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Ignace Semmelweis
Ignace-Philippe Semmelweis, né à Buda, fit ses humanités au gymnase de sa ville natale avant de d'entreprendre des études à l'université où il obtint une licence en droit. Il se rendit à Vienne, capitale de l'Empire pour s'inscrire à la faculté de droit.
Or, peu après son arrivée en cette ville, Semmelweis assista à l'hôpital de Vienne à une scène qui décida de sa vocation : l'autopsie d'une femme morte de fièvre puerpérale.
Frappé par cette doulourseuse observation, il s'inscrivit à la faculté de médecine et poursuivit ses études jusqu'à leur terme, obtenant dans la foulée un diplôme d'obstétrique puis de chirurgie, qu'il compléta par une maîtrise du diagnostic et de statistiques.
Il fut nommé en 1846 assistant de Johann Klein, directeur de la maternité de l'Hôpital général de Vienne. Dans son service, quatre-vingt-seize pour cent des accouchées y mouraient de fièvre puerpérale.
Ignace Semmelweis à l'hôpital Semmelweis remarqua que, dans le service voisin du professeur Bratsch, la mortalité était bien moindre; les femmes y étaient accouchées par des sages-femmes qui se maintenaient toujours assez propres (non pas tellement par hygiène, mais parce que le service exigeait une bonne tenue générale). Au contraire, dans le service de Klein, les étudiants en médecine qui opéraient les accouchements y mettaient toute la négligence et le débraillé des carabins.
Semmelweis proposa donc à Klein d'obliger tout le monde à se laver les mains au chlorure de chaux avant un accouchement. Klein refusa. Semmelweis insista: Klein le bouta incontinent dehors.
Dépité, Semmelweis va se plaindre au Dr Skoda, autre victime de Klein qui l'avait fait destituer par mesure disciplinaire: « Il fatiguait les malades par des percussions trop fréquentes » (dame ! il était en train d'inventer le diagnostic par percussion !).
Skoda le fait entrer chez Bratsch qui lui permet d'appliquer ses idées: aussitôt la mortalité par fièvre puerpérale tombe à moins de 1 % ce qui ne s'était jamais vu dans les annales de la médecine.
C'est alors que les choses commencèrent à tourner vraiment mal pour Semmelweis. Klein en effet ne se contentait pas d'être idiot, c'était aussi un méchant homme.
A peine entrevoit-il que cette tête brûlée qu'il a congédiée pourrait bien avoir raison qu'il suscite une cabale contre Semmelweis. Il groupe contre lui toutes les jalousies, toutes les vanités.
Lavage des mains préconisé par Semmelweis Les étudiants ne se font guère prier pour déclarer qu'ils sont las de « ces lavages malsains » au chlorure de chaux. Semmelweis ne peut plus se montrer à l'hôpital sans être couvert d'injures par les étudiants, les infirmiers et même les femmes en couches dont il sauvait la vie.
Le ministre rend le malheureux responsable du scandale et le révoque une seconde fois.
Son ami Ferdinand von Hebra essaie de le défendre à une réunion de la Société médicale de Vienne: il se fait huer et, qui mieux est, rosser, dans l'enceinte même de la Société...
On oblige Semmelweis à quitter Vienne comme fauteur de troubles. Il se réfugie à Budapest et s'adresse à toutes les sommités médicales étrangères, capables, croit-il de le soutenir. Mais partout dans le monde les grands patrons se tiennent par la barbichette. Simpson, d'Edimbourg, ne comprend rien à la révolution qu'on lui annonce; Tilanus, d'Amsterdam, Schmidt, de Berlin, le génial Virchow lui-même ne prennent pas la peine de répondre.
Scanzoni et Seyfert, de Prague, déclarent publiquement que les résultats rapportés par Semmelweis ne sont nullement conformes à ce qu'ils ont observé eux-mêmes. Nivich, de Rottenau, vient constater par lui-même ce qu'il en est : il ne voit rien.
Dubois, le plus grand accoucheur de son temps, n'a que dédain pour Semmelweis.
Désespéré, le pauvre homme hospitalisé dans sa ville natale, meurt fou à l'âge de 47 ans.
Pendant trente ans, derechef, la fièvre puerpérale décima les femmes en couches, et il fallut pour la vaincre attendre le grand Pasteur qui avait bec et ongles pour se défendre; ou, sans doute, les temps étaient-ils enfin accomplis pour adopter une meilleur hygiène dans les services hospitaliers.
D'après Rémy Chauvin -1968Pour en savoir plus :
Lire : Louis-Ferdinand Céline
La Vie et l'uvre de Philippe Ignace Semmelweis
Wikipedia

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