières causes des guerres. (Paul L&éautaud : Journal littéraire - 1948)
La doctrine de Bouddha a été aussi trahie que celle du Christ. Trop de renoncement n'arrangeait pas les hommes. Il ne s'agissait plus désormais que de profiter des incultes et de les tenir par la crainte. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
Le catholicisme est inadmissible. Le protestantisme est intolérable. Et je me sens profondément chrétien. (André Gide)
Remariage : Le remariage est le triomphe de l'espérance sur l'expérience. (Samuel Johnson)
Remords : Seule vertu qui reste au coupable. (Voltaire)
Repos : Bien le plus précieux sur terre. (Hegel)
Réunion d'anciens élèves : Réunion où vous retrouvez vos anciens camarades si chauves, si gras et si cons, qu'ils ont du mal à vous reconnaître. (Frédéric Denarié).
Réveil matin : Instrument servant à réveiller les gens qui n'ont pas de jeunes enfants. (Dico selon Desproges et Coluche)
Réussite : J'ai toujours vu que pour réussir dans le monde, il fallait avoir l'air fou et être sage. (Montesquieu)
«C'est effrayant ce que tout me réussit.» (André Gide) in Maria Van Rysselberghe Cahiers de la petite dame.
Révolution : Dieu merci, tout se tasse, s'arrange et s'arrondit, et la révolution, comme l'amour conjugal, s'avachit d'elle-même. (Jankélévitch)
Un régime révolutionnaire doit se débarrasser d'un certain nombre d'individus qui le menacent, et je ne vois pas là d'autres moyens que la mort. On peut toujours sortir d'une prison. Les révolutionnaires de 1793 n'ont probablement pas assez tué. (Jean-Paul Sartre)
Il n'y a rien que je trouve idiot comme une révolution. Parce que vous dépossédez une classe, et les avantages de cette classe dépossédée passent à une autre qui, aussitôt qu'elle les possède en remplaçant la précédente joue le même rôle de domination. Ah ! Non ! je ne crois pas aux révolutions ! (Paul Léautaud : Entretien avec Robert Mallet)
Richesse : La richesse c'est la vomissure de la fortune. (Diogène-le-Cynique)
Moyen le plus sûr d'échapper à la misère. (Anonymus)
Rides : Grimaces ou sourires gravés sur un visage. (Woody Allen)
Rire : La plus perdue de toutes les journées est celle où on n'a pas ri. The most wasted of all days is the one during which you did not laugh. (Nicolas Chamfort)
Rose : De mémoire de rose oncques ne vit mourir un jardinier. (Michel Trécourt)
Ruse : La grande ruse c'est que les choses soient comme elles sont. (Hegel)
Rythme : C'est le rythme qui fait la musique, qui fait la poésie, qui fait la peinture: nous ne sommes après tout que rythmeÉ (George Moore : Mémoires de ma vie morte)
Sachs (Maurice) : "Picasso et Cocteau ont passé leur vie à piper le monde." (Jean Cocteau (rapporté par) in Le Passé défini)
Sage :
Le sage pratique le non-agir,
il s'occupe de la non-occupation,
et savoure ce qui est sans saveur. (Lao-Tseu)Un sage ne voit pas le même arbre qu'un fou. (Blake)
Sagesse : Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. (Omar Khayyam)
Sainte-Beuve : Une femme, quand je l'ai vue une fois, je l'estime; mais je porte mes spermatozoïdes autre part... (Edmond et Jules de Goncourt in Journal)
Sand : George Sand, la vache bretonne de la littérature. (Jules Renard)
Jules Renard Sang-froid : Sagesse d'hiver. (Anonymus)
Sang : Le sang que nos aïeux ont versé sur les champs de bataille, nous l'avons pieusement recueilli et en avons nourri nos enfants. (Vincent Auriol : in Émission La tête et les jambes 1958)
Santé : Chez les athlètes, un état de trop grande santé est dangereux car il ne peut ni demeurer stationnaire, ni s'améliorer. Il ne peut que se déteriorer. (Aristote)
Sarcey (Francisque) : Les paysans bretons sont si ignorants qu'ils croient en l'influence de la lune sur les marées. (Francisque Sarcey)
Sardine : Petit poisson sans tête qui vit dans l'huile. (Dico selon Desproges et Coluche)
Sauvagerie : La sauvagerie est nécessaire tous les quatre ou cinq cents ans, pour retremper le monde. Le monde mourrait de civilisation. Quand les estomacs sont pleins et que les hommes ne peuvent plus baiser, il leur tombe des bougres de six pieds, du Nord. Maintenant qu'il n'y a plus de sauvages, ce sont les ouvriers qui feront cet ouvrage-là dans une cinquantaine d'années. On appellera cela la Révolution sociale. (Edmond et Jules de Goncourt : Journal Ð 1855)
Savoir : S'oppose à ignorance. Les choses se divisent en deux classes : celles qu'on croit savoir et celles qu'on ignore. Celles qu'on croit savoir, on ne les recherche pas, puisqu'on croit les savoir; celles qu'on ignore, on ne les recherche pas non plus, puisqu'on les ignore, et même si, par hasard, on tombait dessus, on ne pourrait reconnaître que c'est ce qu'on ignorait. (D'après Platon)
Ce que je suis, je ne le sais pas encore; ce que je sais, je ne le suis plus. (Silesius)
Scepticisme : Ma foy, que sçay-je ? Ma foy, rien. Quant à savoir de ma sinistre et de ma dextre, laquelle est la meilleure, j'avoue ne pas le connaître, et m'en mocque. (Montaigne)
Science : La science, au lieu de perfectionner la poignée de mains a perfectionné le coup de pied au cul. (Jean Cocteau)
Scout : Enfant sage habillé en soldat d'opérette. (Anonymus)
Se connaître : Détour pour s'absoudre. (Paul Valéry)
Secret : Information que l'on ne communique qu'à une seule personne à la fois. (Dico selon Desproges et Coluche)
«Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique.» (Herbert Marshall McLuhan)
Semence : La semence est une goutte de cerveau et renferme en elle une vapeur humide et chaude. (Pythagore)
Sémites : Chez les Sémites, le cerveau ne se développe que jusqu'à 25 ans ; chez les Aryens, le développement dépasserait de beaucoup cet âge. Cette particularité du cerveau s'appellerait : le mur. (Journal des Goncourt, 3 octobre 1893)
Sensualité : Croît plus vite que l'amour. (Nietzsche)
Sentir : Si vous ne vous sentez pas bien... faites-vous sentir par un autre ! (Francis Blanche)
Sérieux : Le sérieux, ce symptôme évident d'une mauvaise digestion. (Nietzsche)
Service (rendre) : Si les ruffians et les sicaires m'avaient rendu service, je ferais consuls les ruffians et les sicaires (Jules César)
Seul : C'est justement à deux qu'on est seul. (Georg Simmel)
La vie est essentiellement solitaire et les gens mariés et non mariés diffèrent seulement en ce que nous nous sentons seuls quand nous sommes avec nous-mêmes et qu'ils se sentent seuls quand ils sont ensemble. (George Moore : Mémoires de ma vie morte.)
Jean Cocteau par Modigliani Sexe : L'homme est une trique. Si cette trique est molle il a honte. Si elle est dure, il y place tout son orgeuil. La femme est un trou. Autour de ce trou elle organise un système d'honneur des plus drôles. Honte d'une femme : « Je me suis donnée. »» Ce qui veut dire : on a mis une trique dans un trou.
Atteinte dans les privilèges de la féminité, la femme la plus douce peut devenir atroce. (Jean Cocteau Le Passé défini août 1954)Sexe féminin : L'obscénité du sexe féminin est celle de toute chose "béante": c'est un "appel d'être", comme d'ailleurs tous les trous; en soi la femme appelle une chair étrangère qui doive la transformer en plénitude d'être par pénétration et dilatation. Et inversement la femme sent sa condition comme un appel, précisément parce qu'elle est "trouée". (Jean-Paul Sartre)
Sexe féminin : Le sexe féminin est bouche, et bouche vorace qui avale le pénis - ce qui peut bien amener l'idée de castration : l'acte amoureux est castration de l'homme. (Jean-Paul Sartre)
Sexualité : La sexualité, c'est assez monotone. (Michel Foucault)
Silence : Le silence est la seule chose en or que les femmes détestent. (Mary Wilson Little)
: Je me demande s'il y a encore place dans ce monde pour un silence. (Jean Cocteau : Le Passé défini III)
Sincère : Muet et illettré. (Ambrose Bierce)
Snobisme : Action de s'acheter des choses qu'on n'aime pas avec de l'argent qu'on n'a pas dans le but d'impressionner des gens qu'on n'aime pas. (Dico selon Desproges et Coluche)
Sobriété : Condition qui vous rend le coup de foudre presque impossible. (FD)
Socrate : Socrate mène une vie de mollesse : il s'enferme au chaud dans une maisonnette confortable, avec une femme aux petits soins, un lit douillet et d'élégantes pantoufles... (Diogène-le-Cynique)
Solipsiste : Un fou enfermé dans un blockhaus imprenable. (Schopenhauer)
Solitude : Au fond, et je l'ai découvert il y a longtemps, on est seul et même en amour. Cela n'a rien, du reste, de très pénible. On s'y fait. On y trouve des jouissances. (Paul Léautaud : Journal)
Sophistes : Tricheurs qui n'ont jamais tort dans le détail, bien qu'ils n'aient jamais raison dans l'ensemble. (Jankélévitch)
Sorcière : 1 Ð Horrible et repoussante bonne femme, en affaires avec le diable. 2/ Belle et attirante jeune personne, dont les activités perverses concurrencent celles du diable. (Ambrose Bierce)
Soutane : Si tu ne digères pas la soutane, évite de manger le missionnaire. (Alexandre Vialatte)
Souverain bien : Il n'y a point de souverain bien si exquis que le grand plaisir de l'amour. (La Mettrie)
Sperme : Le sperme qu'émettent les Éthiopiens est noir. (Hérodote)
Spinoza : Lorsqu'il voulait se relâcher l'esprit, Spinoza cherchait des araignées qu'il faisait se battre ensemble, ou des mouches qu'il jetait dans la toile d'araignée, et regardait ensuite cette bataille avec tant de plaisir, qu'il éclatait quelquefois de rire. (Colerus)
Mme de Staël : Benjamin Constant à qui l'on demandait : «Comment pouvez-vous aller si souvent en voiture avec Mme de Staël, qui sent si mauvais ?», répondait : «Oui, mais pendant qu'elle sent ce que vous dites, je pète tout le temps !». (Mot rapporté par Joseph Primoli à un dîner chez sa tante la princesse Mathilde in Journal des Goncourt 1895)
Statisticien : se dit de quelqu'un d'habile à manier les chiffres, mais pas suffisamment pour être ingénieur. (Philocrite)
Steve Jobs : Restez fous. Ayez faim. "Stay hungry, stay foolish" (Steve Jobs)
Suffrage universel : J'ai trouvé une définition du «Suffrage Universel : le vote d'un intrigant, d'une canaille ou d'un imbécile a son effet. Le vote d'un honnête homme, ayant des idées et du jugement, et désintéressé, n'en a aucun. Je ne suis pas peu fier de n'avoir jamais été dupe dans ce domaine et de n'avoir jamais voté. (Paul Léautaud - Journal)
Synonyme : Mot que l'on écrit à la place de celui dont on n'est pas certain de l'orthographe. (Dico selon Desproges et Coluche)
Système : Les philosophes sont des êtres violents qui, faute d'avoir une armée à leur disposition, se soumettent le monde en l'enfermant dans un système. (Robert Musil)
Système digestif : Le système digestif est en tant que système glandulaire, la reproduction immédiate, végétative, mais qui est médiatisante dans le système propre des intestins. (Robert Musil)
Tabac : Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac. (Molière)
Tableaux : Représentations en deux dimensions des choses inintéressantes en trois. (Ambrose Bierce)
Talent : Le talent, c'est comme l'argent : il n'est pas nécessaire d'en avoir pour en parler. (Jules Renard)
Talibans : Les Talibans c'est plus reposant pour les femmes. (Solange Differdange)
Taureau : Les taureaux sont des êtres humains comme tout le monde ! (Stéphanie de Monaco)
Téléphone : Invention du diable qui annule quelques-uns des avantages à maintenir une personne désagréable à bonne distance de soi. (Ambrose Bierce)
Temps : Dans le temps comme dans la mort, il n'y a rien à penser. (Jankélévitch)
Temps libre : Bien terrestre suprême. (Schopenhauer)
Terre : Les planètes, étant androgynes comme les plantes, copulent avec elles-mêmes et avec les autres planètes. Ainsi la Terre, par copulation avec elle-même, par fusion des ses arômes typiques, le masculin versé de pôle Nord et le féminin versé de pôle Sud, engendrera le cerisier, fruit sous-pivotal des fruits rouges. (Charles Fourier)
La terre est une grande bouse de vache et maman se couche dessus avec le bon Dieu en robe d'anémone. (Lolo Lanfandant)
Testicule : Lorsque la semence provient du testicule droit, les fils ressemblent à leur père, et du testicule gauche, à leur mère. (Parménide)
Théologie : Étalon de nos médiocrités. (Cioran)
Je vois l'origine de la théologie dans un manque de foi. (Karl Popper)
Théologien : Toute théorie n'est bonne qu'à condition de s'en servir pour passer outre. (André Gide in Journal Feuillets)
Théorie : La plus haute carrière réservée à un mortel. (Cioran)
Cioran Théorie : Toute théorie n'est bonne qu'à condition de s'en servir pour passer outre. (André Gide Feuillets 1927)
Thésard : Je n'ai jamais compris la différence entre thésard et tubard ? C'est par manque de souffle qu'on souffre de cette maladie-là, je crois ? Elle est volontiers transmise par le bacille de la prétention. Germe anodin chez les âmes saines et mortel chez les insignifiants vendeurs de petits slips. (Pierre Driout Le parti de mon innocence)
Tigre : « Nous n'avons plus besoin d'aller aux Indes. Voilà qu'on chasse le tigre dans les rues de Paris ! » (Clemenceau, mot attribué au Tigre par Maurice Martin du Gard dans ses Mémorables, après qu'il eut survécu à l'attentat de Cotin)
Tolérance : Coquetterie d'agonisants. (Cioran)
Torchon : Être torchon. Ne pas se mélanger avec les serviettes. (Jean Cocteau : Journal d'un inconnu)
Tourisme : Industrie polluante consistant à envoyer loin de chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux, des gens qui seraient mieux chez eux. (Pierre Traissac)
Tourisme sexuel : «J'ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j'ai lu ce qu'on a pu écrire sur le commerce des garçons d'ici .[...] Je sais ce qu'il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément [...] On ne pourrait juger qu'un tel spectacle abominable d'un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable [...] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de réfréner ou d'occulter. L'argent et le sexe, je suis au cur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas.» (Frédéric Mitterrand : La Mauvaise vie)
Tout-Puissant : «Le Tout-Puissant qui, avec sa toute puissance, n'a inventé rien de plus idéal que des femme qui chientÉ» (Edmond de Goncourt in : Journal - 1887)
Transports amoureux : Nous imaginons facilement la surprise de celui qui n'aurait aucune connaissance de l'acte sexuel et qui, par une machination, découvrirait les transports amoureux d'une femme dont la distinction l'aurait frappé. Il y verrait une maladie, l'analogue de la rage des chiens. Comme si quelque chienne enragée s'était substituée à la personnalité de celle qui recevait si dignement [...]. La chienne jouit, elle jouit en criant. (Georges Bataille)
Travail : Le travail est la plaie des classes qui boivent. (Oscar Wilde)
Le travail pense, la paresse songe. (Jules Renard)
Les moralistes qui vantent le travail me font penser à ces badauds qui ont été attrapés dans une baraque de foire et qui tâchent tout de même d'y faire entrer les autres. (Jules Renard)
L'homme n'est pas fait pour travailler et la preuve, c'est que ça le fatigue ! (Tristan Bernard)
Travail d'équipe : Forme d'activité moderne où l'on a la possibilité de faire endosser les fautes aux autres. (Dico selon Desproges et Coluche)
Tremblement de terre : Les tremblements de terre peuvent être produits par le vent enfermé dans la terre, lequel entoure les petites masses de cette dernière et les maintient dans une agitation constante, ce qui détermine les secousses telluriques. (Épicure)
Trou du cul : C'est par autrui Ð par les mots que la mère emploie pour désigner le corps de l'enfant Ð que celui-ci apprend que son anus est un trou. C'est donc la nature objective du trou perçu dans le monde qui va éclairer pour lui la structure objective et le sens de la zone anale, c'est elle qui va donner un sens transcendant aux sensations érogènes qui se bornaient jusque-là à exister. (Jean-Paul Sartre)
Trouver : Trouver d'abord. Chercher ensuite. (Jean Cocteau : Journal d'un inconnu)
Tuer : On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est Dieu. (Jean Rostand)
Je suis infiniment persuadé que s'il ne restait que deux hommes au monde, le plus fort n'hésiterait pas une minute, à défaut de suif pour frotter ses bottes, à tuer son unique compagnon afin d'en prendre la graisse. (Schopenhauer)
Une fois : Une fois n'est aucune fois. (Aristote)
Union : L'union n'est pas faite. Elle se fera. (Cardinal Saliège)
Univers : Notre univers est une tonnelle de roses. Nos visiteurs sont les papillons. Nos musiciens sont les rossignols. Quand il n'y a plus ni roses, ni feuilles, les étoiles sont mes roses et ta chevelure est ma forêt. (Omar Khayyam)
Universel : Il n'y a d'universel que ce qui est assez grossier pour l'être. (Valéry)
Uranisme : Loin de nier ou de cacher son uranisme, il l'expose [Proust], et je pourrais presque dire: s'en targue. Il dit n'avoir jamais aimé les femmes que spirituellement et n'avoir jamais connu l'amour qu'avec des hommes. (Gide, Journal, 1921)
Urologue : Médecin qui regarde votre "affaire" avec mépris, vous la touche avec dégoût, et vous présente une note d'honoraires aussi élevée que s'il l'avait satisfaite. (Philocrite)
Utile : Tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines. (Théophile Gautier)
Vache : La vache a quatre mamelles, quoiqu'elle ne porte qu'un veau et bien rarement deux, parce que les deux mamelles superflues étaient destinées à être les nourrices du genre humain. (Bernardin de Saint-Pierre)
Valéry : Ces soldats qui ont tiré sur la foule, je les ai enviésÉ Je déteste le peupleÉ Je désire presque une guerre monstrueuse. (Paul Valéry : Lettre à André Gide, 8 mars 1891, à propos des fusillades de Fourmies)
Vedette : Personne qui travaille dur toute sa vie pour être connue, et qui porte ensuite de grosses lunettes noires pour ne pas être reconnue. (Dico selon Desproges et Coluche)
Vérité : On connaît des pensées imbéciles, des discours imbéciles qui sont faits tout entiers de vérités. (Gilles Deleuze)
La vérité est le point d'équilibre entre toutes les oppositions. (Jean-Michel Grandsire)
On dit la vérité ou on ne la dit pas. Si on n'est pas décidé à la dire toujours, on ne s'en mêle pas. Le mieux c'est de se taire. (Simone de Beauvoir)
La découverte de la vérité est tout à la fois difficile en un sens, et, en un autre sens, elle est facile. (Aristote)
Voici la seule vérité. Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d'échecs jouée par Dieu. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance un à un dans la boîte du néant. (Omar Khayyam)
Voici la seule vérité : il n'y a pas de vérité. (Nietzsche)
Vers : Ð Oh ! le vide, oh ! le creux des vers ! Et que les transports lyriques sont en général prudhommesques ! Que c'est bien de la pâture pour les pauvres cervelles de femmes !... Et s'il se trouve une soirée comme celle-ci où je ne me trouve rien à faire, ma main n'hésite pas un moment entre un volume de La Bruyère ou de Joubert et un volume de poésie quelconque. (Goncourt : Journal, 1892)
Veuvage : Le veuvage est une fête que l'on célèbre seul. (Louis Bourdon)
Viande crue : La viande crue rend les animaux féroces; les hommes le deviendraient par la même nourriture. C'est si vrai que la nation anglaise, qui ne mange pas la chair si cuite que nous, mais rouge et sanglante, paraît participer de cette férocité. (La Mettrie)
Vice : Un journaliste demandait à Radiguet «Avez-vous un vice ?» «Oui, répondit-il. Tous les matins j'enfile mon pantalon.» (Cocteau : Le Passé défini)
Vide : On ne saurait supposer le vide sans erreur. (Descartes)
Vie : Une mauvaise plaisanterie. (Voltaire)
Qu'est-ce que la vie ? L'usufruit d'un agrégat de molécules. (Edmond et Jules de Goncourt)
La vie est si plate que c'est quelquefois une petite diversion d'intérêt d'apprendre la maladie de quelqu'un que l'on connaît et le risque de sa mort prochaine*. (Paul Léutaud : Journal)
Vie commune : Dépenses inconsidérées, enfants odieux, entêtements, caprices, vieillesse précoce, laideur, tromperie, cocuage, lubies, attaques d'hystérie, amants, enfin le diable et son train : l'enfer. (Schopenhauer)
Vie (fin de) : Est-ce que ce ne serait pas une jolie fin de vie, à la passer à regarder, à peu près saoul, des fleurs et des bibelots colorés? (Edmond de Goncourt)
Vieillesse : Derniers bobos avant l'éternel dodo. (Marc Schweizer : Éloge de la vieillesse)
C'est quand on commence à dire: «Jamais je ne me suis senti aussi jeune.» (Jules Renard)
C'est un malheur qu'il y a trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune, et le temps où l'on est trop vieux. (Montesquieu)
«Ah !» me dit le noble vieillard en sortant de la vespasienne. «L'homme est comme un temple. Quand la colonne est brisée, il tombe, et les femmes n'y portent plus leurs dévotions.» (Jules Renard)
Vierge : L'amour d'une vierge est aussi assommant qu'un appartement neuf. Il semble qu'on essuie les plâtres. Il est vrai qu'on n'a pas à redouter les germes maladifs, pestilentiels, d'un autre locataire. (Jules Renard)
Vigne : La vigne a servi à la nourriture des hommes, et même à leur habillement !Ê (Jean Charles)
Vin : Du vin ! Mon cur malade veut ce remède ! Du vin, au parfum musqué ! Du vin, couleur de rose ! Du vin, pour éteindre l'incendie de ma tristesse! Du vin, et ton luth aux cordes de soie, ma bien-aimée ! (Omar Khayyam)
Le tempérament naturel des femmes est humide; ce qui rend leur chair molle, lisse et luisante, et explique leurs menstrues. Aussi, lorsque le vin vient à tomber en une si grande humidité, il se trouve vaincu, perd de sa force, se décolore et s'évente. (Plutarque)
Violence : Se donne toujours pour une contre-violence. (Sartre)
Vitesse : Plus on gagne en vitesse plus le but recule. (Charles-Adolphe Cantacuzène)
Vivant : Le vivant n'est qu'une variété de la mort, et une variété très rare. (Nietzsche)
Vivre : Vivre est une maladie, dont le sommeil nous soulage toutes les seize heuresÊ; cÕest un palliatifÊ: la mort est le remède. (Chamfort : Maximes et Pensées)
Vote : Je n'ai jamais voté. Je ne vote pas et je ne voterai jamais. (Paul Léautaud Journal 1927)
Voyage : On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose et on rentre chez soi pour le trouver. (George Moore Mémoires de ma vie morte)
Voyance (don de) : On sait que Dieu a donné d'avance aux femmes, en opposition à notre intelligence explicite, l'intelligence la plus profonde et implicite, le don de voyance qui se manifeste dans les pressentiments, les rêves. (Hegel)
Wahl (Jean) : Jean Wahl, aussi timide et effrayé qu'une pâle souris de Pavlov hissant son museau au-dessus de sa chaire, commentait mot à mot le Parménide, répétant imperturbablement pour la énième fois son propre livre dont il avait oublié l'existence, et, après chaque commentaire, qu'il faisait bref, disait «on peut aussi bien dire le contraire». (Althusser)
W.C. : C'est là que tombent en ruines les merveilles de la cuisine.
Whisky : Le whisky c'est le cognac du con. (Pierre Desproges)
Y a de l'Un : Y a de l'Un s'annonce de l'Éros ou de l'amour défini comme fusion qui du deux fait un. (Lacan)

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